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jeudi, 14 août 2014

Les moments littéraires n° 32

les moments littéraires,cécile reimsDeux fois par an, la revue Les moments littéraires dirigée par Gilbert Moreau nous propose un dossier sur l’écriture intime. Le dernier numéro est consacré à Cécile Reims, artiste (graveur) et auteur au parcours atypique, née en 1927 à Paris de parents d’origine lituanienne. À la mort de sa mère, quelques semaines après sa naissance, son père décide de la confier aux grands parents maternels qui vivent en Lituanie. Une enfance merveilleuse et magique avant le retour à six ans à Paris auprès de son père. Juive, elle voit sa famille anéantie pendant la dictature nazie. Après la Libération, elle part en Israël pendant 18 mois, avant de revenir en France pour raisons de santé. En 1951 elle rencontre Fred Deux, dessinateur et écrivain (Les moments littéraires lui ont consacré le numéro 22), qu’elle épouse en 1956. Elle se met à la gravure avec Joseph Hecht, puis commence le tissage, entre autres pour des raisons alimentaires ; elle y rencontre un grand succès, travaillant notamment pour Dior. Puis elle abandonne cet artisanat pour revenir à la gravure, dans l’anonymat, en gravant les dessins de Hans Bellmer (travail bien rémunéré mais « clandestin », toujours signé par Bellmer, notamment pour des raisons de cote de l’artiste). Enfin, travaillant avec Fred Deux, ou seule, elle peut enfin affirmer son originalité au burin et à la pointe sèche, entre une gravure personnelle et la gravure d’interprétation.

L’écriture est venue tardivement, elle choisit l’autobiographie plutôt que la fiction car, dit-elle, « je n’ai aucun imaginaire et mon esprit n’est pas poétique ». Après L'Épure, édité en 1962, elle publie Bagages perdus (1986), Plus tard (2002), Peut-être (2010) et cette année, Tout ça n'a pas d'importance.

Le dossier s’ouvre par un portrait signé Pierre Wat, se poursuit par un long et passionnant entretien avec Gilbert Moreau. Suit un texte de Cécile Reims, « La ligne d’horizon », où l’on retrouve les thèmes du procès et de l’identité.

Signalons par ailleurs dans cette livraison des extraits du journal d’André Bay, « Vieillir, mourir », que l’auteur a tenu en 1996, l’année de ses 80 ans. Il évoque les atteintes de l’âge et l’approche de la mort, sans rien dissimuler de ses misères, mais en gardant lucidité et combattivité. « Il ne faudrait pas que penser à la mort m’empêche de vivre. »

 

Les moments littéraires n° 32. BP 30175, 92186 ANTONY Cedex. 12 €.

http://pagesperso-orange.fr/lml.info/

 

dimanche, 29 juin 2014

Patchwork n° 2

 

patchwork,anthony dufraisse

Paraissant deux (ou trois) fois l’an, voici à l’orée de l’été 2014 la nouvelle livraison de l’élégante revue Patchwork animée par Anthony Dufraisse, sous un habillage de Sébastien Lordez. D’un format réduit pour tenir dans une poche (revolver ou non), elle n’en compte pas moins 94 pages et un riche contenu. Un sommaire de qualité et éclectique, justifiant la citation en exerge de Georges Perros : « Il faudrait créer une revue d’une imprévisible diversité, façon patchwork ». Un peu d’histoire littéraire, avec Kenneth White parlant de Leopardi, Jacques Henric évoquant Leiris, ou Valérie Mrejen rendant compte d’une émission d’Apostrophes avec Georges Perec et Alain Robbe-Grillet ; de beaux poèmes de Nathalie Riera et Iskandar Habache ; une folle et délicieuse « histoire d’un carnet de timbres-poste ou Le Diable est dans les détails » de Maxime Caron et une rubrique finale « Le mot de la fin » tenue cette fois par Anthony Dufraisse et qui sera écrite par un auteur différent à chaque numéro. N’hésitez pas enfin à fureter sous la couverture à rabats : vous y trouverez des chroniques littéraires du maître des lieux intitulées « Sous les couvertures ».

L’un de mes textes « Sommeils » figure dans Patchwork n° 2 après être paru une première fois en 1999 dans la revue L’Infini n° 68.

Patchwork n° 2, 7 €. Ecrire à :

revuepatchwork@free.fr

mercredi, 25 juin 2014

Soleils levants

soleilslevants.jpgLa revue Passage d’encres a cessé sa parution régulière mais continue de produire des « hors séries ». Le dernier en date, intitulé « soleils levants », traite bien evidemment du Japon.

