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mercredi, 14 août 2013

Les moments littéraires n° 30

 

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À l’occasion des 15 ans de la revue de l’écrit intime Les moments littéraires, Sempé a illustré la couverture du numéro 30. Cette livraison est consacrée principalement à Catherine Robbe-Grillet, avec un portrait signé Catherine Corringer, un entretien avec Gilbert Moreau et un texte inédit. L’œuvre littéraire de Catherine Robbe-Grillet se présente sous la forme d’un diptyque avec, d’une part, ses récits où dominent ses expériences de maîtresse de cérémonie sadomasochiste et, d’autre part, ses écrits intimes (journal et correspondance). Dans l’entretien préliminaire où elle évoque sa vie avec l’écrivain Alain Robbe-Grillet, elle livre un aperçu intéressant sur la censure : « Jusque dans les années 70, la censure était le fait de l’État. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de censure d’État, la relève a été prise par des associations de défense de minorités, ou considérées comme telles. » Dans ce même numéro, on pourra lire également un témoignage hallucinant de Jeanne Hyvrard sur la vie d’enseignant dans un lycée de banlieue, et un texte présenté par Philippe Lejeune et Catherine Viollet : Gnothi sauton, qui fut en Allemagne une revue annuelle dirigée par Karl Phillip Moritz de 1783 à 1793, composée uniquement de textes autobiographiques et de témoignages, destinée à servir de base à une « science de l’expérience de l’âme ».

En 15 ans, Les moments littéraires ont publié 140 auteurs, connus ou inconnus.

Signalons que la revue édite aussi un deuxième hors-série, « Objet du livre », consistant en un livre et un DVD autour de l’artiste Max Gold. Ce potier a laissé une pièce de quarante mètres carrés où durant trente ans une sédimentation d’objets a envahi l’espace, contenant transformé en un ouvrage singulier dont aucun élément ne peut être enlevé, une sorte de tableau en trois dimensions. L’homme se révèle progressivement à travers ces reliques. Le livre et le film sont d’Hélène Gold.

 

Les moments littéraires n° 30, BP 30175, 92186 ANTONY cedex. 12 €.

http://pagesperso-orange.fr/lml.info

 

vendredi, 12 juillet 2013

Patchwork, revue littéraire

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Il convient de saluer une nouvelle revue littéraire, surtout quand elle a choisi de s’incarner dans le papier. Anthony Dufraisse, qui avait lancé voici quelques années la revue Mercure, est le maître d’œuvre de ce projet. En exergue, une citation de Georges Perros donne le ton : « Il faudrait créer une revue d’une imprévisible diversité, façon patchwork. » Son rythme de parution prévu est de deux numéros l’an.

C’est d’abord, visuellement, un très bel objet de format 11 x 17, 5 cm, sous une élégante couverture violette à rabat, créée par le graphiste Sébastien Lordez. Un sommaire diversifié et de qualité, à commencer par un extrait du Journal de 1929 de John Cowper Powys (traduit par Jacqueline Peltier). L’auteur américain a alors 56 ans et pense abandonner ses épuisantes tournées de conférences, quitter Greenwich Village pour se retirer à une centaine de kilomètres au nord de New York et se consacrer à l’écriture. Les pages reproduites parlent de son installation à la campagne et de la découverte de la nature. Suivent des contributions d’auteurs connus, dont Jean-Michel Maulpoix, Yves Leclair, Denis Grozdanovitch, Gil Jouanard, Jacques Jouet. Stéphane Beau ferme la marche avec ses "apories".

 

Patchwork, numéro 0, Juin 2013. 7 €.

Pour renseignements et commandes, écrire à revuepatchwork@free.fr

 

mardi, 18 juin 2013

Passage d'encres II, 2

passage d'encres,christiane tricoitDeuxième numéro de la série II de la revue d’art et de littérature Passage d’encres, dirigée par Christiane Tricoit depuis de nombreuses années, cette récente livraison, intitulée D’insolites jardins, séduit par sa mise en page, son format original, ses illustrations, la qualité de ses textes. Sur le jardin, thème de ce numéro, se succèdent des variations en vers ou en prose de nombreux auteurs, notamment Gérard Prémel, Philippe Jaffeux, Claude Maillard (le jardin Z de la Relige, un beau texte magnifiquement mis en page et illustré), Guillaume Decourt, Yves Boudier, Daniel Pozner, Sylvie Reymond-Lépine, Christiane Tricoit. Philippe Clerc nous livre des extraits de OX. La dominante de Passage d’encres : une poésie moderne et de recherche mais constamment lisible.

