mardi, 08 septembre 2026
Comment j'ai écrit mes polars
COMMENT J'AI ÉCRIT MES POLARS
Un entretien avec Jean-Jacques Nuel par Christian Martin
À l'occasion de la sortie de son nouveau polar « La Nuit de Cluny » aux éditions Héraclite, Jean-Jacques Nuel a répondu aux questions de Christian Martin.
CM : Vous venez de publier un quatrième livre aux éditions Héraclite, avec la mention POLAR sur la couverture. Peut-on vous définir comme un auteur de romans policiers ?
JJN : Je me considère d'abord comme un écrivain. En fait, j'écris depuis près de 60 ans – des récits, des nouvelles, des poèmes, des aphorismes – et je ne me consacre au polar que depuis une dizaine d'années. Ma première publication policière, « La malédiction de l'Hôtel-Dieu », dont l'action se déroule à Lyon, a paru en 2018.
CM : Pourquoi être venu au polar, sur le tard ?
JJN : L'idée, l'envie m'en sont venues au moment de ma retraite, lorsque j'ai décidé de quitter Lyon, ma ville de naissance et de longue résidence, pour aller vivre avec mon épouse en Bourgogne, près de Cluny. Je voulais écrire un livre sur Lyon, cette ville que j'ai adorée. Une façon de lui dire adieu, de lui rendre hommage. La forme qui s'est peu à peu imposée à moi a été celle du roman policier. Un genre dont je suis amateur depuis longtemps.
CM : C'est la première apparition de votre détective privé Brice Noval. Un enquêteur pas très conventionnel qui, à l'instar d'Hercule Poirot, se sert davantage de ses méninges que de ses muscles ou de ses armes. Comment vous est venue l'idée de ce personnage ?
JJN : Brice Noval me ressemble beaucoup, et l'emploi du « je » narratif aide à l'identification (un de mes amis écrivains pense même que j'écris des « autofictions policières » !) : il a (presque) mon âge, un peu d'embonpoint, il n'est pas très grand, et pas du tout sportif. Il compense le physique par le mental et l'humour. Je ne voulais pas un super héros, jeune, athlétique, armé, expert en arts martiaux, mais un homme ordinaire, âgé, amateur de bière et de bonne chère, bougon, très critique envers son époque – au risque de passer pour assez réac. Ce qui nous change des héros progressistes qui ont envahi le genre !
Je voulais surtout qu'il soit doué d'humour, ce qui est rare dans la littérature policière actuelle. La surenchère dans l'horrible, le glauque, le gore et le pervers interdit aux auteurs d'employer l'humour qui ferait retomber la tension. Mes polars restent légers, malgré les meurtres qui sont l'ingrédient obligatoire du genre.
Brice Noval est une sorte de Nestor Burma, en plus vieux et plus tranquille. J'ai été très influencé par les romans de Léo Malet et par son personnage de Burma. Comme les siens, mes polars sont écrits à la première personne et l'humour y tient une place importante.
CM : Avec le même enquêteur d'un livre à l'autre, peut-on parler d'une série ?
JJN : Effectivement. La Nuit de Cluny est le 7e livre mettant en scène Brice Noval. Il existe trois polars lyonnais, La malédiction de l'Hôtel-Dieu, Terminus Perrache ( tous deux d'abord édités par Germes de barbarie, la maison de Bernard Deson) et Balade funéraire. Les trois titres sont maintenant disponibles en auto-édition sur Amazon.
Par ailleurs, quatre polars bourguignons sont parus chez l'éditeur Héraclite : Avril à Cluny, Le puits des Pénitents, Décibels mortels et La Nuit de Cluny. L'ensemble constitue bien une série.
CM : Pourquoi être passé de Lyon à la Bourgogne ?
JJN : De Lyon au Clunisois, pour être plus précis. Pour une raison très simple : j'ai déménagé, et le détective m'a suivi ! Il a quitté Lyon, pris sa retraite et s'est installé dans le hameau de Lys, à Chissey-lès-Mâcon, à quelques kilomètres de chez moi ! Une retraite qui ne l'empêche pas de continuer ses enquêtes dans son nouveau décor, dans la région de Cluny. Une région dont je suis tombé amoureux – comme Brice Noval !