Andoche Praudel, céramiste, photographe, écrivain et grand connaisseur du pays, en est l’artiste invité. Il assure la coordination de cet ensemble, avec Atsuko Nagai et Martine Monteau. Cette dernière présente ainsi le Japon : « Ce pays de retenues et de décharge soudaine, de pudeurs et d’exaltation des sens, d’îlots séparés et de solidarités, où les énergies contraires défont périodiquement des cités entières, des milliers de vies ensemble, nous fascine et nous fait peur. »

L’archipel du soleil levant est vu aussi bien sous l’angle de ses traditions que sous celui de sa récente et tragique actualité : Fukushima. On y parle du nucléaire, du tremblement de terre, mais aussi des temples traditionnels, des missionnaires angevins au Japon depuis le 19e siècle, de cinéma, de théâtre et de poésie. De belles photos et illustrations complètent ce superbe numéro.

Soleils levants, Passage d’encres, 20 €.

Passage d’encres, Moulin de Quilio, 56310 Guern.

Passagedencre@orange.fr

 

jeudi, 20 février 2014

Les moments littéraires n° 31

lml31.jpgLa revue de Gilbert Moreau consacre son dernier numéro à Diane de Margerie. Romancière, critique littéraire, nouvelliste, traductrice, biographe, elle est l’auteur d’une œuvre diverse qui donne une large place à une certaine forme d’autobiographie. Sa jeunesse est marquée par l’errance, son père étant diplomate. Après Berlin, Londres, elle se retrouve à Shanghaï puis à Pékin au moment de l’invasion japonaise. Le père Theillard de Chardin, jésuite, en exil à Pékin, est son professeur de physique et lui prodigue ses conseils. Elle se retrouve ensuite en France, puis à Rome, où elle rencontre Alberto Moravia. Avant de se fixer à Chartres, lieu où elle écrit. « Quand j’ai fait le choix de venir habiter à Chartres, j’ai beaucoup pensé à Pékin. Je me demande s’il n’y a pas une sorte de réminiscence architecturale qui m’a fait aimer tellement cette ville où l’on accède au lieu sacré de la Cathédrale en traversant des ponts tout comme à Pékin où, pour me rendre à la Cité Interdite, je devais emprunter des ponts de marbre. » Elle livre sa conception de la littérature, qui ne doit pas « tout dire » : « L’intérêt du lecteur n’est pas qu’on lui serve tout le dicible. Ce qui l’intéresse et ce qui l’accroche, c’est le secret et l’indicible ; il doit donc décrypter. Je trouve qu’une littérature qui prétend tout dire est une littérature pauvre, sans poésie, répétitive, sans évasion. Les textes sont comme des fruits dont il faut extraire le suc. Le suc, c’est l’intime. »

Le dossier introduit par une belle étude de René de Ceccatty (« Les cinq portes de la fraternité poétique ») se compose d’un long entretien de Diane de Margerie avec Gilbert Moreau et d’un extrait d’une étude sur Proust, « Relation fraternelle : relation ambigüe ? », où elle s’interroge sur la disparition du frère Robert, cadet de deux ans de Marcel, dans La Recherche. « M'intrigue plus que jamais l’énigme de cette œuvre où Robert est effacé – « scotomisé » disent les psychanalystes. Quel travail mental ce dut être que de reprendre toute l’atmosphère de l’enfance et d’Illiers en effaçant Robert, le petit frère, forcément présent. »

Des extraits de journaux d'Anne Serre et de Katherine L. Battaiellie complètent ce passionnant numéro.

 

Les moments littéraires n° 31. BP 30175 92186 ANTONY Cedex. 12 €.

http://pagesperso-orange.fr/lml.info/

mercredi, 29 janvier 2014

Le dernier numéro de Passage d'encres

passage d'encres,hubert lucot,christiane tricoitDans un édito intitulé Bouclage, Christiane Tricoit nous informe que la revue Passage d’encres s’arrête avec le numéro 04 (de la série II), du moins sous sa forme papier. Mais les éditions continuent. Plus d’un millier d’auteurs et d’artistes ont été publiés depuis janvier 1996 sous cette enseigne, qui compte une cinquantaine de numéros de revue parus, des ouvrages, des estampes et œuvres originales éditées.

Ce numéro final contient des extraits d’un beau et émouvant journal d’Hubert Lucot, Deuil, tenu après la mort de son épouse. « Ce n’est pas l’absence d’A.M. que je ressens mais son silence, comme si elle parlait ailleurs. Elle m’a quitté pour un autre : le néant. » « Parfois, son absence est concrète : dans l’embrasure d’une fenêtre où elle soignait ses plantes. » Lucot livre aussi une série de collages, avec un commentaire de Daniel Pozner. Ouverte et diverse, la revue accueille des voix très différentes, comme Sylvie Reymond-Lépine, Gérard Cartier, Katia Roessel, Patrick Le Divenah, Michel Le Brigand, Christophe Stolowicki, Elisabeth Boëlle, Jacques Demarcq, Jean-Claude Monteil, Gérard Prémel (qui évoque la mémoire de Jean Sénac) et des dessins et photos de Geneviève Lassus, Claire Nicole, Amy Love, Andoche Praudel, Elina Achéron, Louis-Michel de Vaulchier, Oscar Yana, et Christiane Tricoit dont les talents de directrice de publication ne doivent pas éclipser ceux de la photographe. La revue sera restée jusqu’au bout fidèle à sa ligne : l’alliance et le dialogue de l’art et de l’écrit, la défense de l’éducation et de la culture « en ces temps de grande barbarie ».

