mardi, 10 février 2026
Les Moments littéraires n° 55 (Hélène Hoppenot)
La revue Les Moments littéraires, dirigée par Gilbert Moreau, spécialisée dans l'écriture intime et les journaux littéraires, consacre entièrement son numéro 55 à Hélène Hoppenot.
Née à Paris en 1894, Hélène Delacour épouse Henri Hoppenot, diplomate. Elle suivra son mari dans ses différents postes (Rio de Janeiro, Téhéran, Santiago du Chili, Berne, Beyrouth, Berlin, Pékin, Paris, Montevideo, Washington, Berne, New-York, Saïgon). Tout commence en 1917 quand son mari est nommé secrétaire d'ambassade à Rio de Janeiro ; le couple rejoint le ministre plénipotentiaire Paul Claudel et son secrétaire personnel Darius Milhaud.
Dès ce moment, Hélène Hoppenot tient son Journal intime où elle brosse notamment les portraits des hommes politiques ou des artistes qu’elle rencontre. Elle ne le délaissera que pendant les quatre années en Chine, remplaçant sa plume par un Rolleiflex car « ce qui est parfait ne se raconte pas » et c’est par la photographie qu’elle captera la vie quotidienne, les paysages, les traditions, les monuments de ce pays.
Au sommaire de ce numéro exceptionnel, on découvre d'abord un portrait de Romain Gary élaboré avec les nombreuses entrées du Journal consacrées à cet écrivain qui fut nommé, en 1950, à l’ambassade de France à Berne alors qu’Henri Hoppenot était ambassadeur. Il s’en suivra une longue amitié entre l’écrivain et le couple. On apprend beaucoup sur l'homme Gary, à la fois charmant et excessif.
Ensuite, Hélène Hoppenot tire un portrait fidèle en quelques phrases des personnalités qu’elle côtoie (Louis Aragon, Joséphine Baker, Georges Bidault, Brancusi, Blaise Cendrars, Winston Churchill, Paul Claudel, Colette, Charles de Gaulle, Saint-John Perse, André Malraux, François Mauriac, Darius Milhaud, Henry de Monfreid, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre, Érik Satie…).
Elle est lucide, objective, exacte, et ne cherche pas à dissimuler les travers ou les défauts physiques des personnes rencontrées. Elle décrit, sans souci de plaire ni d'édulcorer – ce Journal n'étant pas a priori destiné à la publication. C'est à la fois un témoignage de première main, intéressant pour l'histoire littéraire et artistique, et un plaisir de lire ses notes sans filtre, sans retenue où elle peut se montrer à l'occasion cruelle.
Florilège. Aragon : « Il a grisonné et conservé cet air hypocrite de chat qui s'apprête à laper de la crème en surveillant les alentours. Grande amabilité cachant un grand fanatisme. » Claudel : « Paul Claudel est plutôt petit. Cheveux châtains, yeux d'un très beau bleu, bouche sarcastique et sensuelle, un peu trop recouverte par une moustache inégale et court taillée. Si le visage est ingrat, le regard est magnifique ; le corps semble prêt à dégager une charrue embourbée. » Malraux : « Maigre et blafard, les yeux globuleux, cent pour cent cérébral. Les mots, les phrases se bousculent dans sa bouche, ses gestes saccadés se transforment en feu d'artifice de tics, et la gymnastique mentale qu'il vous oblige à faire à sa suite vous laisse aussi courbatu qu'après une forte grippe. » Sartre : « Sa vive intelligence et son animation ne peuvent me faire oublier son œil opaliné de chien mort, tombant sur une joue dont la peau est rugueuse et luisante. Il m'inspire une vraie répulsion physique. « Vous savez qu'il a de nombreux succès féminins ? », me dit-on. Affreux à penser. »
En revanche elle ne tarit pas d'éloges sur Erik Satie ou Adrienne Monnier.
Le portfolio regroupe une dizaine de portraits d’Hélène Hoppenot réalisés par Henri Hoppenot, Paul Claudel et Marie Roberte Dolléans-Guignard.
Photo : Hélène Hoppenot, posant pour Paul Claudel en juillet 1918 au Brésil.
Les Moments littéraires, n° 55. 132 pages. 19 €.
BP 90986 75829 Paris cedex 17
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mardi, 15 juin 2021
Les Moments littéraires n° 46
Au fil de ses numéros semestriels, la revue de l'écriture intime Les Moments littéraires est décidément passionnante. Alors que Simone de Beauvoir et Sartre ne sont pas ma tasse de thé, j'ai été néanmoins très intéressé par ce numéro spécial Beauvoir, riche d'informations sur la vie littéraire parisienne de l'après-guerre et sur la naissance de l'oeuvre de l'auteure.
