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samedi, 25 avril 2015

Portraits croisés, de Dominique Laronde et Jean-Jacques Nuel

 

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Portraits croisés est né de la rencontre du dessinateur Dominique Laronde et de l’auteur Jean-Jacques Nuel, tous deux collaborateurs de la revue littéraire La Grappe.

Ce recueil comprend 16 textes courts de Jean-Jacques Nuel, choisis et illustrés par Dominique Laronde. La littérature et les écrivains constituent le thème commun de cet ensemble.

Portraits croisés fait l’objet d’une exposition proposée aux bibliothèques et lieux culturels.

Les auteurs :

Dominique Laronde : sculpteur et dessinateur. Né en 1950 dans le Bourbonnais où il a vécu jusqu’à 19 ans. Il s’installe ensuite dans le sud de la région parisienne pour exercer le métier d’instituteur. Il anime dans le cadre d’une MJC un atelier de sculpture, activité qu’il pratique en autodidacte depuis 35 ans. Ses œuvres semi-figuratives mélangent bois, pierre et terre émaillée. Parallèlement, il dessine et écrit dans la revue littéraire La Grappe (fondée en 1979) où il a croisé les textes de Jean-Jacques Nuel. Il illustre aussi à l’encre les écrits d’auteurs amis pour son plus grand plaisir.

Jean-Jacques Nuel : auteur. Né le 14 juillet 1951 à l’Hôtel-Dieu de Lyon, il vit encore dans cette ville. Après avoir publié des recueils de poèmes, se consacre à l’écriture de textes courts, d’aphorismes, de nouvelles et de récits. Recueils publiés chez Passage d’encres et au Pont du Change. A participé à de nombreuses revues littéraires et à des magazines, dont L’Infini (Gallimard), Fluide Glacial, Moebius (Québec), Europe… Un roman paru : Le Nom (A contrario, 2005).

Un livret de 40 pages format 20 x 28 cm, sur papier blanc 120 grammes, avec 16 illustrations noir et blanc, sous couverture bleue à rabats 300 grammes. Reliure fil à la chinoise. 15 € + 3 € de port.

Ce recueil artisanal, sans numéro ISBN, n'est pas vendu en librairies.

Commande par le site de vente en ligne des éditions Le pont du Change,

ou contre envoi d'un chèque de 18 euros aux éditions Le Pont du Change, 161 rue Paul Bert, 69003 Lyon.

 

jeudi, 23 avril 2015

Café Bräunerhof

Le café Bräunerhof à Vienne (Stallburggasse 2), dont l'écrivain Thomas Bernhard était un des habitués. Sa photo figure encore sur la vitrine de l'établissement.

 

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lundi, 20 avril 2015

Les moments littéraires n° 33

les moments littéraires,lydia flemS’ouvrant sur un portrait composé par Claude Burgelin, le numéro 33 des Moments Littéraires consacre son dossier à Lydia Flem, écrivain et photographe, auteur d’essais sur Freud et Casanova ainsi que d’une trilogie familiale (Comment j’ai vidé la maison de mes parents, Lettres d’amour en héritage, Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils).

Encore étudiante, Lydia Flem a été l’assistante de Ménie Grégoire pour son émission La Responsabilité sexuelle. Une expérience enrichissante, à l’issue de laquelle elle se dit « qu’il fallait trouver d’autres réponses que la radio, que cela ne pouvait être un show. » Elle devient psychanalyste, en réaction à cette « absence, durant sa toute petite enfance, de mots pour exprimer les traumatismes de sa famille ». Une tragique histoire familiale : grand-père exilé de Russie et assassiné, mère déportée à Auschwitz, père prisonnier des nazis. Dans son entretien avec Gilbert Moreau, elle précise : « Du côté de mon père, il n’y avait quasiment rien à transmettre et ce rien me pèse toujours comme l’absence de tombe pour mes grands parents. D’ailleurs, si mes parents ont tant accumulé au cours de leur vie, c’était sans doute pour former un rempart contre le vide qui les avait précédés ».