Passage d’encres a également publié récemment :

- Nathalie Kremer, Diderot devant Kandinsky, Pour une lecture anachronique de la critique d’art, collection Trace(s).

- La Chambre du rêve, de Bruno Cany, collection Trait court.

- Le numéro # 03 de la revue, intitulé Transitions.

Revue Passage d’encres, série II. # 04 Décalages : Hubert Lucot / Décollages

Moulin de Quilio, 56310 Guern. 20 €.

http://www.inks-passagedencres.fr

 

mercredi, 11 décembre 2013

Editeurs : bons à tirer ?

chiendents 38 couv.jpgLa revue littéraire Chiendents consacre son numéro 38 à un dossier sur l’édition, au titre un brin provocateur, Éditeurs : bons à tirer ? Et c’est vrai que l’on parle toujours de la grande misère des auteurs, des libraires, mais jamais de celle des éditeurs, et spécialement des petits éditeurs.

Entre autres articles, on notera une lettre ouverte aux hommes et femmes de bonne volonté, de Luc Vidal, éditeur au Petit Véhicule, qui livre lucidement son expérience. Jean-Luc Nativelle nous parle de la galère d’une signature dans l’espace culturel d’un grand magasin, un grand moment de solitude sauvé par la gentillesse et l’intérêt d’une vendeuse. Gérard Cherbonnier, responsable des éditions du Petit Pavé, s’entretient avec Stéphane Beau : “Faudra-t-il éditer sous le manteau ?” et dresse un tableau objectif de la situation de l’édition. Roger Wallet retrace son parcours d’écrivain, depuis un premier succès (édition au Dilettante, passage chez Pivot, presse nombreuse) suivi d’un échec commercial, d’une tentative de monter une structure éditoriale et de la publication actuelle chez de plus modestes éditeurs. Dans un article ravageur, Stéphane Beau nous livre un portrait sans concessions de l’ingratitude des auteurs : “Toujours prompts à dénoncer les travers des éditeurs, les auteurs ont une fâcheuse tendance à hisser les libraires au sommet de la pyramide des métiers du livre, comme s’il s’agissait de la catégorie la plus noble. (…) Pour les auteurs, le passage par l’éditeur ne représente qu’une formalité technique, rien de plus qu’une étape obligée qui a en outre le grave défaut de ne pas être toujours de tout repos pour leur ego. Une fois que le contrat est signé, l’heureux auteur ne veut plus rien savoir de ce qui se joue dans les bureaux de son éditeur, ni dans l’atelier de l’imprimeur. Tout cela, c’est le travail de l’éditeur : l’auteur, créateur, pur esprit, est au dessus de ces réalités triviales. Par contre, s’il y a une chose que les auteurs adorent, c’est apercevoir leurs bouquins dans les devantures des libraires. Là ils se sentent grands, beaux, forts, puissants, comme si leur talent était décuplé par cette mise en visibilité de leur travail. La vitrine des libraires est comme un miroir où, Narcisses modernes, ils peuvent contempler le reflet de leur propre grandeur.” Et de conclure : “L’éditeur donne vie au livre ; il lui permet d’être. Le libraire caresse l’auteur dans le sens de son ego ; il lui permet de paraître.”

Un dossier passionnant, sans langue de bois, à lire par tous ceux qui veulent découvrir les coulisses de la petite édition.


Chiendents n° 38, éditions du Petit Véhicule, 4 €. Le blog des éditions.

jeudi, 12 septembre 2013

MICROBE 79

microbe,nuel,modèles réduitsLe 79e numéro de la revue Microbe vient de paraître !

J'en ai assuré la préparation et la coordination.

 

Au sommaire : StéphaneBeau
C
hristian Chavassieux
C
hristian Cottet-Emard
R
oland Counard
G
régoire Damon
B
ernard Deglet
C
hristian Degoutte
F
abrice Farre
J
ean-Marc Flahaut
A
lain Helissen
F
rédérick Houdaer
H
ervé Merlot
P
aola Pigani
S
téphane PratNuel - Modèles réduits.jpg
P
ascal Pratz
M
arlène Tissot

Les illustrations sont de Nicole Vidal-Chich

 

 

 

Les abonnés « + » reçoivent également, en supplément à la revue, le mi(ni)crobe 41 :

Modèles réduits de Jean-Jacques Nuel. Il s'agit d'un petit recueil contenant 22 textes brefs.

 

Plus d'infos ? ICI.

 

Pour tous renseignements, contacter ericdejaeger@yahoo.fr