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mardi, 13 février 2018

Les Moments littéraires n° 39

Avec une grande régularité, Gilbert Moreau nous propose chaque semestre un nouveau numéro de sa revue Les Moments littéraires et un nouveau dossier. Le n° 39 est consacré à Boris Cyrulnik.

cyrulnik.jpgL'homme étant largement médiatisé, on connaît bien aujourd'hui son histoire. Arrêté à l'âge de 6 ans lors d'une rafle à Bordeaux, il parvient à s'enfuir, évitant de mourir à Auschwitz comme ses parents. Enfant caché, persécuté, privé d'école, il en réchappe grâce à une indéfectible volonté de s'en sortir.

Devenu psychiatre, il découvre les travaux d'Emmy Werner sur la notion de résilience, qui correspond à son parcours personnel. De livre en livre, il popularise dès lors ce concept de résilience, qui est un espoir pour toutes les personnes victimes d'un traumatisme.

Son autobiographie est parue en 2 volumes, « Sauve-toi, la vie t'appelle » et « Les âmes blessées ».

De l'entretien mené par Gilbert Moreau, on apprend beaucoup de choses. D'abord sur la mémoire, en perpétuelle évolution.

« La mémoire saine se remanie constamment au gré des rencontres, de la vie quotidienne. Seule la mémoire traumatique reste figée, prisonnière du passé. Ainsi nous changeons de mémoire, sans jamais mentir. »

Sur l'autobiographie, fausse par définition bien que sincère :

« Ne croyez surtout pas ce que vous allez lire, il ne s'agit que de souvenirs autobiographiques. »

« L'autobiographie la plus authentique qui soit est toujours une interprétation et une trahison du réel. »

La célébrité n'a rien changé à la vie de Cyrulnik. Il en tire une remarque amusante : « Beaucoup de journalistes me demandent si la célébrité rend fou. Je leur réponds que oui, la célébrité rend fous ceux qui ne sont pas célèbres ! »

 

J'apprécie beaucoup que chaque entretien se termine par des questions sur les « rites d'écriture ». On découvre les petites manies de l'écrivain, qui le rendent plus proche. À la question « Écrivez-vous à la main ? », Cyrulnik répond : « Mon courrier, je le fais à l'ordinateur. Cela va plus vite mais on y perd l'érotisme du geste. Pour le reste, j'écris à la main parce que nous pensons avec la main. Une fois rédigé, je tape le texte à l'ordinateur ; j'ai alors l'impression de me trouver face à un texte écrit par quelqu'un d'autre, ce qui me permet de le corriger sans complaisance. »

Même si je me retrouve dans ces propos, ils sont d'une génération ancienne à laquelle j'appartiens ; de plus jeunes auteurs nous objecteraient que l'on pense aussi avec le clavier. Mais on pense différemment.

Les Moments littéraires, BP 90986  75829 Paris Cedex 17

http://www.lesmomentslitteraires.fr/index.html

 

 

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