Ce numéro contient aussi un dossier abondamment illustré : « Le regard de Simone Prouvé ». Simone Prouvé fait des photos parallèlement au tissage (création de tissus d’ameublement et de tapisseries) depuis l'âge de 20 ans. Elle photographie avec son Leica des lieux insolites – usines désaffectées, arbres morts, jardins ouvriers, cabanes, hangars, tôles, épouvantails… pour en faire des compositions aux allures de tableaux abstraits.

Signalons que la revue prolonge son activité par une maison d’édition, proposant de petits recueils dans sa collection Trait court. On peut y lire Andoche Praudel, Philippe Clerc, Hubert Lucot, Michelle Labbé…

Passage d’encres, Moulin de Quilio, 56310 Guern. 20 €. Abonnement 40 €.

www.inks-passagedencres.fr

samedi, 13 avril 2013

Chiendents 28

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La revue d’art et de littérature Chiendents consacre son numéro 28 à « Jean-Jacques Nuel, auteur en stéréoscopie ». Ce dossier de 40 pages illustré de photos comprend : un entretien avec Stéphane Prat, une étude de Christian Cottet-Emard, des articles critiques sur les livres publiés, des extraits de Courts métrages (Le Pont du Change, 2013), de Portraits d’écrivains (Editinter, 2002), des romans Le Nom (A Contrario, 2005) et L’autoroute (inédit).

Ce numéro a été coordonné par Stéphane Beau, qui en parle sur son blog.

Chiendents 28 peut être commandé auprès de l’éditeur : Editions du Petit Véhicule, 20 rue du Coudray, 44000 Nantes, pour la somme de 5 €  (3 € + 2 € de port).

 Il peut également être acheté en ligne sur le site des éditions.

mercredi, 20 février 2013

Les moments littéraires n° 29

La 29e livraison de cette revue passionnante (c’est la seule revue que je lis chaque fois de la première à la dernière page !) consacre un dossier à Georges-Arthur Goldschmidt, écrivain, essayiste et traducteur de Kafka et de Handke. Né en 1928 dans une famille de Hambourg d’origine juive convertie au protestantisme, imprégné de culture allemande, il découvre à 15 ans, alors qu’il est réfugié en France, sa judéité. Son œuvre autobiographique revient inlassablement sur ces années adolescentes, et la construction de sa personnalité entre onanisme et châtiments corporels. Georges-Arthur Goldschmidt (GAG pour les intimes) a choisi d’écrire en français, car « tout ce qui était allemand recelait une vague menace ».  Comme la France, pays de l’exil salvateur, la langue française lui apparaît comme un refuge durable, la langue maternelle étant celle de la persécution, et la langue adoptive celle d’une nouvelle naissance. Dans un entretien avec Gilbert Moreau, il affirme qu’ayant survécu, son existence est une chance. « J’ai toujours considéré ma vie comme un cadeau qui m’était fait, auquel je n’avais pas droit. Pour moi, vivre est tous les jours une surprise, presque une action de grâce. Je suis dans l’illégitimité ». Le dossier livre un extrait d’un texte inédit, Épisodes.

On découvrira aussi dans ce numéro des lettres de Marcel Jouhandeau adressées à Jean Donostia (auteur bien oublié dont Les moments littéraires ont parlé dans le précédent numéro), une réflexion de Denis Grozdanovitch sur le surréalisme à l’occasion de sa découverte au cimetière de Bailleul de la tombe de Léona Delcourt, la Nadja de Breton, et les chroniques attentives d’Anne Coudreuse.

Les moments littéraires n° 29, BP 30175, 92186 Antony Cedex. 12 €

http://pagesperso-orange.fr/lml.info/


mercredi, 22 août 2012

Les moments littéraires n° 28

Le numéro 28 de cette toujours passionnante revue animée par Gilbert Moreau nous offre deux belles rencontres : Philippe Forest et Jean Donostia.

