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samedi, 07 juillet 2018

Extraits de Journal d'un mégalo

Cover - Mégalo.jpgJe ne remercie pas mes parents pour l'amour qu'ils m'ont donné. Une enfance malheureuse aurait été un plus dans ma biographie.

*

Si par extraordinaire on trouvait quelqu'un qui me parvienne à la cheville, je l'écraserais sous mes talons.

*

Je ne suis pas raciste, car je n'aime personne.

*

Je ne suis pas misogyne, car je suis misanthrope.

*

Dans votre intérêt je ne reste pas plus longtemps chez vous : vous pourriez être condamné pour recel de génie.

*

Si les autres écrivains n'existaient pas, il faudrait tirer mes livres à des milliards d'exemplaires pour remplir tous les rayonnages des bibliothèques.

*

Je me ferai enterrer avec mes bijoux et mes biens les plus précieux, pour être sûr d'avoir encore de la visite.

*

J'ai trouvé le secret de l'immortalité, que j'emporterai dans la tombe.

*

Pourquoi devrais-je remercier mon public ? Est-ce qu'un porcher remercie son troupeau de cochons ?

*

Les intellectuels me prennent pour un comique, tandis que je prends les intellectuels pour des rigolos.

*

 

Publié en Belgique, chez Cactus Inébranlable, le recueil est disponible en France auprès de la librairie en ligne Wallonie-Bruxelles.

Il peut être aussi commandé directement auprès de l'éditeur :

cactus.inebranlable@gmail.com

ou de moi-même au prix de 11 € (9 € + 2 € de port). M'écrire à jj.nuel @laposte.net

 

 

jeudi, 28 juin 2018

Journal d'un mégalo (parution)

Vient de paraître :

Journal d'un mégalo, chez Cactus Inébranlable éditions.

Cover - Mégalo.jpg

 

Un ensemble de 300 brèves humoristiques, dont certaines ont paru dans le magazine FLUIDE GLACIAL. La couverture est illustrée d'une linogravure de Jean-Claude Salemi, "Le selfie de l'homme".

"On a dit de moi que j'étais la huitième merveille du monde, mais je pense plutôt être la première."

Quitte à être mégalo, autant ne pas l'être à moitié. L'auteur de ce Journal se révèle le champion du monde toutes catégories de la mégalomanie, de la naissance à la mort : "Je veux être enterré avec les miens, pour relever un peu le niveau du caveau."

Il est bien évidemment le meilleur au lit et le meilleur en littérature.

Le mégalo peut perdre ses chaussettes, ses lunettes, ses appareils auditifs, mais il ne risque pas de perdre son ego.

 

Extraits choisis :

"Dieu est l'auteur de mes jours, mais pouvait-Il prévoir que ce serait un best-seller ?"

"Je tutoie les dieux mais la réciproque n'est pas vraie."

"Mon lit ne peut accueillir toute la misère sexuelle du monde."

"Longtemps j'ai vécu d'amour et d'eau fraîche, avant de découvrir le sexe et la bière."

"Si j'avais eu un frère jumeau, je l'aurais gardé précieusement pour les pièces de rechange."

 

Publié en Belgique, l'ouvrage est disponible en France

auprès de la librairie en ligne Wallonie-Bruxelles

Il peut également être commandé directement auprès de l'éditeur :

cactus.inebranlable@gmail.com

ou de moi-même au prix de 11 euros (9 € + 2 € de port). M'écrire à jj.nuel@laposte.net

 

dimanche, 20 mai 2018

Les Moments littéraires n° 40

La revue de littérature portée par Gilbert Moreau fête ses 20 ans et son quarantième numéro. Depuis l'origine, elle publie récits autobiographiques, carnets de notes, journaux intimes, correspondances. Plus de 180 auteurs ont été publiés et 33 dossiers consacrés à des écrivains dont l'œuvre fait une part importante à l'écrit intime.

Pour l'occasion, Les Moments littéraires ont choisi de mettre le journal intime à l'honneur. En mars 2017, la revue a proposé à des écrivains de publier les pages de leur journal qu'ils tiendraient entre le 23 et le 29 octobre 2017. La même semaine pour tous. Vingt-cinq auteurs ont accepté de jouer le jeu des « feuilles d'automne ».

Cette contrainte de date risque toutefois de modifier le journal, non dans sa sincérité, mais dans sa spontanéité. « Je me demande ce que peut être un journal dont on sait à l'avance qu'il sera publié. », se demande Marcelin Pleynet.

