dimanche, 29 juin 2014

Patchwork n° 2

 

patchwork,anthony dufraisse

Paraissant deux (ou trois) fois l’an, voici à l’orée de l’été 2014 la nouvelle livraison de l’élégante revue Patchwork animée par Anthony Dufraisse, sous un habillage de Sébastien Lordez. D’un format réduit pour tenir dans une poche (revolver ou non), elle n’en compte pas moins 94 pages et un riche contenu. Un sommaire de qualité et éclectique, justifiant la citation en exerge de Georges Perros : « Il faudrait créer une revue d’une imprévisible diversité, façon patchwork ». Un peu d’histoire littéraire, avec Kenneth White parlant de Leopardi, Jacques Henric évoquant Leiris, ou Valérie Mrejen rendant compte d’une émission d’Apostrophes avec Georges Perec et Alain Robbe-Grillet ; de beaux poèmes de Nathalie Riera et Iskandar Habache ; une folle et délicieuse « histoire d’un carnet de timbres-poste ou Le Diable est dans les détails » de Maxime Caron et une rubrique finale « Le mot de la fin » tenue cette fois par Anthony Dufraisse et qui sera écrite par un auteur différent à chaque numéro. N’hésitez pas enfin à fureter sous la couverture à rabats : vous y trouverez des chroniques littéraires du maître des lieux intitulées « Sous les couvertures ».

L’un de mes textes « Sommeils » figure dans Patchwork n° 2 après être paru une première fois en 1999 dans la revue L’Infini n° 68.

Patchwork n° 2, 7 €. Ecrire à :

revuepatchwork@free.fr

mercredi, 25 juin 2014

L'Alphabet de Jaffeux

On a récemment chroniqué sur ce blog deux ouvrages précédents de Philippe Jaffeux, dont l’écriture relève selon maints critiques d’une poésie expérimentale, écriture que je qualifierais plutôt d’expérience radicale. N et O sont déjà parus (chez Passage d’encres et chez L’Atelier de l’Agneau). Ce copieux volume de 394 pages au format 21 x 29, 7 cm regroupe toutes les lettres du début de l’alphabet, de A à M.

philippe jaffeux,alphabet,passage d'encresL’ampleur du travail (des années de labeur) impressionne et force le respect. Comme Ponge prenait le parti pris des choses, Jaffeux prend le parti pris de la lettre comme élément de base constitutif de la langue. Chaque lettre de l’alphabet fait l’objet d’un traitement et d’un exercice différents. Pour chacune d’entre elles, une contrainte fixe le cadre. En voici quelques exemples.

La lettre B, intitulée « Suite . », présente 26 lignes sur chacune des 26 pages, soit 676 lignes ou 338 phrases disposées sur 2 lignes et encadrées par deux points finaux. Chaque page débute de plus en plus bas : aucun espace sur la première page jusqu’à 26 espaces sur la dernière.

La lettre D s’intitule « Entretien ? » car elle contient 676 questions classées dans l’ordre alphabétique. Les 26 réponses de chaque page sont disposées sur deux lignes soit 52 lignes et 51 interlignes.

La lettre F, intitulée « Lettre ! », présente 26 lignes sur chacune des 26 pages. La page A compte exactement 26 lettres A et ainsi de suite jusqu’à la page Z qui contient 26 lettres Z.

La lettre I, intitulée « Théâtre – », présente 52 lignes et 51 interlignes introduites par 26 tirets dans chacune des 26 pages, ainsi qu’un nouveau nom d’acteur, en italique, qui est toujours une anagramme du mot « alphabet ». La pagination se déroule en haut à droite et en bas à gauche afin de suggérer un jeu de cartes.

On le voit dans ces indications données par l’auteur, autant que la lettre, le nombre est essentiel : il structure et engendre à la fois le texte. Le procédé n’est pas nouveau, de grandes œuvres du passé obéissent à des compositions mathématiques. La Divine Comédie de Dante est entièrement régie par les nombres (le 3 et le 1, les tercets, les 33 chants du Purgatoire et du Paradis, les 33 + 1 chants de l’Enfer…). Mais Jaffeux, se situant en deçà des histoires, en fait une méthode et une machine productrice, il invente en continu et se renouvelant constamment.

Lancé sur l’aire de jeu du papier blanc 21 x 29, 7 cm, Jaffeux joue non seulement sur les mots mais aussi sur tous les autres éléments du langage écrit : les signes de ponctuation, la typographie, la justification, l’envers et l’endroit, le blanc de la page ou de la ligne, les distorsions visuelles, graphiques ou orthographiques. Le langage n’est plus utilitaire, au service d’une histoire ou docile au sens que lui imprime un auteur tout puissant : il raconte ses propres histoires selon des lois mécaniques.

