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samedi, 02 mars 2019

OUSTE 2019

Couverture-Ouste-2019.jpgMon poème "Équinoxe" parait dans le numéro annuel (n° 27) de la revue OUSTE.

Ce texte était auparavant paru sur le site de la revue FRACAS, en français et en traduction espagnole.

 

mardi, 29 janvier 2019

Les moments littéraires n° 41

Après avoir fêté ses 20 ans d'existence dans le numéro précédent, la revue de littérature Les moments littéraires animée par Gilbert Moreau livre son 41e numéro consacré à Fabienne Jacob.

Née à Créhanges en 1959, Fabienne Jacob a grandi en Moselle jusqu'à ses 17 ans. Après un an d'enseignement à Mayotte, elle rentre à Paris pour exercer diverses professions avant de se consacrer à la littérature. Ses romans qui explorent l'enfance, le corps, le désir sont publiés aux éditions Gallimard et Buchet-Chastel.

les moments littéraires,fabienne jacobDans son texte "L'humanité" confié à la revue, elle évoque avec lucidité les séances de signature.

« On m'invite dans des librairies, des salons du livre. (…) Je sais qu'il ne faut pas y aller. Chaque fois je me dis Plus jamais. Chaque fois j'y retourne. Je fais le job. Ça m'abîme, ça m'humilie. Je suis propulsée au milieu de mes congénères. Des humains qui grouillent sous les chapiteaux des salons et qui vont voir des auteurs comme on allait voir des Noirs en cage ou des femmes à barbe il n'y a pas si longtemps. Je suis assise derrière ma pile de livres, seule, attendant le chaland. Une pute. Un Noir en cage, une femme à barbe. Les gens s'approchent, me dévisagent. D'abord moi, puis mes livres. Les livres aussi ont un visage. Alors, on va faire affaire, oui ou non ? »

Si deux de ses livres n'intéressent strictement personne, en revanche, « Les passants sont comme aimantés par Corps, Mon âge et Un homme aborde une femme. On ne dira jamais assez l'importance d'un titre. Les gens veulent qu'on leur parle d'eux, il n'y a que ça qui les intéresse. Leur corps, leur âge, leurs amours, leur famille, en un mot, eux, leur vie. »

Le dossier Jacob comprend des contributions de Marie-Hélène Lafon, Claudie Hunzinger, Julien Thèves. On trouve également dans ce numéro des photographies d'Elina Brotherus (avec un entretien), des extraits de journaux de Françoise Ascal, Gilles Ortlieb et Madeleine Denis. Cette dernière, fille du peintre nabi Maurice Denis et épouse du poète Jean Follain, a signé ses premiers tableaux sous le nom de Dinès.

 

Les Moments littéraires, BP 90986, 75829 Paris Cedex 17, 12 €.

www.lesmomentslitteraires.fr

 

dimanche, 20 mai 2018

Les Moments littéraires n° 40

La revue de littérature portée par Gilbert Moreau fête ses 20 ans et son quarantième numéro. Depuis l'origine, elle publie récits autobiographiques, carnets de notes, journaux intimes, correspondances. Plus de 180 auteurs ont été publiés et 33 dossiers consacrés à des écrivains dont l'œuvre fait une part importante à l'écrit intime.

Pour l'occasion, Les Moments littéraires ont choisi de mettre le journal intime à l'honneur. En mars 2017, la revue a proposé à des écrivains de publier les pages de leur journal qu'ils tiendraient entre le 23 et le 29 octobre 2017. La même semaine pour tous. Vingt-cinq auteurs ont accepté de jouer le jeu des « feuilles d'automne ».

Cette contrainte de date risque toutefois de modifier le journal, non dans sa sincérité, mais dans sa spontanéité. « Je me demande ce que peut être un journal dont on sait à l'avance qu'il sera publié. », se demande Marcelin Pleynet.

Dominique Noguez va plus loin : « Tout en acceptant son offre, j'avais fait à Gilbert Moreau, directeur de cette revue, l'objection que le fait, pour un journalier, de savoir à l'avance que telle partie de son journal non encore écrite sera publiée risque d'en perturber la spontanéité, de même qu'on ne fait pas la même tête si l'on parle dans la pénombre ou sous la clarté d'un projecteur. »

Mais à lire tous ces extraits de journaux, la plupart tenus par des diaristes ou romanciers connus (Juliet, Bergougnioux, Ernaux... ), ou par des auteurs plus secrets (Hervé Ferrage, qui est une vraie découverte), on s'aperçoit que la contrainte n'a pas trop altéré l'exercice. Chaque auteur a ses préoccupations, ses manies, son style d'écriture, se livre avec ses qualités et ses défauts dans ce numéro témoin de la richesse et de la grande variété du journal intime.

