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samedi, 21 janvier 2006

L'année de la revue

medium_lpl-couv-no2bis.jpg2006 devrait être pour moi l’année de la revue ! En espérant que je ne vais pas « être de la revue »…

 

Dans La presse Littéraire n° 2 qui vient de paraître en kiosques, je commence une chronique en feuilleton « Revue de détail », consacrée aux revues littéraires. L’idée que j’ai défendue auprès de Joseph Vebret est un projet de chronique qui ne serait pas une simple recension ou un survol rapide, comme on peut en lire dans Le Magazine littéraire, mais un véritable espace de présentation et de critique détaillée des revues. Actuellement, de telles chroniques sont plutôt absentes de la presse littéraire et culturelle, à l’exception du Matricule des Anges, magazine qui consacre depuis l’origine une à deux pages aux périodiques, mais son choix subjectif ne couvre qu’une partie de l’éventail des revues.

Par ailleurs, je travaille à la deuxième édition de mon guide La revue, mode d’emploi, précédemment paru en 1999 au Calcre, et qui devrait être republié dans les prochains mois aux éditions de L’Oie plate. Une nouvelle édition actualisée, revue et augmentée pour tenir compte des changements intervenus dans la réglementation et surtout de la nouvelle donne issue de l’Internet. Si la révolution annoncée de l’édition électronique n’a pas véritablement eu lieu, le livre étant resté indétrônable, en revanche, de nombreuses revues « en ligne » se sont créées, offrant de nouveaux espaces aux créateurs, et des revues papier ont compris tout l’intérêt qui s’attache à compléter leur support traditionnel par un site, un blog ou une newsletter, augmentant ainsi leur visibilité.

La chronique Revue de détail sera régulièrement mise en ligne sur ce blog, lorsque les numéros correspondants de La presse Littéraire ne seront plus disponibles en kiosques.

lundi, 02 janvier 2006

De la dangerosité de la fonction de critique

(En hommage à l’ami Christian Cottet-Emard, cette anecdote qui pourrait alimenter son feuilleton « Tu écris toujours ? »)

 

Si l'aventure est paraît-il au coin de la rue, le danger peut naître de l’activité en apparence la plus casanière et la plus minuscule qui soit : la critique littéraire, et en l’occurrence, revuistique.
Ayant rédigé pendant plusieurs années des articles critiques, essentiellement sur les revues littéraires dans le magazine Ecrire & Editer, je pratiquais une sorte de « critique objective » ; je rendais compte d’abord des revues par leur extérieur et leurs caractéristiques formelles : format, nombre de pages, prix, périodicité, nombre et qualité des illustrations, couleurs d’impression, qualité de la typographie, qualité du papier et de la couverture, répartition et importance des composantes du contenu, et j’en tirais des conclusions. Je commençais toujours mes recensions avec un double-décimètre à la main, notant soigneusement la largeur, la hauteur, l’épaisseur du dos carré. Puis je passais au fond, avec une franchise et parfois une violence verbale qui m’ont valu bien des déboires.
Dans Ecrire & Editer, je n’ai pas manqué d’être sévère dans mes jugements et de blesser les autres. C’est la règle du jeu, à laquelle en tant que créateur je n’échappe pas : mes œuvres littéraires publiées n’ont pas recueilli que des échos favorables, et ce présent blog m’a valu bien des reproches, tant sur son projet que sur les idées exprimées. Il faut savoir accepter la critique négative, même si elle nous apparaît injuste, même si elle nous blesse, car elle fait partie de la vie, comme les divergences d’opinions et de goûts. Faire l’unanimité sur son œuvre est un rêve de malade mental ou d’orgueil sans bornes. Il me revient en mémoire à ce propos un incident particulièrement notable et révélateur – une agression - qui se produisit lors d’un Salon de la Revue, à l’Espace des Blancs-Manteaux, à Paris. Je me trouvais sur le stand de Salmigondis, discutant avec les responsables du magazine, qui jouxtait la table de la revue Trouduc (je change le nom de la revue – mais pas son esprit ! – pour limiter les polémiques.) Soudain, le responsable de cette dernière revue se tourna vers moi, blême et tremblant de rage rentrée :
- Vous êtes Jean-Jacques Nuel ?
Je ne pus qu’acquiescer, la réponse étant évidente, et m’attendant à tout, même au pire. Et le pire arriva.
- Vous avez écrit dans Ecrire & Editer un article sur notre revue, qui est la seule critique négative que nous ayons eue !
- Ah bon. Et alors ?
- Vous avez écrit que le lecteur se trouve devant notre revue « comme une poule devant un couteau » ! Je ne connaissais pas le sens de cette expression, je l’ai vérifiée, c’est un jugement très négatif, le seul de notre dossier de presse !
Etonné d’abord qu’un individu apparemment si content de lui-même ignore le sens d’une expression courante, je me remémorais cet article, en me disant que cette expression convenait bien à ce j’avais éprouvé et continuais de penser. J’entrepris de me justifier, de lui dire que pour moi, un objet littéraire (roman, recueil ou revue) doit être porteur de sens, et que tout en reconnaissant la grande qualité de réalisation de Trouduc, je ne comprenais pas le sens de leur projet, dont l’originalité ne suffisait pas à me satisfaire. L’échange en resta là, le prolonger eût été dialogue de sourds, et nous restâmes, lui avec sa colère d’avoir eu une critique moins positive au milieu d’un concert impressionnant de louanges, moi avec ma perplexité devant la susceptibilité de certains membres du milieu littéraire.
Intrigué par cet incident, j’ai relu depuis l’article incriminé, et n’y ai pas trouvé de quoi, comme on dit, fouetter un chat.