Dominique Noguez va plus loin : « Tout en acceptant son offre, j'avais fait à Gilbert Moreau, directeur de cette revue, l'objection que le fait, pour un journalier, de savoir à l'avance que telle partie de son journal non encore écrite sera publiée risque d'en perturber la spontanéité, de même qu'on ne fait pas la même tête si l'on parle dans la pénombre ou sous la clarté d'un projecteur. »

Mais à lire tous ces extraits de journaux, la plupart tenus par des diaristes ou romanciers connus (Juliet, Bergougnioux, Ernaux... ), ou par des auteurs plus secrets (Hervé Ferrage, qui est une vraie découverte), on s'aperçoit que la contrainte n'a pas trop altéré l'exercice. Chaque auteur a ses préoccupations, ses manies, son style d'écriture, se livre avec ses qualités et ses défauts dans ce numéro témoin de la richesse et de la grande variété du journal intime.

Michel Braud livre une étude introductive, « Lire les journaux intimes », dans laquelle il montre la spécificité et l'intérêt de ce genre littéraire.

panorama 40 N&B.jpg

Au sommaire du numéro 40 :

Pierre Bergounioux, René de Ceccatty, Anne Coudreuse, Colette Fellous, Claire Dumay, Roland Jaccard, Lambert Schlechter, Charles Juliet, Belinda Cannone, Annie Ernaux, Lydia Flem, Marcelin Pleynet, Béatrice Commengé, Michel Braud, Emmanuelle Pagano, Hervé Ferrage, Jocelyne François, Dominique Noguez, Patrick Combes, Denis Grozdanovitch, Christian Garcin, Camille Laurens, Anne Serre, Régine Detambel, Fabienne Jacob, Jeanne Hyvrard.

Les Moments littéraires, BP 90986, 75829 Paris Cedex 17

www.lesmomentslitteraires.fr

 

samedi, 19 mai 2018

Mots Slow n° 5

Le 5e numéro de la revue MOTS SLOW est d'abord un bel objet au format original, dont la conception graphique a été confiée à l'artiste Anne-Sophie Tritschler. Une affiche 70 cm x 100 cm pliée (34 x 24 cm), en sérigraphie 5 couleurs et offset.

mots1.jpg

La revue est bilingue, les articles étant rédigés en français ou en anglais (non traduits).

Mots Slow vise à réunir les contributions d'artistes et de chercheurs et universitaires en sciences humaines. Chaque numéro, dont l'identité graphique est unique, est consacré à une thématique spécifique, que chaque participant traite à partir de son imaginaire disciplinaire propre. Le thème de cette dernière livraison, Fast(e), entre en contradiction avec le nom même de la revue, Mots Slow.

C'est donc sur le temps que joue ce numéro, tout en tissant un lien avec le Livre des fastes d'Ovide, un calendrier poétique composé pour commémorer les fêtes romaines, et indiquer les jours fastes (marqués par une pierre blanche) et néfastes (marqués par une pierre noire).

On apprend ainsi qu'à l'origine, le calendrier de Romulus (- 400 avant JC) comprenait 9 mois, calqué sur la gestation humaine pour accoucher du temps. Ou que le pape Grégoire XIII, ayant remarqué que l'erreur de onze minutes qui se trouvait dans l'année julienne avait produit dix jours de plus, fit retrancher ces dix jours de l'année 1582 : au lieu du 5 octobre de cette année, on compta de suite le 15. Le temps est relatif dans sa valeur, son découpage et sa durée.

Une vingtaine de collaborateurs participent à ce numéro alliant culture et créativité, parmi lesquels Leïla ANVAR, qui livre un texte sur Nowrouz, le nouvel an du peuple iranien.

 

Mots Slow, Hand Art Publisher, Jérome Karsenti, 68 rue de Bâle, 68220 Hegenheim, 40 €.

jeudi, 17 mai 2018

Exposition Portraits croisés Laronde / Nuel

dominique laronde,jean-jacques nuel,salon du livre de nantua,portaits croisésL'exposition « Portraits croisés », proposée par les éditions Le Pont du Change, qui s'était tenue à l'espace André Malraux pendant le salon du livre de Nantua (Ain) les samedi 18 mars et dimanche 19 mars 2017, avant d'être transférée à la médiathèque de Nantua durant 4 semaines, va être à nouveau présentée au public en Saône-et-Loire.

Le week-end des 2 et 3 juin 2018, la commune de Salornay-sur-Guye (71) met à la disposition des éditions Le Pont du Change le Moulin de la Clochette, un superbe lieu ouvert aux artistes. Les 14 livres parus seront présentés, l'expo mise en place et un moment de lecture-rencontre est prévu le samedi après-midi à 18 heures.