Michel Braud livre une étude introductive, « Lire les journaux intimes », dans laquelle il montre la spécificité et l'intérêt de ce genre littéraire.

panorama 40 N&B.jpg

Au sommaire du numéro 40 :

Pierre Bergounioux, René de Ceccatty, Anne Coudreuse, Colette Fellous, Claire Dumay, Roland Jaccard, Lambert Schlechter, Charles Juliet, Belinda Cannone, Annie Ernaux, Lydia Flem, Marcelin Pleynet, Béatrice Commengé, Michel Braud, Emmanuelle Pagano, Hervé Ferrage, Jocelyne François, Dominique Noguez, Patrick Combes, Denis Grozdanovitch, Christian Garcin, Camille Laurens, Anne Serre, Régine Detambel, Fabienne Jacob, Jeanne Hyvrard.

Les Moments littéraires, BP 90986, 75829 Paris Cedex 17

www.lesmomentslitteraires.fr

 

samedi, 19 mai 2018

Mots Slow n° 5

Le 5e numéro de la revue MOTS SLOW est d'abord un bel objet au format original, dont la conception graphique a été confiée à l'artiste Anne-Sophie Tritschler. Une affiche 70 cm x 100 cm pliée (34 x 24 cm), en sérigraphie 5 couleurs et offset.

mots1.jpg

La revue est bilingue, les articles étant rédigés en français ou en anglais (non traduits).

Mots Slow vise à réunir les contributions d'artistes et de chercheurs et universitaires en sciences humaines. Chaque numéro, dont l'identité graphique est unique, est consacré à une thématique spécifique, que chaque participant traite à partir de son imaginaire disciplinaire propre. Le thème de cette dernière livraison, Fast(e), entre en contradiction avec le nom même de la revue, Mots Slow.

C'est donc sur le temps que joue ce numéro, tout en tissant un lien avec le Livre des fastes d'Ovide, un calendrier poétique composé pour commémorer les fêtes romaines, et indiquer les jours fastes (marqués par une pierre blanche) et néfastes (marqués par une pierre noire).

On apprend ainsi qu'à l'origine, le calendrier de Romulus (- 400 avant JC) comprenait 9 mois, calqué sur la gestation humaine pour accoucher du temps. Ou que le pape Grégoire XIII, ayant remarqué que l'erreur de onze minutes qui se trouvait dans l'année julienne avait produit dix jours de plus, fit retrancher ces dix jours de l'année 1582 : au lieu du 5 octobre de cette année, on compta de suite le 15. Le temps est relatif dans sa valeur, son découpage et sa durée.

Une vingtaine de collaborateurs participent à ce numéro alliant culture et créativité, parmi lesquels Leïla ANVAR, qui livre un texte sur Nowrouz, le nouvel an du peuple iranien.

 

Mots Slow, Hand Art Publisher, Jérome Karsenti, 68 rue de Bâle, 68220 Hegenheim, 40 €.

lundi, 26 mars 2018

K dans OUSTE

Mon texte "K" (peut-on l'appeler un "poème" ?) vient de paraître dans la revue OUSTE n° 26. C'est l'une des dernières fois que je publie sous le pseudonyme de Brice Noval. Je l'avais choisi pour soumettre des textes d'une écriture assez nouvelle aux revues, sans que leurs animateurs soient influencés par mes productions antérieures.

K doit paraître dans un recueil intitulé "Ceci n'est pas de la poésie", que l'éditeur a programmé en 2020 ! J'aurai bu combien de bières d'ici là ?

 

 

K

 

le héros du roman de Kafka

Le Procès

s'appelle Joseph K.

 

le héros du roman de Kafka

Le Château

s'appelle K.

 

le nom même de l'auteur

n'est pas ordinaire

il s'écrit avec 2 K

l'un majuscule l'autre minuscule

 

sans vouloir minimiser

le génie créatif de Kafka

on relèvera qu'il n'est pas allé

bien loin pour trouver les noms

de ses personnages principaux

 

le héros de l'œuvre de Kellogg's

qui a de la littérature

une conception plus alimentaire

s'appelle K

Spécial K

suivi d'un R cerclé

indiquant que la marque est enregistrée

et désormais protégée

 

sage précaution

que n'a pas prise Kafka

son oubli permettant à son concurrent

Kellogg's de s'approprier le K

en toute légalité

 

contrairement à l'auteur pragois

génial mais tourmenté

qui n'a pas su exploiter ses œuvres

de son vivant

n'achevant pas même ses 2 romans précités

et demandant à son ami Max Brod

de les détruire après sa mort

 

Kellogg's a toujours eu

le sens des affaires

et du marketing

en témoignent la meilleure distribution

de ses produits

son logo rouge attractif

et ses chiffres de vente

très supérieurs

 

*

 

Le nom de Brice Noval est désormais celui d'un détective privé atypique, vieux, à moitié obèse, plutôt réac et assez rigolo, dont une première enquête a été publiée par les éditions Germes de barbarie :

La malédiction de l'Hôtel-Dieu.