Alphabet – de A à M, de Philippe Jaffeux, Passage d’encres, 30 € (+ 6 € de frais d’envoi).

Passage d’encres, Moulin de Quilio, 56310 Guern.

Passagedencre@orange.fr

 

Soleils levants

soleilslevants.jpgLa revue Passage d’encres a cessé sa parution régulière mais continue de produire des « hors séries ». Le dernier en date, intitulé « soleils levants », traite bien evidemment du Japon.

Andoche Praudel, céramiste, photographe, écrivain et grand connaisseur du pays, en est l’artiste invité. Il assure la coordination de cet ensemble, avec Atsuko Nagai et Martine Monteau. Cette dernière présente ainsi le Japon : « Ce pays de retenues et de décharge soudaine, de pudeurs et d’exaltation des sens, d’îlots séparés et de solidarités, où les énergies contraires défont périodiquement des cités entières, des milliers de vies ensemble, nous fascine et nous fait peur. »

L’archipel du soleil levant est vu aussi bien sous l’angle de ses traditions que sous celui de sa récente et tragique actualité : Fukushima. On y parle du nucléaire, du tremblement de terre, mais aussi des temples traditionnels, des missionnaires angevins au Japon depuis le 19e siècle, de cinéma, de théâtre et de poésie. De belles photos et illustrations complètent ce superbe numéro.

Soleils levants, Passage d’encres, 20 €.

Passage d’encres, Moulin de Quilio, 56310 Guern.

Passagedencre@orange.fr

 

lundi, 16 juin 2014

36 choses à faire avant de mourir

Hervé Bougel publie une nouvelle série de 36 choses à faire avant de mourir : 36 auteurs livrent leur liste de trucs vitaux sur un feuillet de couleur A4 plié. Ce n'est pas forcément très poétique, ni très original (le jeu ne consiste pas à faire de la littérature, quoique certains ne peuvent s'en empêcher… mais à écrire "ce qui vous importe, le grave, le futile, l'essentiel, le faux et son vrai, c'est votre affaire"). Cet exercice inventé par l'Oulipien Jacques Bens nous en apprend beaucoup sur le caractère et les désirs de ceux qui participent à l'aventure. Je suis de cette charrette avec, entre autres, Christian Degoutte.

36choses.jpg

Disponible chez pré#carré éditeur, 52 quai Perrière, 38000 Grenoble.

18 € les 36 fascicules + 2 € de frais de port.

 

lundi, 02 juin 2014

Une signature au Marché de la poésie

Nuel-moutonnoir-2.jpgJe signerai mon recueil "Le Mouton Noir",

samedi 14 juin, de 14 h à 15 h,

sur le stand des éditions Passage d'encres (stand 504), place Saint-Sulpice, lors du prochain Marché de la poésie de Paris.

Le site du Marché de la poésie

mercredi, 21 mai 2014

Une lettre de Pierre Autin-Grenier

Pierre Autin-Grenier nous a quittés le 12 avril 2014. Je lui avais adressé en l'an 2000 une mince plaquette, "La gare", éditée chez Orage-Lagune-Express. En réponse, il m'envoya - accompagnée de son recueil "Histoires secrètes" - cette belle lettre dans laquelle il évoque son enfance à Lyon. Je la reproduis sur ce blog en raison de l'intérêt qu'elle peut présenter pour tous les amateurs de PAG.

 

“ La Salamandre ”, 22.V.2000

St Émile

Cher Jean-Jacques Nuel,

Merci, vraiment, pour “La gare”. J’ai déambulé ainsi avec vous un moment dans mon quartier. La rue Paul Bert !... J’ai habité jusqu’en fin 70 au 14 de la rue Moncey, à côté le Prisunic où, enfant, j’allais avec ma grand-mère “faire de l’escalator” (en bois ! et le premier installé à Lyon) ; Prisunic aujourd’hui rasé. Mon quartier général était la “Friterie Bonetti” au 9, juste en face le 14 (si vous avez “Les Radis bleus” : page 145 !) ; friterie disparue aussi. Aujourd’hui quand je suis lyonnais je vais parfois casser la croûte chez mon ami Bernard Fanjat qui tient la friterie Marti rue de la Guille, près la place du Pont. J’ai découvert “Z” de Costa Gavras au ciné L’Eldorado ; lui aussi envolé ! Bref toute une belle époque des quatre cents coups avec les copains dans ce quartier doux très “village”. Je ne parle pas des meetings à la Bourse du Travail ; une fois – pour soutenir Penarroya – avec Léo Ferré en vedette.