L'expo "Portraits croisés" devrait ensuite intégrer les locaux de la bibliothèque de Salornay-sur-Guye pendant trois semaines, avant d'être transférée à la bibliothèque intercommunale de Joncy (71) du 26 juin au 28 juillet. Une rencontre avec le public se tiendra le samedi matin 30 juin à Joncy entre 10 heures et midi.

dominique laronde,jean-jacques nuel,salon du livre de nantua,portaits croisés

(Le moulin de la Clochette)

L'ensemble comprend 15 dessins en noir et blanc, dont 5 rehaussés de couleurs, de Dominique Laronde, illustrant 15 textes de Jean-Jacques Nuel.

Le thème général est celui de la littérature et des écrivains.

Les dessins sont de format A4 et présentés dans des encadrements sous-verres avec bord aluminium 30 x 40 cm. Les textes sont imprimés sur papier fort A4 et collés sur des cartons-mousses de taille légèrement supérieure.

 

Un livre artisanal a été réalisé par les éditions Le Pont du Change, regroupant textes et dessins.

LarondeNuel-holmes2.jpg  LarondeNuel-apostrophes2.jpg

   LarondeNuel-richelieu2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(dessins de Dominique Laronde)

 

lundi, 26 mars 2018

K dans OUSTE

Mon texte "K" (peut-on l'appeler un "poème" ?) vient de paraître dans la revue OUSTE n° 26. C'est l'une des dernières fois que je publie sous le pseudonyme de Brice Noval. Je l'avais choisi pour soumettre des textes d'une écriture assez nouvelle aux revues, sans que leurs animateurs soient influencés par mes productions antérieures.

K doit paraître dans un recueil intitulé "Ceci n'est pas de la poésie", que l'éditeur a programmé en 2020 ! J'aurai bu combien de bières d'ici là ?

 

 

K

 

le héros du roman de Kafka

Le Procès

s'appelle Joseph K.

 

le héros du roman de Kafka

Le Château

s'appelle K.

 

le nom même de l'auteur

n'est pas ordinaire

il s'écrit avec 2 K

l'un majuscule l'autre minuscule

 

sans vouloir minimiser

le génie créatif de Kafka

on relèvera qu'il n'est pas allé

bien loin pour trouver les noms

de ses personnages principaux

 

le héros de l'œuvre de Kellogg's

qui a de la littérature

une conception plus alimentaire

s'appelle K

Spécial K

suivi d'un R cerclé

indiquant que la marque est enregistrée

et désormais protégée

 

sage précaution

que n'a pas prise Kafka

son oubli permettant à son concurrent

Kellogg's de s'approprier le K

en toute légalité

 

contrairement à l'auteur pragois

génial mais tourmenté

qui n'a pas su exploiter ses œuvres

de son vivant

n'achevant pas même ses 2 romans précités

et demandant à son ami Max Brod

de les détruire après sa mort

 

Kellogg's a toujours eu

le sens des affaires

et du marketing

en témoignent la meilleure distribution

de ses produits

son logo rouge attractif

et ses chiffres de vente

très supérieurs

 

*

 

Le nom de Brice Noval est désormais celui d'un détective privé atypique, vieux, à moitié obèse, plutôt réac et assez rigolo, dont une première enquête a été publiée par les éditions Germes de barbarie :

La malédiction de l'Hôtel-Dieu.

 

mercredi, 07 mars 2018

La malédiction de l'Hôtel-Dieu (3e extrait)

Après avoir reproduit un premier extrait de ce polar lyonnais, puis un deuxième, je livre ici le troisième et dernier extrait de La Malédiction de l'Hôtel-Dieu.

 

Chapitre 26

(Le détective privé Brice Noval, qui a vainement traqué dans la matinée un suspect du nom de Maurice Scève. a rendez-vous avec Jean Soulary, chef de cabinet du préfet. )

 

Nuel_maledictionhoteldieu.jpgComme j’arrivais devant le bureau de Soulary, sa secrétaire Natacha en sortit, une pile de parapheurs sur les bras.

- Je sais que vous avez rendez-vous avec monsieur Soulary, me dit-elle en assistante bien organisée. Il va vous recevoir dans quelques instants. Il est en ligne avec la directrice de cabinet.

Devinant l’inconfort dans lequel le plongeaient les appels de sa hiérarchie, je décidai de le laisser tranquillement achever sa communication téléphonique et me mis à faire les cent pas dans le couloir. Je regardais négligemment les quelques reproductions d’œuvres d’art accrochées aux murs lorsque j’aperçus, près du comptoir des huissiers… Scève ! Comme il avait troqué son habit Renaissance ou sa tenue décontractée pour un costume strict de ville, et que la préfecture était le dernier lieu où j’aurais imaginé le croiser, je mis quelques secondes à me persuader que c’était lui, avant de m’élancer à sa poursuite.