Simone de Beauvoir a été toute sa vie une grande diariste, mais de manière intermittente. Deux extraits de son Journal sont reproduits, datant des années 45 et 46. Dans l'euphorie de la Libération et de l'émergence de sa notoriété littéraire, elle prend plaisir à transcrire le foisonnement de son existence et « ce goût pathologique de la vie » qu'elle pense tenir de sa mère. Elle se trouve au centre de ce bouillonnement intellectuel, artistique et politique de Saint-Germain-des-Prés, au milieu d'un tourbillon d'amis et de connaissances. Tous fréquentent le Café de Flore et Les Deux Magots, Beauvoir y travaille, y corrige les épreuves de ses livres, y reçoit ses amis, y vit. C'est leur quartier général. Déjà ils rejettent Camus. « On a parlé de Camus qui ne se décide toujours pas à sortir son livre et Genet a dit, ce qui est très juste : « Ce qu'il y a avec Camus, c'est qu'il croit qu'il est déjà Camus ». Bost est complètement dégoûté de Camus et il a achevé de nous en dégoûter Sartre et moi. »
Elle part pour l'Espagne et le Portugal. Comme elle sort d'une France en ruines, appauvrie, affamée, d'un monde de la rareté où vêtements et aliments sont parcimonieusement limités en échange de tickets, la première chose qui la frappe à Madrid, c'est l'abondance, le luxe oublié des magasins regorgeant de nourritures et de produits. Mais dans les quartiers plus éloignés, elle découvre une grande misère.
Elle parle de certaines filles qui draguent Sartre. « Au lieu de penser qu'un type a toujours un peu envie de baiser une femme jeune et jolie, et que ça ne prouve rien, elles jouent du cul et après ça elles prennent le désir du type pour un amour d'âme. Sartre me fait remarquer que si les hommes se mentent moins touchant les femmes, ils mentent sur leur carrière, leur valeur, etc. C'est juste. Mais ils se mentent, tandis que les femmes sont menties, elles appellent le mensonge de l'homme ; c'est lié à leur situation de dépendance bien sûr. Décidément je voudrais écrire sur les femmes. »
Elle écrira Le Deuxième Sexe, trois ans plus tard.
Dans La Force des Choses, elle évoque à plusieurs reprises Blossom Douthat, une jeune américaine qui, au cours d'un séjour en France, lui écrit et la rencontre. Pleine d'admiration pour Simone de Beauvoir devenue son idole et sa maîtresse à penser, Blossom tiendra un journal de 17 volumes (7000 pages) qu'elle laissera à Beauvoir (qui le juge « extraordinaire et extravagant ») avant de retourner aux États-Unis. Les Moments littéraire en publient l'année 1958.
La revue livre aussi un extrait du Journal de Benoîte Groult, daté de 1964. Sa fille, Blandine de Caunes, souligne dans son introduction que « le journal intime est depuis toujours une tradition familiale chez les Groult. Nicole, ma grand-mère, avait décrété que ses filles avaient deux obligations chaque soir : se laver les dents et écrire leur journal qui, régulièrement, devait lui être lu à haute voix... »
Les Moments littéraires, 16 €, BP 90986, 75829 Paris Cedex 17.
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jeudi, 16 janvier 2020
Les moments littéraires n° 43
Amiel & Co.
La revue Les moments littéraires, animée par Gilbert Moreau, présente un copieux numéro 43 consacré aux diaristes suisses, intitulé Amiel & Co.
La Suisse semble être une terre d’élection pour l’introspection.
Jean-Jacques Rousseau avait ouvert la voie avec ses Confessions. Amiel lui a emboîté le pas avec son monumental Journal, et, à sa suite, sont venus Jaccottet et ses semaisons, Georges Haldas et ses carnets ainsi que Maurice Chappaz, Alexandre Voisard, Gustave Roud, Alice Rivaz, Ramuz...
Après une introduction de Jean-François Duval, ce numéro rassemble des extraits de journaux intimes d'écrivains suisses de langue française. Au sommaire du n°43 : Henri-Frédéric Amiel, Anne Brécart, Corinne Desarzens, Jean-François Duval, Alexandre Friederich, René Groebli, Roland Jaccard, Jean-Louis Kuffer, Douna Loup, Jérôme Meizoz, Jacques Mercanton, C. F. Ramuz, Noëlle Revaz, Jean-Pierre Rochat, Gustave Roud, Daniel de Roulet, Catherine Safonoff, Monique Saint-Hélier, Marina Salzmann, François Vassali, Alexandre Voisard, Jean-Bernard Vuillème, Luc Weibel.