Suivent quelques textes, dont une Lettre à Paul Celan, que sa mère a connu dans sa jeunesse. Lydia Flem évoque cette rencontre. « Avant la guerre, à Tours, tu avais deux amis, l’un s’appelait Marcel, l’autre Paul. Tu aimais le premier, le second était amoureux de toi. Quarante ans après la guerre, tu appris incidemment ce qu’il advint de ce dernier. Tu en fus bouleversée. Je t’en voulais d’avoir préféré le pharmacien au poète. Je lui adressai une lettre imaginaire. »

Ce numéro contient aussi des extraits du Cahier du peintre Serge Poliakov. Quittant la Russie, il s’installe à Paris en 1923. Ses notes et aphorismes témoignent de l’intensité de sa recherche artistique.

« Contrôlez votre imagination, ne lui laissez pas libre cours, sinon elle vous mènera au chaos. »

« Un tableau doit être monumental, c’est-à-dire plus grand que ses dimensions. »

« C’est une erreur d’attendre l’inspiration. Elle ne vient qu’au cours du travail incessant. »

 

Les Moments Littéraires, BP 30175, 92186 Antony Cedex. 12 €.

http://pagesperso-orange.fr/lml.info/

 

mardi, 24 mars 2015

Le Sans Pareil, de Stéphane Prat

le sans pareil,stephane prat,éditons du petit pavéEn Bretagne aussi, le soleil peut taper dur. Le roman, entre autres policier, que signe Stéphane Prat, se passe à Saint-Malo et environs sous la canicule. Antoine Sterne, un adolescent orphelin disparaît de la Côte d’Émeraude. Il ignore encore à quel point il est trempé dans le nettoyage policier du bar-hôtel Le Sans Pareil, établissement de Saint-Malo intra-muros.

Il change d’identité, dans l’illusion de s’échapper et de renaître : Sterne devient Blanqui. Sont à ses trousses l’inspecteur Baudrillard et le demi-sel Jean-Patrick Voyer, aussi barjots, aussi dangereux et peu recommandables l’un que l’autre. Ici, les truands et les policiers ne sont pas très différents, comme si le soleil de plomb faisait fondre les frontières et les limites, et même le commissaire Corbière, qui traîne après lui Maître Eckhart, un setter anglais puant, est loin d’être irréprochable.

Un roman d’initiation remarquable pour son ambiance, pour sa description des tourments de l’adolescence, ce temps ambigu des troubles de l’identité, de la découverte de l’amour, du sexe et de la cruelle comédie humaine.

 

Le Sans Pareil, de Stéphane Prat, éditions du Petit Pavé, 20 €

 

vendredi, 06 mars 2015

Feuilles d'hiver

Deux belles revues ont récemment accueilli mes textes.

Dans OUSTE n° 23 (conspiration 2015), figure une prose courte, "Double tour".

La revue canadienne MOEBIUS publie dans son numéro 144 six de mes textes courts sur le thème Animaux.

 

  ouste,moebius,jean-jacques nuelouste,moebius,jean-jacques nuel

mardi, 03 mars 2015

La Queue, de Roland Thevenet

la queue,roland thevenet,éditions du bugL’idée de départ de ce roman, qui se présente comme le biopic du personnage imaginaire Félix Sy, est très originale : « l’idée lui vint de faire porter des queues aux gens dans le monde réel : l’histoire de la mode ne regorgeait-elle pas de ce genre de fantaisies, des braguettes médiévales aux perruques du Grand Siècle, sans parler des fraises et des faux-culs ? »

Dessinateur de talent, styliste, Félix Sy a amassé une fortune considérable et édifié un empire en faisant porter une queue à ses contemporains, aux petites lolitas de banlieue comme aux personnalités les plus en vue (Bill Clinton, Monica Lewinsky, Giscard d’Estaing, Mick Jagger, Didier Deschamps...), aux hommes et aux femmes des classes moyennes comme aux stars des élites mondialisées. Ce qui n’était qu’une plaisanterie de potache est devenu en quelques années un marché et un symbole planétaires. La queue portée au début par esprit de contestation a fini par être un signe d’appartenance et de conformisme.

Au soir de sa vie, Félix revient à ses origines, au bord de Loire où un prêtre le recueillit sur les routes de la débâcle alors qu’il était un nouveau-né orphelin, au Paris et au New York où il se lia d’amitié avec Corso et Kerouac, à la France des années 60/70 et à l’aventure journalistique vécue aux côtés de Pierre et d’Hélène Lazareff.