CM : On retrouve d'un livre à l'autre des personnages récurrents...
JJN : Oui, à Lyon, c'est le commissaire Alexandre Schweitzer, chef de cabinet du préfet de police, ou Laurent Thimonnier, un spécialiste de l'histoire lyonnaise ; à Cluny, le major Bruneau, commandant la brigade de gendarmerie, l'archiviste Hervé Glaber, immergé dans le passé, ou la séduisante Virginie de Lancharre, directrice de l'agence immobilière qui a vendu à Noval une ferme restaurée.
CM : Le détective ne semble pas insensible à ses charmes...
JJN : Que voulez-vous, Noval est vieux mais il reste un homme ! Cela me fait penser à la blague du vieillard qui dit « Avec l'âge ma vue a beaucoup baissé, mais je sais encore reconnaître les jolies filles !»
CM : En plus de l'intrigue policière, vos romans ont aussi un intérêt historique. Pourquoi accordez-vous cette place à l'Histoire et aux légendes ?
JJN : Bien que mes polars se déroulent à l'époque contemporaine, j'inclus toujours des rappels du passé. « Avril à Cluny » rappelle l'histoire de l'abbaye ; « Le puits des Pénitents » celle des convulsionnaires au temps du jansénisme ; « La Nuit de Cluny » nous apprend bien des choses sur Lamartine, à la fois écrivain et homme politique. Avant d'écrire un livre, je rassemble une documentation. Je veux que les lecteurs retrouvent non seulement leur décor familier, les paysages, les rues, les monuments, mais aussi une partie de leur histoire – et celle de Cluny, avec son abbaye millénaire, est exceptionnellement riche – que j'essaie de mêler à l'intrigue, sans la ralentir. Mon but est de distraire et instruire le lecteur en même temps.
CM : Combien de temps vous faut-il pour écrire un roman ?
JJN : Il y a plusieurs phases. Tout d'abord, un temps indéterminé, qui peut durer plusieurs mois, pendant lequel je réfléchis à l'intrigue, aux personnages, je rassemble la documentation nécessaire et j'écris sur un cahier tout ce qui me passe par la tête. Quand mon intrigue est au point, je tape ces notes sur l'ordinateur en les mettant en ordre, cela constitue une matrice que j'imprime. À partir de ce plan détaillé, partiellement rédigé, j'écris la première version de mon polar à la main, sur un cahier format A4 à grands carreaux, en écrivant uniquement sur la page de droite, la page gauche étant réservée aux corrections et ajouts. Tout un rituel ! Le roman terminé, je le tape à l'ordinateur en le modifiant, en l'augmentant. J'obtiens ainsi la version définitive, à moins que je ne décide de le réécrire à la main, si le résultat ne me satisfait pas.
Je crois beaucoup à l'intérêt de cette alternance écriture à la main / écriture au clavier. C'est du moins ainsi que je fonctionne.
CM : Écrivez-vous le matin ou le soir ?
JJN : Chacun sa méthode. Chacun son rythme. Ce qui vaut pour l'un ne vaut pas pour l'autre. J'écris le matin, après mon petit déjeuner, environ deux heures. Je parle bien sûr de la phase de création. Ensuite, recopier, corriger, je peux le faire à n'importe quel moment de la journée.
CM : Allez-vous poursuivre cette série ?
JJN : J'ai un manuscrit inédit (un livre d'avance !) Au delà, je ne sais pas. Il ne suffit pas de vouloir, encore faut-il que l'inspiration soit au rendez-vous. Le polar doit s'écrire tout seul, s'imposer ; ensuite je développe, je peaufine, je corrige, j'améliore.
CM : Vous avez publié par ailleurs des ouvrages plus littéraires, des récits, des nouvelles, de la poésie. Qu'est-ce que la publication des polars vous a apporté de nouveau ?
