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samedi, 13 janvier 2018

La malédiction de l'Hôtel-Dieu

Après deux années sans publication, je verrai paraître deux de mes ouvrages en 2018.

En juin sortira "Journal d'un mégalo" (aux éditions belges Cactus Inébranlable), un recueil d'aphorismes humoristiques dont certains avaient été publiés dans le magazine Fluide Glacial.

cover4.jpgEn attendant, vient de paraître "La malédiction de l'Hôtel-Dieu", un polar qui se passe à Lyon, entre la mairie et la préfecture, dans le cadre du projet de reconversion de l'Hôtel-Dieu. Un projet qui vise à transformer ce qui fut à l'origine un hôpital des pauvres en hôtel pour les riches.

Vous trouverez ci-dessous un lien vers la page de présentation et de vente de l'ouvrage :

La malédiction de l'Hôtel-Dieu

 

L'éditeur de ce roman utilisant les outils de publication d'Amazon, l'ouvrage n'est vendu que sur Amazon.

(Les personnes qui voudraient que je leur envoie directement un exemplaire peuvent me contacter par messagerie.)

 

Début du roman :

1.

- Je crois que vous ne m’aimez pas beaucoup, Brice Noval…

- Je pense que la réciproque est vraie, monsieur le Maire !

Sans se laisser désarçonner par ma réplique, ou sans en rien laisser paraître, Gaspard Loison se fendit alors de son fameux sourire de faux cul, celui-là même qu’il arborait sur ses affiches électorales et pour son plus grand profit, car à chaque scrutin municipal il était confortablement réélu. Il terminait sa troisième mandature à la tête de la ville de Lyon. Le bougre avait trouvé la martingale gagnante : une étiquette de centre gauche, une politique de centre droit, et un discours truffé de ce charabia à la mode : développement durable, éco-responsable, citoyenneté, bio-diversité, vivre ensemble, mode doux de déplacement, métissage culturel et autres sornettes qui constituent le nouveau catéchisme de ce début de vingt et unième siècle.

À ce point de notre dialogue, assis en face de lui dans son superbe bureau dont les larges fenêtres donnaient sur une cour intérieure, je ne savais toujours pas pourquoi le maire m’avait invité à venir le voir à l’Hôtel de ville. En quoi avait-il besoin de mes services de détective privé ? Une filature de son épouse ? Un constat d'adultère ? Une enquête discrète sur un opposant politique ?

Le maire prit un visage grave, cala ses avant-bras sur son sous-main en cuir et me regarda droit dans les yeux. Son crâne, encore plus dégarni que le mien, luisait sous la lumière d’un lustre de cristal.

- Brice Noval, j’ai besoin de votre aide dans l’affaire de l’Hôtel-Dieu.

J’adore entendre prononcer mon nom, cela décuple ma sensation d’exister. Gaspard Loison devait connaître ce point faible de ma personnalité. Ce n’était cependant pas une raison de s’emballer.

- Je ne comprends pas, lui dis-je. Toute la police est déjà sur l’affaire.

Ses mains grassouillettes quittèrent son bureau et se levèrent, doigts écartés, comme pour signifier un geste d’impuissance.

- La police nationale fait de son mieux. La police municipale prête main forte. Mais l’enquête piétine. Les coupables courent toujours et s’apprêtent à frapper à nouveau. Vous seul êtes capable de résoudre cette série de crimes.

Il n’avait pas son pareil pour flatter son prochain. Loison n’était pas devenu le premier magistrat de cette ville pour rien.

- L’affaire est peut-être un peu lourde pour un pauvre privé solitaire, objectai-je. Quatre meurtres en quatre semaines ! Et à supposer que j’aie les capacités de m’en occuper - bien que je ne sois pas Sherlock Holmes - pourquoi devrais-je m’y intéresser ? J’ai déjà plein d’enquêtes en cours.

Sur ce dernier point, j’exagérais beaucoup. J’étais plutôt au chômage partiel et l’argent commençait à manquer. Les quittances et les factures s’accumulaient. Le loyer de mon bureau rue des Cuirassiers venait d’être fâcheusement revalorisé. Mais je voulais mesurer jusqu’à quel point le maire désirait s’assurer mes services.

- L’Hôtel-Dieu est le lieu de votre naissance, n’est-ce pas ? lâcha Loison en reprenant son sourire de faux cul.

Gaspard était bien renseigné. Un atout important dans le poste qu’il occupait. Un de mes profs au lycée m’avait déjà dit : « Le savoir c’est le pouvoir. » J’étais effectivement né dans cette maternité de la presqu’île, au cœur de la cité, un certain 14 juillet qui remontait à plus d’un demi-siècle. Le maire savait ce qu’il voulait et utilisait tous les arguments imaginables pour parvenir à ses fins. Derrière ce personnage tout en rondeur, aux airs patelins, se cachait une volonté de fer.

C’est ainsi que cet homme retors avait fini par m’avoir au sentiment et que j’avais accepté cette enquête – laquelle avait tout de la mission impossible. Je dois avouer aussi que la prime importante qu’il me promettait avait vaincu mes dernières réticences.

J’avais pourtant des raisons d’en vouloir à Loison et à sa politique immobilière inconsidérée. Je n’appréciais pas ses entreprises pharaoniques, dont la construction du Grand Stade et le réaménagement de l’Hôtel-Dieu, opérations contre lesquelles j’avais pris position publiquement en signant des pétitions et en publiant des articles dans des journaux locaux. Le dernier de ses projets semblait se retourner contre lui. En voulant transformer l’hôpital de l’Hôtel-Dieu en hôtel de luxe, il avait attiré la malédiction de Childebert.