De juin 1940 à janvier 2015, le roman retrace la crise culturelle qu'a traversée le pays, et au-delà, le monde occidental  : déchristianisation, essor et déclin de la contre-culture américaine, triomphe de la société du spectacle, triomphe du matérialisme et de la consommation, au détriment des valeurs intellectuelles et surtout spirituelles.  Le récit est très documenté, en particulier sur la contre-culture américaine et la figure de Jack Kerouac dont il est dressé un portrait, entre mysticisme et amour filial, plus nuancé que celui du beatnick officiel. Le couple Lazareff, Pierre dirigeant France-Soir et l’émission télévisée Cinq colonnes à la une, Hélène créant le magazine Elle, est fort bien décrit dans sa toute puissance.

Le style et le vocabulaire employés appartiennent parfois plus au registre du chroniqueur qu’à celui du romancier (rappelons que Roland Thevenet tient l’excellent blog d’humeur et d’idées SOLKO) mais La Queue est un vrai roman, une fable forte, une satire caustique qui dénonce les travers de notre époque.

La Queue, de Roland Thevenet, éditions du Bug. 19, 30 €.

 

dimanche, 01 mars 2015

Nouveautés "Trait court"

Christiane Tricoit, éditrice de Passage d’encres, nous propose une très bonne cuvée 2015 de sa collection Trait court.

Exils de mon exil, par Sanda Voïca.

voica.jpg« J’écris après plusieurs heures de contemplation de l’inframince de l’inframince du désir ». Au fil des pages, en vers ou en prose, Sanda Voïca tente de décrire son « art poétique ». Une écriture tendue, exigeante, en quête de vérité, qui veut traquer la poésie. Le poème est une lame de lumière, une hache aigüe. « Etre là où mon cœur bat – même arrivée en retard. » Elle cherche à se situer en un point qu’elle définit en « exil de l’exil » : « dedans et dehors sumultanément, et avec une intensité qui me fait muer et me mouvoir ». Sanda Voïca est née en 1962 en Roumanie. Arrivée en France en 1999, elle écrit directement en français et collabore à de nombreuses revues littéraires. Elle est responsable éditrice de la revue numérique Paysages écrits.

 

Frontière/partage, petite anthologie de l’épopée albanaise, par Alexandre Zotos.

passage d'encres,trait court,sandra voica,alexandre zotosAlexandre Zotos, agrégé et diplômé en langue et littérature grecques et albanaises, a enseigné à l’université de Saint-Étienne. Il propose sur une quarantaine de pages une brève anthologie qui est pour le lecteur français une véritable révélation. L’Albanie, souligne l’auteur, est surtout connue comme un exemple de désastre écolo-économique largement préparé par 40 ans de stalinisme sous Enver Hodja. Mais c’est aussi un miracle culturel, par une tradition orale qui a survécu à tous les envahisseurs. La langue est restée à travers les siècles, ainsi que ses légendes. Zotos nous donne des aperçus de la richesse de ce patrimoine poétique, longtemps transmis oralement. D’abord, le cycle épique de l’Albanie du Nord, monument que Kadaré n’hésite pas à comparer à La Chanson de Roland ou aux Nibelungen. Puis, dans la ligne de cette littérature héroïque, des contes, des chroniques familiales, des lamentations. Le récit des prouesses des héros ou de faits prodigieux s’accompagne de merveilleux et d’une grande émotion qui nous rend ces textes plus proches et poignants que la littérature épique habituelle, comme dans la légende du preux Gjergj Elez Ali soigné par sa sœur, dans celle du pont où est emmurée vive une femme, ou dans celle de Doruntine et de Constantin, qui se relève d’entre les morts pour aller chercher sa sœur.

Signalons deux autres publications dans cette même collection :

- Alpe du Grand-Serre, par Christophe Lamiot Enos, une poésie d’une grande musicalité.

- En attendant Hypnos, de Piero Salzarulo, professeur de psychologie générale et spécialiste du sommeil : une brève étude sur l’attente du sommeil, riche de citations et de références littéraires.

Chaque recueil, 5 €. Le site de Passage d’encres.

inks-passagedencres.fr