mardi, 02 septembre 2014

Lectures & rencontres 2014

Avant la fin de l’année, je lirai des extraits de mes recueils publiés ou des textes inédits à plusieurs occasions :

- le 13 septembre à 20 h 30, à l’invitation de Hervé Bougel et de l’association Effervescence, à Civrieux d’Azergues (Rhône) ;

- le 8 octobre à 19 heures, dans le cadre des lectures parisiennes de la revue Verso, à la librairie La lucarne des écrivains, 115 rue de l’Ourcq, 75019 Paris ;

- le 13 novembre à 19 heures, en compagnie de Roland Tixier, à la galerie Jean-Louis Mandon, 3 rue Vaubecour, 69002 Lyon.

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jeudi, 14 août 2014

Les moments littéraires n° 32

les moments littéraires,cécile reimsDeux fois par an, la revue Les moments littéraires dirigée par Gilbert Moreau nous propose un dossier sur l’écriture intime. Le dernier numéro est consacré à Cécile Reims, artiste (graveur) et auteur au parcours atypique, née en 1927 à Paris de parents d’origine lituanienne. À la mort de sa mère, quelques semaines après sa naissance, son père décide de la confier aux grands parents maternels qui vivent en Lituanie. Une enfance merveilleuse et magique avant le retour à six ans à Paris auprès de son père. Juive, elle voit sa famille anéantie pendant la dictature nazie. Après la Libération, elle part en Israël pendant 18 mois, avant de revenir en France pour raisons de santé. En 1951 elle rencontre Fred Deux, dessinateur et écrivain (Les moments littéraires lui ont consacré le numéro 22), qu’elle épouse en 1956. Elle se met à la gravure avec Joseph Hecht, puis commence le tissage, entre autres pour des raisons alimentaires ; elle y rencontre un grand succès, travaillant notamment pour Dior. Puis elle abandonne cet artisanat pour revenir à la gravure, dans l’anonymat, en gravant les dessins de Hans Bellmer (travail bien rémunéré mais « clandestin », toujours signé par Bellmer, notamment pour des raisons de cote de l’artiste). Enfin, travaillant avec Fred Deux, ou seule, elle peut enfin affirmer son originalité au burin et à la pointe sèche, entre une gravure personnelle et la gravure d’interprétation.

L’écriture est venue tardivement, elle choisit l’autobiographie plutôt que la fiction car, dit-elle, « je n’ai aucun imaginaire et mon esprit n’est pas poétique ». Après L'Épure, édité en 1962, elle publie Bagages perdus (1986), Plus tard (2002), Peut-être (2010) et cette année, Tout ça n'a pas d'importance.

Le dossier s’ouvre par un portrait signé Pierre Wat, se poursuit par un long et passionnant entretien avec Gilbert Moreau. Suit un texte de Cécile Reims, « La ligne d’horizon », où l’on retrouve les thèmes du procès et de l’identité.

Signalons par ailleurs dans cette livraison des extraits du journal d’André Bay, « Vieillir, mourir », que l’auteur a tenu en 1996, l’année de ses 80 ans. Il évoque les atteintes de l’âge et l’approche de la mort, sans rien dissimuler de ses misères, mais en gardant lucidité et combattivité. « Il ne faudrait pas que penser à la mort m’empêche de vivre. »

 

Les moments littéraires n° 32. BP 30175, 92186 ANTONY Cedex. 12 €.

http://pagesperso-orange.fr/lml.info/

 

dimanche, 10 août 2014

Eliott Bay Book Company

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À Seattle, non loin d’un quartier composé de charmantes maisons en bois colorées, se tient une grande librairie, Eliott Bay Book Company, au 1521 de la 10e avenue.

 

seattle,eliott bay book company

C’est une sorte de vaste hangar en bois avec des rayonnages très espacés, des tables et des chaises pour s’asseoir et lire les livres, et dans un coin un espace bar et petite restauration. L’endroit est accueillant, chaleureux et sympathique, et bien des librairies françaises froides et impersonnelles pourraient s’inspirer de la formule. Quand je vais aux U.S.A., j’en profite généralement pour acheter quelques livres de poésie de Charles Bukowski, dont l’œuvre poétique surabondante est loin d’avoir été traduite entièrement en français. Régulièrement sortent de nouveaux titres d’inédits. Mes dernières acquisitions :

Sifting through the madness for the word, the line, the way ;

You get so alone at times that it just makes sense.

Ainsi qu’un poster de Bagley, Alcoholic Authors, qui prouve que génie et alcool peuvent faire bon ménage !

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seattle,eliott bay book company 

 

 

 

 

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samedi, 09 août 2014

Little library in Seattle

seattle,little libraryEn me promenant à Seattle, rue Pike (près du lac Washington), j'ai découvert cette minuscule bibliothèque, sans doute à l'initiative des habitants du quartier. Elle contient des livres, mais aussi un cahier et un stylo pour les échanges et les prêts. Nul doute qu'en d'autres lieux cette petite cage vitrée joliment décorée serait pillée ou vandalisée...