 

Lien pour se procurer l'ouvrage

 

samedi, 17 janvier 2015

Lecture chez Verso

lectureVerso.jpg

vendredi, 28 mars 2014

Salons d'avril

Je participerai en tant qu'auteur à deux salons du livre qui se tiennent le week-end des 5 et 6 avril prochains :

- le samedi 5 avril, à Nantua (Ain), Espace André Malraux, de 10 heures à 18 heures (où je présenterai aussi toute la production des éditions Le Pont du Change) ; 

- le dimanche 6 avril, à Villefranche-sur-Saône (Rhône), salle de l'Atelier, 109 rue des Jardiniers, de 9 h 30 à 18 h 30.

Je signerai mes derniers livres, dont "Courts métrages" paru en 2013 au Pont du Change.

 

jeudi, 13 février 2014

Un entretien avec Frédérick Houdaer

« Un auteur de textes courts n’a presque rien, quelques rares revues, quelques rares éditeurs (Gros Textes, par exemple, qui publie Dejaeger), peu de possibilités de se produire sur une scène, il est le « mouton noir » : les poètes ne le reconnaissent pas des leurs (alors qu’il suffirait qu’il aille à la ligne en appuyant fréquemment sur la touche ENTER de son clavier !) et les prosateurs le regardent de haut en trouvant qu’il ne pisse pas assez loin. Et pourtant, c’est un genre auquel on doit de sacrées réussites : Sternberg, Topor… »

Frédérick Houdaer me consacre un entretien sur son blog, où nous abordons essentiellement mon activité d’éditeur à l’enseigne du Pont du Change. Mais l’auteur n’est pas loin…

 

lundi, 13 janvier 2014

Le milieu du monde

Le Journal des Poètes (n° 4 / 2013) publie l'un de mes textes, "Le milieu du monde", une sorte d'hommage à Kafka. On aimerait bien avoir en France l'équivalent de ce trimestriel poétique de Belgique, qui aborde sa 83e année.


 

jdp.jpgLE MILIEU DU MONDE

Joseph K. avait rejoint le train Brest-Vladivostok dans une gare de la Mitteleuropa, une banale station ferroviaire dont le nom complexe et saturé de consonnes n’était pas resté dans sa mémoire. Il s’était endormi sur son siège peu après le départ ; le sommeil avait été long et profond car le jour était levé depuis longtemps quand il se réveilla. Il avait froid. Il était seul. Le train se trouvait arrêté en pleine voie, loin de toute zone habitée, probablement aussi loin de son point de départ que de son point d’arrivée. La neige tombait en abondance et avait recouvert tout le paysage alentour ; les rails avaient disparu sous la couche épaisse, et bientôt, s’il continuait à neiger avec cette régularité et cette intensité, le convoi lui-même ne serait plus perceptible. Remontant les voitures vers l’avant jusqu’à la locomotive, puis en sens inverse jusqu’à l’arrière du train, il ne vit personne, pas même le conducteur, pas même le contrôleur, et il n’y avait plus aucun bagage, à part son vieux sac à dos. Le wagon-restaurant était propre, rangé, vidé de tout aliment et de toute boisson, comme s’il n’avait pas servi depuis longtemps. Joseph K. se mit à errer d’une voiture à l’autre, seul dans ce train fantôme que ses fantômes eux-mêmes avaient déserté.

*


Signalons aussi deux publications récentes : deux textes dans Les tas de mots n° 14 et quelques blagues dans Fluide Glacial n° 451.

tasdemots14.jpgfg451.jpg

jeudi, 03 octobre 2013

Deux lectures

Je participerai à deux lectures prochainement :

- vendredi 27 septembre, à 18 heures 30, à la librairie Point d'encrage (73 rue Marietton, 69009 Lyon), je présenterai la maison d'édition Le Pont du Change, puis je lirai mes textes en compagnie des auteurs Christian Cottet-Emard, Frédérick Houdaer et Roland Tixier.

- vendredi 4 octobre, à 19 heures, je suis invité à la lecture de la revue VERSO (10 rue Bourgelat, 69002 Lyon), avec les auteurs Carole Dailly, Josiane Gelot et Patrick Dubost.

lectures,nuel,le pont du change

jeudi, 12 septembre 2013

MICROBE 79

microbe,nuel,modèles réduitsLe 79e numéro de la revue Microbe vient de paraître !

J'en ai assuré la préparation et la coordination.

 

Au sommaire : StéphaneBeau
C
hristian Chavassieux
C
hristian Cottet-Emard
R
oland Counard
G
régoire Damon
B
ernard Deglet
C
hristian Degoutte
F
abrice Farre
J
ean-Marc Flahaut
A
lain Helissen
F
rédérick Houdaer
H
ervé Merlot
P
aola Pigani
S
téphane PratNuel - Modèles réduits.jpg
P
ascal Pratz
M
arlène Tissot

Les illustrations sont de Nicole Vidal-Chich

 

 

 

Les abonnés « + » reçoivent également, en supplément à la revue, le mi(ni)crobe 41 :

Modèles réduits de Jean-Jacques Nuel. Il s'agit d'un petit recueil contenant 22 textes brefs.

 

Plus d'infos ? ICI.

 

Pour tous renseignements, contacter ericdejaeger@yahoo.fr