JJN : Le polar m'a gagné un nouveau lectorat, plus nombreux et diversifié que celui dont je bénéficiais. Et cela grâce à la diffusion opérée par mon éditeur Héraclite dans sa zone géographique, une diffusion dense et suivie en librairies et grandes surfaces. Grâce également à ma présence sur les réseaux sociaux (principalement Facebook), où j'informe sur mes publications et dialogue avec mes lecteurs. Je compte maintenant un certain nombre de « fidèles » qui me disent aimer mes polars et me demandent quand paraîtra le prochain. Ces retours sont très motivants pour poursuivre l'écriture.
CM : Quels sont vos auteurs de polars préférés ?
JJN : Des classiques, comme Simenon ou Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes. Michael Connelly, Jo Nesbo... Le dahlia noir, le chef d’œuvre de James Ellroy. J'ai une vraie dette envers Léo Malet. Lisant le Dictionnaire amoureux du polar, j'ai été consterné par le fait que Pierre Lemaitre – auteur de bons livres par ailleurs – ne parle pas de Burma (il consacre juste une page à un roman noir de Malet). C'est plus qu'un oubli : une injustice.
07:42 Publié dans Mes publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nuel, polar, noval, héraclite
lundi, 11 mai 2026
La Nuit de Cluny (parution)
Vient de paraître :
La Nuit de Cluny, de Jean-Jacques Nuel, aux éditions Héraclite.
C'est la quatrième enquête bourguignonne du détective Brice Noval.
La ville de Cluny est le théâtre de trois meurtres successifs, lors du grand gala des Arts et Métiers au sein de la prestigieuse abbaye et pendant le concours équestre de saut d'obstacles.
Au-delà des victimes, c'est la ville qui est visée. Le meurtrier, qui signe Abélard, va bientôt se manifester auprès des gendarmes et affirmer qu'il veut « plonger Cluny dans la Nuit ». Il défie les enquêteurs de le retrouver en leur proposant un jeu de piste sur des lieux lamartiniens.
Le détective Brice Noval, appelé en renfort par la gendarmerie, va traquer Abélard à Cluny, Mâcon et Saint-Point. Une enquête aux multiples rebondissements sur les pas de Lamartine.
07:58 Publié dans Livre, Mes publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nuel, la nuit de cluny, héraclite, polar
jeudi, 10 octobre 2024
Décibels mortels : une lecture de Jean-Loup Martin
Jean-Loup Martin est mon plus ancien et fidèle lecteur : il me suit depuis 40 ans ! Depuis le recueil de poèmes « Du pays glacé salin », paru en 1984 chez Cheyne éditeur. C'est dire que son avis compte beaucoup pour moi. Voici sa lecture de mon dernier ouvrage publié.

« J'ai lu « Décibels mortels ». J'ai retrouvé avec plaisir Brice Noval. Et aussi Virginie, toujours aussi charmante. Et Bruneau. Et l’apparition-disparition fugitive de Laurent Thimonnier (j’aurais aimé le retrouver plus longuement). Et puis les personnages nouveaux, que vous avez su si bien dépeindre, notamment ce goujat-macho-sans gêne de Gilles Nottat, tellement « déplaisant » que l’on en arrive presque à se réjouir de sa mort ! Nous connaissons tous de ces personnages qui s’imposent, qui éventuellement vous manipulent !... Et les autres membres de ce piteux groupe de rock.
J’ai été très sensible aussi à votre goût pour le passé, en l’occurrence un passé fantasmé, mais ancré dans le temps et dans l’espace, dans cette région que vous connaissez bien. J’ai aimé l’histoire du trésor de Nanton, les variations sur la lettre « N » inversée, le château de Nobles, la « pierre levée du champ de la Fa » et les explications de Glaber … Votre goût pour l’histoire, pour les vieilles pierres : Cluny ...