 

mardi, 13 février 2018

Les Moments littéraires n° 39

Avec une grande régularité, Gilbert Moreau nous propose chaque semestre un nouveau numéro de sa revue Les Moments littéraires et un nouveau dossier. Le n° 39 est consacré à Boris Cyrulnik.

cyrulnik.jpgL'homme étant largement médiatisé, on connaît bien aujourd'hui son histoire. Arrêté à l'âge de 6 ans lors d'une rafle à Bordeaux, il parvient à s'enfuir, évitant de mourir à Auschwitz comme ses parents. Enfant caché, persécuté, privé d'école, il en réchappe grâce à une indéfectible volonté de s'en sortir.

Devenu psychiatre, il découvre les travaux d'Emmy Werner sur la notion de résilience, qui correspond à son parcours personnel. De livre en livre, il popularise dès lors ce concept de résilience, qui est un espoir pour toutes les personnes victimes d'un traumatisme.

Son autobiographie est parue en 2 volumes, « Sauve-toi, la vie t'appelle » et « Les âmes blessées ».

De l'entretien mené par Gilbert Moreau, on apprend beaucoup de choses. D'abord sur la mémoire, en perpétuelle évolution.

« La mémoire saine se remanie constamment au gré des rencontres, de la vie quotidienne. Seule la mémoire traumatique reste figée, prisonnière du passé. Ainsi nous changeons de mémoire, sans jamais mentir. »

Sur l'autobiographie, fausse par définition bien que sincère :

« Ne croyez surtout pas ce que vous allez lire, il ne s'agit que de souvenirs autobiographiques. »

« L'autobiographie la plus authentique qui soit est toujours une interprétation et une trahison du réel. »

La célébrité n'a rien changé à la vie de Cyrulnik. Il en tire une remarque amusante : « Beaucoup de journalistes me demandent si la célébrité rend fou. Je leur réponds que oui, la célébrité rend fous ceux qui ne sont pas célèbres ! »

 

J'apprécie beaucoup que chaque entretien se termine par des questions sur les « rites d'écriture ». On découvre les petites manies de l'écrivain, qui le rendent plus proche. À la question « Écrivez-vous à la main ? », Cyrulnik répond : « Mon courrier, je le fais à l'ordinateur. Cela va plus vite mais on y perd l'érotisme du geste. Pour le reste, j'écris à la main parce que nous pensons avec la main. Une fois rédigé, je tape le texte à l'ordinateur ; j'ai alors l'impression de me trouver face à un texte écrit par quelqu'un d'autre, ce qui me permet de le corriger sans complaisance. »

Même si je me retrouve dans ces propos, ils sont d'une génération ancienne à laquelle j'appartiens ; de plus jeunes auteurs nous objecteraient que l'on pense aussi avec le clavier. Mais on pense différemment.

Les Moments littéraires, BP 90986  75829 Paris Cedex 17

http://www.lesmomentslitteraires.fr/index.html

 

 

mercredi, 18 janvier 2017

Les moments littéraires n° 37

lafon-marie-helene.jpgLe dernier numéro de la revue de l'écrit intime Les moments littéraires est consacré à Marie-Hélène Lafon.

Depuis son premier roman Le soir du chien jusqu'à Histoires, Marie-Hélène Lafon, née en 1962 dans le Cantal (un de « ces départements de la diagonale du vide que constitue le Massif Central ») inscrit son œuvre dans le thème de la ruralité et des figures silencieuses qui la peuplent. Dans un entretien avec Gilbert Moreau, elle se présente comme une transfuge sociale, d'abord par le professorat (l'agrégation de grammaire, un doctorat de lettres) puis par l'écriture et la carrière littéraire qui lui permettent de s'extraire du milieu paysan. C'est ce déplacement, à la fois géographique, social, culturel (et même généalogique, en se choisissant comme pères d'écriture Pierre Michon, Pierre Bergougnoux et Richard Millet) qu'analyse Mathieu Riboulet dans son article introducteur.

Marie-Hélène Lafon fait sortir du silence ces gens du Cantal qu'elle a connus, ces « vies minuscules » : « Il s'agirait d'inscrire une trace de ces vies qui semblent sans relief particulier, qui ne paraissent en rien notoires ou notables et qui en même temps sont inépuisables. Le texte leur fait écrin, leur fait royaume, leur fait honneur sans les livrer en pâture à la condescendance du lectorat, sans les humilier encore davantage. Je tente de donner à ces Minuscules une place au royaume du verbe. » Suivent quelques inédits de l'auteur, « Moments d'été ».

Signalons aussi au sommaire de la revue un texte nostalgique de Georges-Olivier Chateaureynaud, qui évoque sa jeunesse au Quartier Latin. Une jeunesse passionnée, obsédée de littérature, éclairée de rencontres. Vivre dans le quartier si littéraire de Saint-Germain des Prés est le rêve de bien des auteurs.

 

Les moments littéraires, BP 90986, 75829 Paris cedex 17. 12 €. Abonnement 22 €.

http://www.lesmomentslitteraires.fr/