 

 

seattle,little library

seattle,little library

dimanche, 29 juin 2014

Patchwork n° 2

 

patchwork,anthony dufraisse

Paraissant deux (ou trois) fois l’an, voici à l’orée de l’été 2014 la nouvelle livraison de l’élégante revue Patchwork animée par Anthony Dufraisse, sous un habillage de Sébastien Lordez. D’un format réduit pour tenir dans une poche (revolver ou non), elle n’en compte pas moins 94 pages et un riche contenu. Un sommaire de qualité et éclectique, justifiant la citation en exerge de Georges Perros : « Il faudrait créer une revue d’une imprévisible diversité, façon patchwork ». Un peu d’histoire littéraire, avec Kenneth White parlant de Leopardi, Jacques Henric évoquant Leiris, ou Valérie Mrejen rendant compte d’une émission d’Apostrophes avec Georges Perec et Alain Robbe-Grillet ; de beaux poèmes de Nathalie Riera et Iskandar Habache ; une folle et délicieuse « histoire d’un carnet de timbres-poste ou Le Diable est dans les détails » de Maxime Caron et une rubrique finale « Le mot de la fin » tenue cette fois par Anthony Dufraisse et qui sera écrite par un auteur différent à chaque numéro. N’hésitez pas enfin à fureter sous la couverture à rabats : vous y trouverez des chroniques littéraires du maître des lieux intitulées « Sous les couvertures ».

L’un de mes textes « Sommeils » figure dans Patchwork n° 2 après être paru une première fois en 1999 dans la revue L’Infini n° 68.

Patchwork n° 2, 7 €. Ecrire à :

revuepatchwork@free.fr

mercredi, 25 juin 2014

L'Alphabet de Jaffeux

On a récemment chroniqué sur ce blog deux ouvrages précédents de Philippe Jaffeux, dont l’écriture relève selon maints critiques d’une poésie expérimentale, écriture que je qualifierais plutôt d’expérience radicale. N et O sont déjà parus (chez Passage d’encres et chez L’Atelier de l’Agneau). Ce copieux volume de 394 pages au format 21 x 29, 7 cm regroupe toutes les lettres du début de l’alphabet, de A à M.

philippe jaffeux,alphabet,passage d'encresL’ampleur du travail (des années de labeur) impressionne et force le respect. Comme Ponge prenait le parti pris des choses, Jaffeux prend le parti pris de la lettre comme élément de base constitutif de la langue. Chaque lettre de l’alphabet fait l’objet d’un traitement et d’un exercice différents. Pour chacune d’entre elles, une contrainte fixe le cadre. En voici quelques exemples.

La lettre B, intitulée « Suite . », présente 26 lignes sur chacune des 26 pages, soit 676 lignes ou 338 phrases disposées sur 2 lignes et encadrées par deux points finaux. Chaque page débute de plus en plus bas : aucun espace sur la première page jusqu’à 26 espaces sur la dernière.

La lettre D s’intitule « Entretien ? » car elle contient 676 questions classées dans l’ordre alphabétique. Les 26 réponses de chaque page sont disposées sur deux lignes soit 52 lignes et 51 interlignes.

La lettre F, intitulée « Lettre ! », présente 26 lignes sur chacune des 26 pages. La page A compte exactement 26 lettres A et ainsi de suite jusqu’à la page Z qui contient 26 lettres Z.

La lettre I, intitulée « Théâtre – », présente 52 lignes et 51 interlignes introduites par 26 tirets dans chacune des 26 pages, ainsi qu’un nouveau nom d’acteur, en italique, qui est toujours une anagramme du mot « alphabet ». La pagination se déroule en haut à droite et en bas à gauche afin de suggérer un jeu de cartes.

On le voit dans ces indications données par l’auteur, autant que la lettre, le nombre est essentiel : il structure et engendre à la fois le texte. Le procédé n’est pas nouveau, de grandes œuvres du passé obéissent à des compositions mathématiques. La Divine Comédie de Dante est entièrement régie par les nombres (le 3 et le 1, les tercets, les 33 chants du Purgatoire et du Paradis, les 33 + 1 chants de l’Enfer…). Mais Jaffeux, se situant en deçà des histoires, en fait une méthode et une machine productrice, il invente en continu et se renouvelant constamment.

Lancé sur l’aire de jeu du papier blanc 21 x 29, 7 cm, Jaffeux joue non seulement sur les mots mais aussi sur tous les autres éléments du langage écrit : les signes de ponctuation, la typographie, la justification, l’envers et l’endroit, le blanc de la page ou de la ligne, les distorsions visuelles, graphiques ou orthographiques. Le langage n’est plus utilitaire, au service d’une histoire ou docile au sens que lui imprime un auteur tout puissant : il raconte ses propres histoires selon des lois mécaniques.

Alphabet – de A à M, de Philippe Jaffeux, Passage d’encres, 30 € (+ 6 € de frais d’envoi).

Passage d’encres, Moulin de Quilio, 56310 Guern.

Passagedencre@orange.fr

 

Soleils levants

soleilslevants.jpgLa revue Passage d’encres a cessé sa parution régulière mais continue de produire des « hors séries ». Le dernier en date, intitulé « soleils levants », traite bien evidemment du Japon.

Andoche Praudel, céramiste, photographe, écrivain et grand connaisseur du pays, en est l’artiste invité. Il assure la coordination de cet ensemble, avec Atsuko Nagai et Martine Monteau. Cette dernière présente ainsi le Japon : « Ce pays de retenues et de décharge soudaine, de pudeurs et d’exaltation des sens, d’îlots séparés et de solidarités, où les énergies contraires défont périodiquement des cités entières, des milliers de vies ensemble, nous fascine et nous fait peur. »

L’archipel du soleil levant est vu aussi bien sous l’angle de ses traditions que sous celui de sa récente et tragique actualité : Fukushima. On y parle du nucléaire, du tremblement de terre, mais aussi des temples traditionnels, des missionnaires angevins au Japon depuis le 19e siècle, de cinéma, de théâtre et de poésie. De belles photos et illustrations complètent ce superbe numéro.

Soleils levants, Passage d’encres, 20 €.

Passage d’encres, Moulin de Quilio, 56310 Guern.

Passagedencre@orange.fr