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dimanche, 01 mars 2015

Nouveautés "Trait court"

Christiane Tricoit, éditrice de Passage d’encres, nous propose une très bonne cuvée 2015 de sa collection Trait court.

Exils de mon exil, par Sanda Voïca.

voica.jpg« J’écris après plusieurs heures de contemplation de l’inframince de l’inframince du désir ». Au fil des pages, en vers ou en prose, Sanda Voïca tente de décrire son « art poétique ». Une écriture tendue, exigeante, en quête de vérité, qui veut traquer la poésie. Le poème est une lame de lumière, une hache aigüe. « Etre là où mon cœur bat – même arrivée en retard. » Elle cherche à se situer en un point qu’elle définit en « exil de l’exil » : « dedans et dehors sumultanément, et avec une intensité qui me fait muer et me mouvoir ». Sanda Voïca est née en 1962 en Roumanie. Arrivée en France en 1999, elle écrit directement en français et collabore à de nombreuses revues littéraires. Elle est responsable éditrice de la revue numérique Paysages écrits.

 

Frontière/partage, petite anthologie de l’épopée albanaise, par Alexandre Zotos.

passage d'encres,trait court,sandra voica,alexandre zotosAlexandre Zotos, agrégé et diplômé en langue et littérature grecques et albanaises, a enseigné à l’université de Saint-Étienne. Il propose sur une quarantaine de pages une brève anthologie qui est pour le lecteur français une véritable révélation. L’Albanie, souligne l’auteur, est surtout connue comme un exemple de désastre écolo-économique largement préparé par 40 ans de stalinisme sous Enver Hodja. Mais c’est aussi un miracle culturel, par une tradition orale qui a survécu à tous les envahisseurs. La langue est restée à travers les siècles, ainsi que ses légendes. Zotos nous donne des aperçus de la richesse de ce patrimoine poétique, longtemps transmis oralement. D’abord, le cycle épique de l’Albanie du Nord, monument que Kadaré n’hésite pas à comparer à La Chanson de Roland ou aux Nibelungen. Puis, dans la ligne de cette littérature héroïque, des contes, des chroniques familiales, des lamentations. Le récit des prouesses des héros ou de faits prodigieux s’accompagne de merveilleux et d’une grande émotion qui nous rend ces textes plus proches et poignants que la littérature épique habituelle, comme dans la légende du preux Gjergj Elez Ali soigné par sa sœur, dans celle du pont où est emmurée vive une femme, ou dans celle de Doruntine et de Constantin, qui se relève d’entre les morts pour aller chercher sa sœur.

Signalons deux autres publications dans cette même collection :

- Alpe du Grand-Serre, par Christophe Lamiot Enos, une poésie d’une grande musicalité.

- En attendant Hypnos, de Piero Salzarulo, professeur de psychologie générale et spécialiste du sommeil : une brève étude sur l’attente du sommeil, riche de citations et de références littéraires.

Chaque recueil, 5 €. Le site de Passage d’encres.

inks-passagedencres.fr

 

dimanche, 25 janvier 2015

Autres courants, de Phillippe Jaffeux

jaffeux.jpgLe travail de Philippe Jaffeux, dont les précédents ouvrages sont parus chez Passage d’encres et à l’Atelier de l’agneau, a été plusieurs fois évoqué sur ce blog. Son dernier livre, Autres courants, complète Courants blancs. Il se compose de 1820 phrases disposées par séries de 26 sur 70 pages, que l’on peut lire à la suite ou picorer au hasard, car l’ensemble procède de l’accumulation. Chaque courant, couvrant une ligne (le format du livre est adapté à la longueur de la ligne, et non l’inverse) énonce une sorte de contradiction, entre sens et non-sens. Enregistrés avec un dictaphone numérique, ces phrases, chacune close sur elle-même entre une majuscule de départ et un point final (sans aucun autre signe de ponctuation), donnent une impression d’étrangeté. Les thèmes du corps, de la page, de l’alphabet, de la parole, de l’ordinateur s’enchevêtrent :

« Des nombres divins honorent une somme de lettres qui rejettent l’impiété d’une écriture infinie. »

« Les lettres sont notre meilleur outil de connaissance car il suffit de les voir pour les comprendre. »

« Une forme encercla les bords du temps et l’espace de sa page déborda sur celui du cosmos. »

Cette accumulation donne l’idée d’une production de texte quasi mécanique et presque infinie ; on se demande d’ailleurs si un ordinateur ne pourrait pas produire tout seul ces courants, avec un programme adapté, mais serait-il capable sauf par accident de l’humour et de la poésie qui se glissent dans ces lignes ?

« Le tranchant du vide était d’autant plus dangereux qu’il aiguisait les deux faces d’une feuille blanche. »

« La voie lactée enlace notre planète car une danse des lettres entraîne la parole dans une spirale. »

« Les ordinateurs perdirent leur mémoire dès qu’il se souvint qu’il n’était pas une machine inédite. »

L’intérêt de lire Jaffeux, outre d’assister à la réalisation patiente et obstinée d’une entreprise littéraire extrémiste, c’est qu’on se pose plein de questions sur l’écriture. Une phrase n’est-elle pas d’abord des mots ? Un mot n’est-il pas d’abord des lettres ? Une lettre (tapée) n’est-elle pas d’abord un octet ? La plupart des écrivains écrivent pour dire quelque chose, « délivrer un message », alors que Jaffeux dit pour écrire, son message n’étant rien d’autre que le corps matériel du texte, dont le sens joue un rôle intermittent sur le théâtre de l’écriture.

« Les lettres sont plus petites que les mots car elles savent simplifier la monstruosité de l’écriture. »

« L’alphabet souffle souvent dans la direction d’un vent qui se plie sous le poids d’un sens imprévisible. » Illustrant cette assertion, une des phrases (19e page) est écrite à l’envers, de la droite vers la gauche.  Le dernier courant (Ilomitdeséparersesmotspardesblancs…) supprimant les espaces de séparation entre les mots, nous fait prendre conscience que la matière verbale, comme la matière première, est composée de plein mais aussi de vide, le blanc entre les lettres entre les mots entre les lignes, et que ce vide aussi est créateur de sens.

Autres courants, de Philippe Jaffeux, Atelier de l’agneau. 16 €.

samedi, 17 janvier 2015

Lecture chez Verso

lectureVerso.jpg

mercredi, 10 décembre 2014

Le Mouton noir (critiques)

Une nouvelle critique (signée Christophe Stolowicki) vient de paraître sur "Le Mouton noir" dans le Cahier critique de poésie.

Une précédente critique dans Salon littéraire, par Jean-Paul Gavard-Perret.

Un article de Jean-Pierre Longre sur son blog Notes et chroniques.

Une note de Frédérick Houdaer sur son blog Branloire pérenne.

Une note sur ce recueil, à la fin de mon entretien sur Le monde en nous.

 

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Descriptif du recueil "Le Mouton noir"

 

lundi, 24 novembre 2014

Salon d'Ozoir-la-Ferrière

Samedi 29 novembre, je suis invité au salon d'Ozoir-la-Ferrière en ma double qualité d'auteur et d'éditeur (Le Pont du Change).

 

Affiche recto salon 2014.jpg

Affiche verso salon 2014.jpg

 

jeudi, 30 octobre 2014

Lecture à Lyon

lectureMandon2014*.jpg

jeudi, 09 octobre 2014

Le monde en nous

Le site culturel Le monde en nous, tenu par les talentueuses Marie et Céline, me consacre une "rencontre" et un entretien où j'évoque ma double activité d'auteur et d'éditeur.