vendredi, 30 décembre 2005

TsimTsoûm n° 1

L'évènement revuistique de l'année (et le site)

medium_tsts01.2.jpgAprès avoir attendu sa parution plusieurs mois, et être allé trois fois à l’étonnante librairie-galerie Le Bal des Ardents (17 rue Neuve, 69001 Lyon), j’ai enfin pu découvrir le numéro inaugural de la revue TsimTsoûm. Ce nouveau magazine semestriel succède à feu « Cancer ! », et est dirigé comme le précédent par Laurent James et Bruno Deniel-Laurent (le troisième comparse, Johann Cariou, ayant fait défection au passage). Au sommaire, un entretien passionnant de Laurent James avec Soheib Bencheikh sur l’Islam, une descente de Ubu Sollers par Jourde, de beaux textes de Sarah Vajda, Dominique Zardi, des pages anciennes mais actuelles de Bloy et Cravan, un texte roboratif de Costes sur Genet, des récits et nouvelles dont un « Guevara dans la brume » de Laurent Schang… Anti-gauchiste, anti-droite et anticipateur, c’est la bonne surprise de l’hiver.

 

TsimTsoûm n° 1, 49 rue Saint-Aubin, 49100 Angers. 9, 70 €.

 

 

Pour une critique plus complète, se reporter à ma chronique "Revue de détail" n° 2 : 

http://nuel.hautetfort.com/archive/2006/04/13/revue-de-de...

 

mardi, 29 novembre 2005

La presse Littéraire

La presse Littéraire en kiosques le 15 décembre 2005

medium_lplcouvno1_1.jpgLe 15 décembre 2005, en accord avec le groupe Entreprendre – Robert Lafont, Le journal de la Culture, bimestriel, devient La presse Littéraire, revue désormais mensuelle, distribuée à 25 000 exemplaires en kiosques, 180 x 280 mm, dos carré, offrant 100 pages denses (l'équivalent de 300 feuillets) consacrées à la Littérature et à l'Écrit. Un cahier Journal de la Culture, lié à l’actualité du cinéma, du théâtre, de la musique et des arts, vient clore la revue.

Ce qui représente encore plus d'ouvrages critiqués, commentés, mis en perspective, plus d'entretiens, d'études et toujours ce va-et-vient entre les "anciens" et les "modernes".
La "philosophie" et le positionnement de la revue restent les mêmes :

Ni guide ni vade-mecum du prêt à penser, éclectique, passionné, ouvert à toutes les tendances, nécessairement subjectif dans ses choix et ses approches éditoriales, La presse Littéraire a pour seule ambition de donner à lire, à voir et à entendre en allant à la découverte - ou à la redécouverte -, sans a priori, chapelles, ni parti pris, de la littérature dans toutes ses composantes : être un lieu de passages et de convergences, à l'intersection de l'émotion, de la passion, des talents et du plaisir. Un révélateur de sensations.

Le blog de La presse Littéraire est d'ores et déjà ouvert.

Information communiquée par Joseph Vebret, responsable du Journal de la Culture.

 

vendredi, 04 novembre 2005

La Faute à Rousseau n° 40

Paraissant trois fois l’an, La Faute à Rousseau, revue de l’APA (association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique) est diffusée aux adhérents et cherche maintenant à être distribuée en librairies. Elle rend compte des activités de l’association, offre des notes de lectures et présente un dossier. Celui de ce numéro 40 est consacré aux Croyances, soit aux rapports entre la foi et le journal intime, a priori antinomiques, puisque le moi est méprisable au regard de Dieu. Le dossier prouve que les choses sont plus complexes, montrant l’influence des Confessions de Saint-Augustin, reproduisant des extraits d’Ignace de Loyola, de Sainte Thérèse d’Avila.