Tous les textes sont inédits, hormis ceux de Amiel, Ramuz et Saint-Hélier.
Simultanément, la revue sort un numéro hors-série de 350 pages consacré à la correspondance entre Henri-Frédéric Amiel et Élisa Guédin. Une édition établie et annotée par Gilbert Moreau et Luc Weibel.
Dans la dernière partie de sa vie, Amiel a engagé un échange de lettres avec une jeune femme rencontrée chez l'un de ses collègues universitaires, Élisa Guédin. L'éternel candidat au mariage qu'il était a-t-il songé à l'épouser ? D'entrée de jeu, elle le prévient qu'il n'en est pas question, en recourant à cette formule : « Homme ne puis, femme ne daigne, âme suis. »
Une double et très riche livraison, qui fait des Moments littéraires la revue incontournable de l'écriture intime.
Les Moments littéraires n°43 avec un cahier de 8 photographies de René Groebli
16 € pour la France, 26 € pour l'étranger (frais de port inclus)
Le hors-série 21 €.
10:22 Publié dans Revues littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amiel, les moments littéraires, diaristes suisses
dimanche, 30 juin 2019
Les moments littéraires n° 42
La revue de littérature Les moments littéraires animée par Gilbert Moreau vient de sortir son 42e numéro consacré à Claudie Hunzinger.
Artiste plasticienne et romancière, Claudie Hunzinger habite en montagne depuis 1965 avec son compagnon. « Nous n'avons jamais eu de projet ni de plan de vie. Nous avons été menés par un rêve qui faisait la loi. Francis cherchait une ferme ; je l'ai accompagné. Sans penser plus loin. J'étais entièrement là, et seulement là. » Elle ne bouge guère de son coin des Vosges, faisant de l’immobilité un concept d’aventure. Elle dit qu’on peut explorer le monde sur place, déchiffrer un minuscule territoire et que celui-ci devient alors un champ de découvertes, d’expérimentations et de rêve aussi passionnant qu'un continent inconnu. « Je pourrais y passer encore 300 ans sans bouger. En 50 ans le monde s'est ramassé ici, condensé ici tout en se déployant sur place. Comme un monde dans le monde dont l'énergie avalerait tout. »
Claudie Hunzinger va ainsi d’expositions sur le thème du végétal où elle présente des Pages d’herbe géantes, à des romans liés à la nature.
Elle a publié Bambois, la vie verte (Stock) ; Elles vivaient d'espoir ; La Survivance ; La langue des oiseaux ; L'incandescente ; Les grands cerfs (Grasset).
Le dossier Claudie Hunzinger
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Pierre Schoentjes, L’architecture des branches : Claudie Hunzinger, de la vie verte aux grands cerfs
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Entretien avec Claudie Hunzinger
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Claudie Hunzinger, Office des morts et des vivants
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Béatrice Commengé, Utopie
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Yoshiko Watanabe, Ecrivez !
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Emma Pitoizet, Cahier des enfants
On retrouve également dans ce numéro Isabelle Mège (avec entretien et photos), Stéphane Lambert, Jean-Pierre Georges et Anne Coudreuse.
Les Moments littéraires, BP 90986, 75829 Paris Cedex 17, 12 €.
17:26 Publié dans Revues littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les moments littéraires, claudie hunzinger
samedi, 02 mars 2019
OUSTE 2019
Mon poème "Équinoxe" parait dans le numéro annuel (n° 27) de la revue OUSTE.
Ce texte était auparavant paru sur le site de la revue FRACAS, en français et en traduction espagnole.
13:36 Publié dans Revues littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ouste, équinoxe, jean-jacques nuel, poésie
mardi, 29 janvier 2019
Les moments littéraires n° 41
Après avoir fêté ses 20 ans d'existence dans le numéro précédent, la revue de littérature Les moments littéraires animée par Gilbert Moreau livre son 41e numéro consacré à Fabienne Jacob.
Née à Créhanges en 1959, Fabienne Jacob a grandi en Moselle jusqu'à ses 17 ans. Après un an d'enseignement à Mayotte, elle rentre à Paris pour exercer diverses professions avant de se consacrer à la littérature. Ses romans qui explorent l'enfance, le corps, le désir sont publiés aux éditions Gallimard et Buchet-Chastel.
Dans son texte "L'humanité" confié à la revue, elle évoque avec lucidité les séances de signature.