Mais pour moi la gare est restée celle de Perrache ; “la Georges”, place Carnot, etc… Quand même vous m’avez fait passer un bon moment et puisque je radote tant sur avant-hier voici en petit signe amical et pour vous remercier aussi cette toute récente réédition de “Histoires secrètes” dont certains textes ont été écrits il y a maintenant plus de 26 ans !...

Peut-être à une occasion pourrons-nous un jour trinquer ensemble dans quelque troquet que vous devez peut-être connaître rue Paul Bert si vous fréquentez un peu les bistrots comme moi.

En attendant, encore merci et toute mon amitié

PAG

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vendredi, 16 mai 2014

Nouveautés 2014 de Passage d'encres

COLLECTION TRAIT COURT

Parcours de l’échec, de Jordi Bonells.

passage d'encres,trait court,nordi bonells,guillaume decourt,jean-jacques nuel,daniel pozner,louis-michel de vaulchierDes aphorismes sur les échecs, dont celui-ci : « La bonté n'a rien à voir avec les échecs. Au contraire. C'est la méchanceté qui caractérise ce jeu. Pourtant, j'aimerais jouer une partie avec des coups pleins de bonté et non des coups pleins de méchanceté. »

L’auteur : ancien relieur, ancien Barcelonais, ancien professeur, ancien écrivain, ancien joueur d'échecs, ancien être humain.

42 p. - 978-2-35855-088-

• Diplomatiques, de Guillaume Decourt

« Frapper fort ou bien le plus doucement possible », telle sera la devise, choisie très tôt. D’un déplacement à l’autre, s’installe le paysage dehors-dedans en arrière-plan de ces Diplomatiques. Poésie/Musique, Musique/Poésie, le tempo marquant la scansion. Distanciation ironique. Tendresse aussi là et là. Vertige de la mémoire.

Pianiste classique, Guillaume Decourt vit entre Paris et Athènes. Publications : La Termitière,  Polder 151/Gros Textes, 2011 ; Le Chef-d’œuvre sur la tempe, Le Coudrier, 2013 ; Un ciel soupape,  Sac à Mots, 2013. Il participe également à de nombreuses revues.

32 p. - 978-2-35855-092-5

Le Mouton noir, de Jean-Jacques Nuel

Dans ce recueil de textes courts à la première  personne, l’auteur se livre à autant de vraies que de fausses confidences, mêlées d'humour et d'absurde…

Jean-Jacques Nuel est né à Lyon et y vit. Avant de diriger les éditions Le Pont du change, il a  publié, entre autres, des poèmes, La Revue mode d’emploi (L‘Oie plate, 2006) et se consacre désormais à l’écriture de textes courts, d’aphorismes, de nouvelles et de récits.

36 p. - 978-2-35855-090-21- 5 €

 • / d’un éclair /, de Daniel Pozner

Beaucoup plus,  / d’un éclair — / des fragments.

« Il aurait fallu faire court, mais nous étions loin, déjà, j’aurais préféré, il fallait ronger au hasard, les yeux fermés, diminuer, d’un récit faire une sorte de. Bah. À la ligne. »

Daniel Pozner a notamment publié Trois mots (Le Bleu du ciel, 2013), Le géographe est ailleurs (Passage d’encres, 2010), Pft ! (Le Quartanier, 2009).

44 p. - 978-2-35855-089-5

• Lecture sur le pas, de Louis-Michel de Vaulchier

passage d'encres,trait court,nordi bonells,guillaume decourt,jean-jacques nuel,daniel pozner,louis-michel de vaulchierRien sur ce qui fait qu'un texte est un poème, mais les effets physiques et mentaux que produit sa lecture. Celan, de seuil en seuil : hésiter, s'obstiner, bousculé par « ceux qui entrent, ceux qui sortent », demeurer sur le pas ou le franchir. Secoué, dérangé.

De formation scientifique, Louis-Michel de Vaulchier associe des démarches situées aux voisinages des deux frontières arts/sciences et textes/images. Images fixes (dessins, schémas, photos) dans des livres ou en mouvement dans des vidéos. 36 p. - 978-2-35855-093-2 - 5 €

 

Format 12 x 21 cm. Prix : 5 € + 1,65 € de frais d’envoi pour 1 ex. (France métropolitaine).

Chèques à l’ordre de Passage d’encres.  Moulin de Quilio – F-56310 Guern. passagedencres@wanadoo.fr