Philippe Forest, qui enseigne à l’université de Nantes, est essayiste (sur Aragon, Sollers, Tel Quel) et romancier. Toute l’œuvre de cet auteur nait d’une disparition : celle de sa fille Pauline, à l’âge de quatre ans. Selon Michaël Ferrier, « loin de céder à l’idéalisation et à la consolation par les mots, Forest écrit des romans violents, racontant la mort sous son visage le plus inacceptable – la description de la mort de sa fille dans L’enfant éternel est l’une des plus terribles de tout le roman français. »

Jean Donostia, décédé en 2003, inconnu et oublié (deux romans publiés en 1960 et 1973 chez Calmann-Levy) est l’auteur d’un Journal dont les extraits reproduits sont d’une grande qualité. Philippe Lejeune, spécialiste de l’autobiographie, présente cet auteur qu’il a rencontré dans le cadre de l’APA (association pour  l’autobiographie). « Qu’avait fait dans la vie Jean Donostia, à part être écrivain inconnu ? Apparemment, rien. Un métier ? Les hasards d’une naissance illégitime l’en ont dispensé. Son père ne l’a pas reconnu, mais l’a richement doté. » Vivant à Cannes, ville qu’il détestait, il tenait une correspondance avec Marcel Jouhandeau et Simone de Beauvoir. Même s’il fait la part un peu trop belle à son désespoir et ses maladies, Donostia sait trouver de superbes formulations : « Quand on s’ennuie, pourquoi vouloir se joindre à quelqu’un qui s’ennuie aussi ? Les deux ennuis ainsi réunis, s’augmentent l’un de l’autre, à la façon de deux et deux mis côte à côte qui font vingt-deux » ou, après avoir retrouvé par hasard et « subi » un ancien camarade d’école : « Je ressors toujours de ces épreuves aussi plat qu’une blatte, et aussi humble, avec la même envie de courir vite, le long des murs, pour m’échapper. » Cette découverte touchante est l’occasion de s’interroger sur la frontière très étroite qui sépare l’écrivain qui a réussi de celui qui a échoué.

 

Les moments littéraires n° 28, BP 30175, 92186 Antony Cedex. 12 €

http://pagesperso-orange.fr/lml.info/

 

jeudi, 21 juin 2012

Transversale scandinave

passage d'encres,revue littéraire, piet linckenLa superbe revue Passage d’encres consacre son 44e numéro (octobre 2011) à la littérature scandinave. Piet Lincken est à la fois l’artiste invité et le coordonnateur de ce numéro. Belge d’origine franco-suédoise, né à Caen en 1969, poète, dramaturge, nouvelliste, compositeur, musicien, plasticien, traducteur de la littérature de langue suédoise et norvégienne, Lincken mène un travail protéiforme et nous livre ici des photos, des peintures, des poèmes et un monologue théâtral. Au seuil de ce panorama nordique, il s’interroge sur la spécificité de cette littérature qui n’a pas d’unité géographique ni linguistique, composée de langues si différentes, et voit la caractéristique de la Scandinavie dans la « relation à l’espace, un espace de nature, une relation à la nature, et donc une relation de Soi, solitaire, à  l’environnement, et par extension du Je au Ils, du Moi à la société. » L’anthologie, entrecoupée d’entretiens et d’études, propose des textes en version souvent bilingue de Tomas Tranströmer (prix Nobel), Tone Aanderaa, Le Näck, Selma Lagerlöf, Lucien Nosloj, Lina Ekdahl. Dans un entretien avec Anny Romand, Gao Xingjian, prix Nobel de littérature, très attiré par la littérature nordique, voit une grande proximité entre son œuvre picturale et les paysages suédois : « Les photos que j’ai faites en Suède sont assez proches de mes tableaux. Cette grisaille, la neige, le ciel gris, le blanc tout autour. Et pas beaucoup de monde… » Il déplore dans notre monde contemporain l’invasion du bruit, de l’excès d’informations qui nous empêche de penser. « Le dialogue de la nature et de la solitude est indispensable dans la vie humaine. »

Enrichie de reproductions d’œuvres, la revue, dirigée par Christiane Tricoit, connaît aujourd’hui un prolongement sur internet, avec le site INKS.

 

Passage d’encres, 16 rue de Paris, 93230 Romainville.22 €.

www.inks-passagedencres.fr