« On m'invite dans des librairies, des salons du livre. (…) Je sais qu'il ne faut pas y aller. Chaque fois je me dis Plus jamais. Chaque fois j'y retourne. Je fais le job. Ça m'abîme, ça m'humilie. Je suis propulsée au milieu de mes congénères. Des humains qui grouillent sous les chapiteaux des salons et qui vont voir des auteurs comme on allait voir des Noirs en cage ou des femmes à barbe il n'y a pas si longtemps. Je suis assise derrière ma pile de livres, seule, attendant le chaland. Une pute. Un Noir en cage, une femme à barbe. Les gens s'approchent, me dévisagent. D'abord moi, puis mes livres. Les livres aussi ont un visage. Alors, on va faire affaire, oui ou non ? »
Si deux de ses livres n'intéressent strictement personne, en revanche, « Les passants sont comme aimantés par Corps, Mon âge et Un homme aborde une femme. On ne dira jamais assez l'importance d'un titre. Les gens veulent qu'on leur parle d'eux, il n'y a que ça qui les intéresse. Leur corps, leur âge, leurs amours, leur famille, en un mot, eux, leur vie. »
Le dossier Jacob comprend des contributions de Marie-Hélène Lafon, Claudie Hunzinger, Julien Thèves. On trouve également dans ce numéro des photographies d'Elina Brotherus (avec un entretien), des extraits de journaux de Françoise Ascal, Gilles Ortlieb et Madeleine Denis. Cette dernière, fille du peintre nabi Maurice Denis et épouse du poète Jean Follain, a signé ses premiers tableaux sous le nom de Dinès.
Les Moments littéraires, BP 90986, 75829 Paris Cedex 17, 12 €.
09:55 Publié dans Revues littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les moments littéraires, fabienne jacob
dimanche, 20 mai 2018
Les Moments littéraires n° 40
La revue de littérature portée par Gilbert Moreau fête ses 20 ans et son quarantième numéro. Depuis l'origine, elle publie récits autobiographiques, carnets de notes, journaux intimes, correspondances. Plus de 180 auteurs ont été publiés et 33 dossiers consacrés à des écrivains dont l'œuvre fait une part importante à l'écrit intime.
Pour l'occasion, Les Moments littéraires ont choisi de mettre le journal intime à l'honneur. En mars 2017, la revue a proposé à des écrivains de publier les pages de leur journal qu'ils tiendraient entre le 23 et le 29 octobre 2017. La même semaine pour tous. Vingt-cinq auteurs ont accepté de jouer le jeu des « feuilles d'automne ».
Cette contrainte de date risque toutefois de modifier le journal, non dans sa sincérité, mais dans sa spontanéité. « Je me demande ce que peut être un journal dont on sait à l'avance qu'il sera publié. », se demande Marcelin Pleynet.
Dominique Noguez va plus loin : « Tout en acceptant son offre, j'avais fait à Gilbert Moreau, directeur de cette revue, l'objection que le fait, pour un journalier, de savoir à l'avance que telle partie de son journal non encore écrite sera publiée risque d'en perturber la spontanéité, de même qu'on ne fait pas la même tête si l'on parle dans la pénombre ou sous la clarté d'un projecteur. »
Mais à lire tous ces extraits de journaux, la plupart tenus par des diaristes ou romanciers connus (Juliet, Bergougnioux, Ernaux... ), ou par des auteurs plus secrets (Hervé Ferrage, qui est une vraie découverte), on s'aperçoit que la contrainte n'a pas trop altéré l'exercice. Chaque auteur a ses préoccupations, ses manies, son style d'écriture, se livre avec ses qualités et ses défauts dans ce numéro témoin de la richesse et de la grande variété du journal intime.
Michel Braud livre une étude introductive, « Lire les journaux intimes », dans laquelle il montre la spécificité et l'intérêt de ce genre littéraire.

Au sommaire du numéro 40 :
Pierre Bergounioux, René de Ceccatty, Anne Coudreuse, Colette Fellous, Claire Dumay, Roland Jaccard, Lambert Schlechter, Charles Juliet, Belinda Cannone, Annie Ernaux, Lydia Flem, Marcelin Pleynet, Béatrice Commengé, Michel Braud, Emmanuelle Pagano, Hervé Ferrage, Jocelyne François, Dominique Noguez, Patrick Combes, Denis Grozdanovitch, Christian Garcin, Camille Laurens, Anne Serre, Régine Detambel, Fabienne Jacob, Jeanne Hyvrard.
Les Moments littéraires, BP 90986, 75829 Paris Cedex 17
07:35 Publié dans Revues littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les moments littéraires, journal