J’ai aimé aussi les éléments de l’enquête policière : l’arme du crime (une corde de guitare) est originale ; les indices, en particulier le papier utilisé pour les lettres anonymes, créent une attente palpitante …
Et puis, en dessous (en quelque sorte) de l’enquête policière, avec ce qu’il y faut de fausses pistes, de meurtres, de raisonnements logiques, j’ai trouvé dans votre livre une « petite musique » nostalgique, une « madeleine de Proust », une méditation sur le temps qui passe inexorablement. En effet, du point de vue de l’enquête elle-même, les dernières pages peuvent paraître inutiles, puisque le coupable a été identifié et arrêté, mais en réalité, me semble-t-il, elles donnent la vraie signification de votre livre ou du moins une piste d’analyse qui me paraît intéressante sur les limites et les échecs, l’avenir qui se dérobe et le passé vertigineux : cette méditation, qui pourrait être morbide, est magnifiée par la musique. Et votre « finale » (au sens musical du terme) rejoint les deux épigraphes de La Bruyère et de La Rochefoucauld. L’essentiel dans les bons romans policiers, ce n’est pas tant l’intrigue et ses rebondissements que la réflexion sur la nature humaine : c’est d’ailleurs vrai sans doute de toute œuvre …
Je me suis peut-être trop aventuré, trop loin de vos intentions. En tout cas votre livre va rejoindre, dans ma bibliothèque, vos autres livres, sur le rayon consacré aux œuvres des écrivains que je connais et apprécie. »
Décibels mortels, par Jean-Jacques Nuel, éditions Héraclite.
09:51 Publié dans Mes publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décibels mortels, jean-jacques nuel, polar, héraclite, jean-loup martin
vendredi, 16 février 2024
Brice Noval, une série policière
Dans l'attente de la publication d'un 6e ouvrage, la série des enquêtes du détective Brice Noval est un ensemble de 5 romans policiers qui se déroulent à Lyon et en Bourgogne.
Deux polars bourguignons ont été publiés aux éditions Héraclite :
Avril à Cluny (2021) ;
Le puits des Pénitents (2022).
Trois polars lyonnais ont été publiés (ou republiés) en auto-édition sur Amazon :
La malédiction de l'Hôtel-Dieu, d'abord paru en 2018 chez Germes de barbarie, republié dans une nouvelle version revue et augmentée en 2023 ;
Terminus Perrache, d'abord paru en 2019 chez Germes de barbarie, republié dans une nouvelle version revue et augmentée en 2023 ;
Balade funéraire (2023).

Sans armes, sans aptitude au combat, mais efficace et non dénué d'humour, le détective privé Brice Noval résout des enquêtes difficiles avec la seule aide de ses cellules grises (comme Hercule Poirot) et de la chance. Au fil des romans, on retrouve une galerie de personnages pittoresques ou attachants, comme l'extravagant professeur Laurent Thimonnier, réac assumé, le bon commissaire Alexandre Schweitzer, le raide major de gendarmerie Louis Bruneau, la délicieuse Marianne (à Lyon) et la non moins séduisante Virginie de Lancharre (à Cluny).
L'intérêt de ces romans, outre de proposer une intrigue policière pleine de surprises et de rebondissements, est de rappeler de nombreux faits historiques ou légendaires, puisant dans l'histoire millénaire de l'abbaye de Cluny et dans l'histoire bimillénaire de Lyon.
Un enquêteur atypique, et un univers à découvrir.
Lien vers les éditions Héraclite
Lien vers Amazon



07:25 Publié dans Mes publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brice noval, polars, jean-jacques nuel, héraclite, lyon, bourgogne
dimanche, 06 novembre 2022
Mes polars : dossier critique
Un article de Frédéric Renaud dans le Journal de Saône-et-Loire :

Un article de Frédéric Renaud dans l'Exploitant agricole de Saône-et-Loire.
Avril à Cluny :
un article de Christian Cottet-Emard.
Un article dans le Journal de Saône-et-Loire (24 juillet 2021)
Un article dans Lyon People (septembre 2021) :
Le puits des Pénitents :
un article de Christian Cottet-Emard.
Un article dans le Journal de Saône-et-Loire (28 juin 2022) :
Balade funéraire
Un article de Jean-Pierre Longre.
06:59 Publié dans Mes publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polars, jean-jacques nuel, héraclite