Une note de lecture signée Philippe Lejeune, « Au goulag pour son journal intime », rend compte du Journal d’une écolière soviétique (Robert Laffont, 2005). Lycéenne, Nina Lougovskaïa tient un journal intime de 1932 à 1937, dans lequel elle ne mâche pas ses mots envers Staline et les bolcheviks. Sa famille étant arrêtée, son journal est découvert, devient pièce à conviction (l’édition reproduit les soulignements de textes par la censure) et elle est envoyée cinq ans dans un goulag. L’auteur étant morte en 1993, elle n’a jamais su que son journal serait finalement redécouvert après la chute du communisme dans les archives du NKVD et édité. L’ironie assez tragique de cette histoire, comme le souligne Lejeune, est que « le NKVD, qui voulait écraser cette vie, en a sauvé la trace, trace qui revient aujourd’hui comme pièce à conviction dans son procès à lui ».
Adresse : La Grenette, 10 rue Amédée-Bonnet, 01500 Ambérieu-en-Bugey. Tél 04 74 38 37 31. Courriel : grenette@wanadoo.fr Site internet : http://sitapa.free.fr
*
medium_amberieu-apa.2.gifRappelons que l’APA, fondée en 1991 par Chantal Chaveyriat-Dumoulin et Philippe Lejeune, réunit actuellement plus de 800 membres adhérents. Son premier objectif est d’assurer la conservation des textes autobiographiques inédits rédigés par des personnes de tous milieux sociaux. La plupart de ces textes, malgré leur intérêt, ne pourraient pas trouver d’éditeur en raison du manque de notoriété des auteurs. Beaucoup d’entre eux, dispersés dans les archives familiales, sont menacés de disparition à plus ou moins long terme. Le lieu de cette conservation est le beau bâtiment de la Grenette, médiathèque municipale, dont une partie est mise à la disposition de l’APA par la municipalité d’Ambérieu-en-Bugey, près de Lyon.
L’APA accepte de lire tous les textes autobiographiques reçus. Elle en publie des comptes rendus (les échos) dans son « Garde-mémoire ». Elle conserve son fonds, riche de plus de 2000 dépôts inédits, et l’offre en lecture à la Grenette. Certains de ces textes circulent et peuvent être lus dans des bibliothèques amies, les « Prête-mémoire ».
L’APA publie une revue trisannuelle, la Faute à Rousseau, ainsi que des cahiers thématiques. Une fois par an, elle organise « Les Journées de l’Autobiographie », temps fort de la vie de l’association. Au cours de l’année 2005, elle mettra en ligne son catalogue qui pourra être consulté grâce à un moteur de recherche.
Plus d’infos sur le site :
http://sitapa.free.fr

mardi, 01 novembre 2005

ARPO

Je viens de recevoir le dernier bulletin de liaison (n° 56) de l’association ARPO. Voici ce que j’écrivais de cet organisme dans mon guide La Revue mode d’emploi édité par le Calcre en 1999 :

« Créée en 1985, l’association ARPO (Animations-Revues-Rencontres en Poésie, 3, avenue Roger Salengro, 81400 Carmaux) est présidée par Jean-Lucien Aguié. Ce n’est ni un syndicat, ni une revue, mais une association au service de toutes les revues (plus de 200 sont adhérentes). Elle édite un bulletin de liaison riche d’informations.
ARPO organise chaque année, fin mars début avril, « Tarn en Poésie », une semaine de rencontres, de débats, de spectacles et de lectures. Une revue invitée fait le compte rendu de cette manifestation dans son prochain numéro, qui est envoyé par Arpo gratuitement à tous les adhérents.
Par ailleurs, ARPO a créé en 1992 et gère le Conservatoire des revues de poésie, situé au Centre culturel Jean-Baptiste Calvignac, salle Jean Malrieu, 24, avenue Bouloc Torcatis, à Carmaux. (Tél : 05 63 76 85 85 ; fax 05 63 76 88 07. Heures d’ouverture : mardi, jeudi, vendredi de 14 à 18 h ; mercredi, samedi de 10 à 12 h et de 14 à 18h).
On trouve dans ce conservatoire, qui offre deux belles salles intégrées dans la bibliothèque municipale, une exposition permanente des revues adhérentes (200 titres) et un fonds de conservation de revues plus anciennes. C’est un endroit unique pour les chercheurs et les passionnés de poésie.
Le montant de la cotisation est libre, elle peut se verser en nature par l’envoi d’un abonnement ou d’exemplaires gratuits.
Afin de rester indépendants, les responsables d’ARPO, membres fondateurs, s’engagent à ne pas diriger de revues. L’association se consacre sans exclusive ni parti-pris à la défense de la poésie et à la promotion de l’ensemble des revues adhérentes. »
Ces informations restent valables, mais il convient d’ajouter l’ouverture d’un site internet, encore largement à l’état de chantier :
http://www.arpo-poesie.org
E-mail : contact@arpo-poesie.org