Le bougre ne m’avait pas attendu et, détalant à toute allure, s’était engouffré dans une porte ouverte située à côté de la machine à café. Cette ouverture donnait sur un escalier de service en colimaçon descendant au sous-sol. Lorsque je parvins en bas, dans un large couloir mal éclairé, aucune trace de Scève. Était-il parti sur la gauche, ou sur la droite où, quelques mètres plus loin, un nouveau couloir partait à angle droit sur la gauche ? Je choisis cette dernière direction et la suivis quelques minutes sans apercevoir mon homme ; à force de tourner au hasard dans ce réseau inextricable et sombre, de revenir sur mes pas, de repartir dans l’autre sens, je me retrouvai complètement perdu.

Sous la surface du sol évoluait tout un peuple des profondeurs, agents d’entretien, femmes de ménage et hommes d’équipe chargés de l’intendance et de l’entretien de la préfecture, dans un dédale de corridors et de caves sans fenêtre ni lucarne, un labyrinthe où régnaient une odeur de renfermé et une pénombre dignes des cachots ou des culs-de-basse-fosse. Ces lieux secrets n’étant pas ouverts au public, aucune signalétique n’avait été mise en place. J’avais l’impression d’être tombé dans une cité souterraine et insoupçonnée, une taupinière à échelle humaine.

Passant devant un local de menuiserie, j’avisai un agent dont la combinaison verte portait sur le dos la mention « Service Intérieur » ; il était occupé à raboter des planches. Je lui demandai la sortie. Après avoir maugréé « C’est compliqué à expliquer », il eut l’amabilité de me guider jusqu’à l’escalier qui montait au bureau des huissiers.

J’étais heureux de retrouver la lumière du jour entrant par les hautes fenêtres du rez-de-chaussée. Combien de temps étais-je resté au royaume des ombres ? J’en avais perdu la notion de l’heure.

Natacha venait vers moi. Elle semblait contrariée.

- Vous n’avez pas vu monsieur Soulary ? Il vous cherchait. Un huissier lui a dit que vous étiez descendu au sous-sol et il est parti vous rejoindre.

Soucieuse, elle était dévouée à son chef comme elle l’avait été avec les précédents titulaires du poste. Les chefs passent, les secrétaires restent, assurant la continuité du service.

- Non, je n’ai vu personne, lui répondis-je.

Je n’allais pas dire à la ronde que je poursuivais dans les bas-fonds de l’Hôtel du département l’un des principaux suspects de l’affaire de l’Hôtel-Dieu et que j’avais été lamentablement semé.

À ce moment, deux hommes du service intérieur en combinaison verte apparurent par la porte de l’escalier de service. Ils remontaient Soulary : l’un le tenait par les jambes, l’autre sous les bras. Ils posèrent le corps sur un tapis.

Le chef de cabinet était immobile et sans connaissance. Il avait une vilaine plaie sanglante sur le côté gauche du crâne.

Natacha était bouleversée. Deux huissiers nous avaient rejoints. L’un d’entre eux s’agenouilla et mit sa tête sur la poitrine de Soulary.

- Il respire encore, annonça-t-il.

Le premier homme d’équipe fit son rapport.

- On l’a trouvé vers la réserve du menuisier, dans le coin le plus sombre du couloir. Il a été assommé avec une planche. Un de mes collègues a vu s’enfuir l’agresseur. On a prévenu le poste de police.

- C’est notre ancien chef, dit le second à mon intention. Monsieur Soulary était chef du SML.

- Service des Moyens et de la Logistique, précisa-t-il pour le non-initié que j’étais.

(Je décryptai mentalement cet intitulé bizarre : Soulary devait alors s’occuper du personnel, du budget de la préfecture, des locaux, des mobiliers et des matériels. Il avait donc autorité sur le service intérieur.)

Je notai que le chef de cabinet portait un costume gris très semblable au mien. Il était de ma taille, à peine moins corpulent que moi, pareillement dégarni au sommet du crâne… pas de doute, dans le coin le plus sombre du couloir, et le voyant de dos, l’agresseur qui ne pouvait être autre que Maurice Scève l’avait estourbi en le prenant pour moi !

Soulary avait ouvert les yeux et regardait autour de lui d’un air perdu. Il se mit sur son séant, se massa la tête et tenta de se remettre sur pied. Son corps retomba sur le tapis.

- Ne bougez pas, monsieur Soulary, dit Natacha d’un ton maternel. On vient d’appeler un médecin.

Elle avait sorti un mouchoir de sa poche et tentait d’éponger le sang qui coulait sur le front de son chef.

- Ça va aller, parvint-il à dire. Et j’ai rendez-vous avec monsieur, ajouta-il en me désignant.

- Vous feriez mieux de vous reposer, lui conseillai-je. Je peux revenir à un autre moment.

Mais il ne voulut rien entendre et, se tenant aux murs, il regagna son bureau, m’entraînant dans son sillage.

 

*

Pour se procurer le livre.