*

Dans ce dernier bulletin, Jean-Lucien Aguié s’interroge sur le maintien du bulletin de liaison, qui représente beaucoup de travail, ainsi qu’un coût élevé de fabrication et d’expédition. De plus, bien des informations (publications, annonces de concours…) arrivent après la bataille ou après les dates de forclusion. Dans ces conditions, ne vaudrait-il pas mieux diffuser toutes ces infos sur le site internet ?
Les doutes d’Aguié sont ceux de tout responsable de revue littéraire à l’heure d’internet. Longtemps les revues ont été, outre des creusets de création, des supports d’information. Cette dernière fonction est largement assurée désormais par le net, qui par sa réactivité, son immédiateté, son interactivité, sa gratuité, a supplanté la source papier.
Bien des revues gagneraient à passer en ligne (site ou blog) et à ne livrer sous forme papier que des numéros spéciaux élaborés. Plus largement, je crois qu’un certain type de revue littéraire – que l’on a connue dans les années 70 à 90, photocopiée, agrafée, à la réalisation médiocre, ne peut plus subsister très longtemps. La revue n’a plus de sens que si elle se pense comme telle - fond et forme -, que si elle offre un contenu dense, cohérent, et constitue un objet, un bel objet de pensée et de création.

samedi, 29 octobre 2005

Brèves et la CPPAP

Après la disparition de Nouvelle Donne, Brèves reste la dernière grande revue de nouvelles en France qui soit assez largement diffusée. Depuis 1975, Brèves était inscrite à la CPPAP (commission paritaire des publications et agences de presse) et bénéficiait de ce numéro qui donne droit aux tarifs postaux préférentiels. Sur injonction de la Poste, la revue a dû demander un réexamen de sa situation. Et la réponse de la CPPAP  a été négative, Brèves ne remplissant plus la condition fondamentale : paraître au moins quatre fois par an.
Deux autres raisons ont été données au rejet du dossier par la commission :
- plus de 50 % des pages sont consacrées à la publication de nouvelles ;
- les ventes réalisées dans un délai de six mois après parution sont insuffisantes compte tenu du tirage initial.
Ces deux dernières raisons sont assez surprenantes car elles assimilent la revue de nouvelles à des publications de grande presse ; elles ne tiennent pas compte de la spécificité de la revue culturelle ou littéraire, et pourraient, en cas de recours devant le Conseil d’Etat, n’être pas retenues.
Lorsque je dirigeais la revue littéraire Casse, j’avais rencontré également des difficultés avec la CPPAP : mon inscription, bien que le dossier remplissait toutes les conditions réglementaires, avait été refusée par la commission au motif que « la revue ne présentait pas un lien suffisant avec l’actualité ».
J’avais alors engagé un recours devant le Conseil d’Etat en octobre 1993, lequel se conclut heureusement par l’annulation de cette décision injuste ; mais un an et demi s’était écoulé et ma décision était déjà prise d’arrêter la publication de la revue, pour d’autres raisons.
On trouvera cet arrêt du 17 mars 1995 (n° 152982), rendu en section du contentieux et publié au recueil de jurisprudence Lebon, sur le site Legifrance :
En voici le passage essentiel :
« Considérant que si la commission paritaire des publications et agences de presse a pu, sans commettre d'erreur de droit, rechercher si la publication "Casse" présentait par l'ensemble de son contenu un lien suffisant avec l'actualité pour être regardée comme une publication périodique pouvant bénéficier du régime économique de la presse, il résulte des pièces du dossier que les numéros de cette publication littéraire contenant des articles, des poèmes, des entretiens avec des auteurs et écrivains présentaient un tel lien avec l'actualité qui doit être apprécié compte tenu de la nature de la publication en cause ; que, par suite, la décision du 24 juin 1993, par laquelle la commission a refusé de délivrer un certificat d'inscription à la publication "Casse" et la décision du 16 septembre 1993 rejetant le recours gracieux formé contre cette décision par le motif que cette revue ne présentait pas le caractère d'une publication périodique sont entachées d'excès de pouvoir ; » Decide : « les décisions de la commission paritaire des publications et agences de presse en date des 24 juin 1993 et 16 septembre 1993 relatives à la publication Casse sont annulées. »
Fort de cette expérience, je conseillerais bien à Brèves de tenter le recours en Conseil d’Etat ; mais la première raison de refus invoquée par la commission, qui tient à la périodicité minimale (que les textes réglementaires prévoient au moins trimestrielle), serait certainement confirmée par la juridiction administrative.
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Pour connaître Brèves et le catalogue de l'Atelier du Gué, rendez-vous sur le site www.atelierdugue.com