jeudi, 16 mars 2006
Tous au Salon !
18:40 Publié dans Annexes et dépendances | Lien permanent | Commentaires (3)
vendredi, 10 mars 2006
Charles Fontaine (1514 - après 1588)
Je remets en ligne ce billet paru le 14 mai 2005, m’étant aperçu, grâce à ce site érudit, que la version retenue du beau poème de Charles Fontaine était fautive. Il convient de préciser qu’à l’époque à laquelle j’avais conçu mon anthologie de poètes lyonnais, voici bien plus de vingt ans, Internet n’existait pas ni Gallica qui donne l’accès à de très anciens textes numérisés, jadis quasi introuvables. Je crois me rappeler avoir déniché ce poème dans une anthologie de poésie composée par André Gide.
Je rétablis donc le poème dans sa version originelle, comme dans son intégrité de 7 strophes.
*
Né à Paris le 13 juillet 1514, Charles Fontaine s’attacha à Renée de France (fille cadette de Louis XII et d'Anne de Bretagne) et séjourna quelques années auprès d’elle à Ferrare. Il regagna ensuite la France pour se fixer à Lyon où il passa la plus grande partie de sa vie.
Chant sur la naissance de Jean, second fils de l'auteur
Mon petit fils qui n’as encor rien vu,
A ce matin ton père te salue :
Viens t’en, viens voir ce monde bien pourvu
D’honneurs et biens, qui sont de grand value :
Viens voir la paix en France descendue :
Viens voir François, notre Roi, et le tien,
Qui a la France ornée, et défendue :
Viens voir le monde où y a tant de bien.
Viens voir le monde, où y a tant de maux,
Viens voir ton père en procès, et en peine :
Viens voir ta mère en douleurs, et travaux,
Plus grands que quand elle était de toi pleine :
Viens voir ta mère, à qui n’as laissé veine
En bon repos : viens voir ton père aussi,
Qui a passé sa jeunesse soudaine,
Et à trente ans est en peine et souci.
Jean, petit Jean, viens voir ce tant beau monde,
Ce ciel d’azur, ces étoiles luisantes,
Ce Soleil d’or, cette grand terre ronde,
Cette ample mer, ces rivières bruyantes,
Ce bel air vague, et ces nues courantes,
Ces beaux oiseaux qui chantent à plaisir,
Ces poissons frais, et ces bêtes paissantes :
Viens voir le tout à souhait, et désir.
Viens voir le tout sans désir, et souhait,
Viens voir le monde en divers troublements,
Viens voir le ciel, qui jà la terre hait,
Viens voir combat entre les éléments,
Viens voir l’air plein de rudes soufflements,
De dure grêle et d’horribles tonnerres :
Viens voir la terre en peine et tremblements :
Viens voir la mer noyant villes, et terres.
Enfant petit, petit et bel enfant,
Mâle bien fait, chef-d’œuvre de ton père,
Enfant petit en beauté triomphant,
La grand liesse, et joye de ta mère,
Le ris, l’ébat de ma jeune commère,
Et de ton père aussi certainement
Le grand espoir, et l’attente prospère,
Tu sois venu au monde heureusement.
Petit enfant peux-tu le bienvenu
Etre sur terre, où tu n’apportes rien ?
Mais où tu viens comme un petit ver nu ?
Tu n’as ni drap, ni linge qu soit tien,
Or, ni argent, n’aucun bien terrien :
A père et mère apportes seulement
Peine et souci : et voilà tout ton bien.
Petit enfant tu viens bien pauvrement.
De ton honneur ne veuil plus être chiche,
Petit enfant de grand bien jouissant,
Tu viens au monde aussi grand, aussi riche
Comme le Roi, et aussi florissant.
Ton Trésorier c’est le Dieu tout puissant,
Grâce divine est ta mère nourrice :
Ton héritage est le ciel splendissant :
Tes serviteurs sont les Anges sans vice.
in S'ensuivent les ruisseaux de Fontaine, Lyon, chez Thibauld Payan, 1555
08:50 Publié dans Anthologie de poètes lyonnais | Lien permanent | Commentaires (1)
samedi, 04 mars 2006
Comment j'ai écrit Le nom
Le numéro 41 de La faute à Rousseau, revue de l’APA (Association pour l’autobiographie), vient de sortir. Pour cette livraison, dont le thème est « le nom », Philippe Lejeune, spécialiste de l’autobiographie (Le Journal intime, histoire et anthologie est son dernier livre publié aux éditions Textuel) et vice-président de l’APA, m’a demandé un texte relatif à l’écriture et à la conception de mon roman Le nom. Tout le dossier de la revue illustre la complexité des rapports entre un être et son patronyme.
*
Comment j’ai écrit Le nom
Si Le nom (publié en 2005 aux éditions A contrario) est un court roman, donc une fiction, dont l’action se déroule en sept jours comme la création du monde avant un épilogue renversant, il rejoint bien des aspects de la recherche autobiographique par la mise en scène d’un narrateur – d’une grande proximité avec l’auteur – qui tourne avec vertige autour de son nom propre, autour de son moi réduit à son nom : un être qui se confond avec ses lettres.
Le nom, c’est d’abord un livre sur le livre, le roman d’un homme qui écrit un roman. Jusque-là, le thème peut apparaître peu novateur, il a été usé par des centaines ou des milliers d’écrivains. L’originalité, c’est la matière ou le matériau de l’œuvre : un seul nom, ou un seul mot, qui est le nom de l’auteur (jamais « prononcé » ou écrit explicitement dans le livre mais décrit de manière à ce qu’on le reconnaisse : rappel des caractéristiques phonétiques des quatre lettres utilisées, de leur place exacte sur un clavier « azerty » d’ordinateur) rétrogradé au statut de nom commun, élément brique de l’œuvre à venir.
En général, je reste longtemps sur un projet littéraire, roman ou recueil de nouvelles, parfois plusieurs années. Or, dans le cas du Nom, la conception et la rédaction ne m’ont guère pris plus de trois mois, certes d’une intensité inhabituelle. Ce projet a été véritablement dicté, il s’est imposé.
Il est né je crois à la fois de mon désir d’être reconnu (comme écrivain) et de mon échec littéraire. Or, être reconnu, c’est être connu, c’est donc la promotion de son nom propre. L’idée était la suivante : puisque l’on écrit des milliers de choses originales, dans la souffrance (l’écrivain accouche de son œuvre dans la douleur) pour devenir un homme célèbre, donc un homme dont la plupart des gens ne connaissent que le nom, pourquoi ne pas faire du nom le sujet même de l’œuvre ?
Au-delà de cette idée exploitée jusqu’à l’absurde, devenue trame romanesque jusqu’au retournement final qui est un retour à la réalité, je me suis rendu compte ensuite que cette œuvre était un hommage à mon père, qui m’a transmis le nom.
D’une certaine façon, faire œuvre autobiographique, c’est - dans l’espoir en général illusoire de le faire durer – parler d’un moi qui, s’il n’avait pas de nom, se dissoudrait dans la masse anonyme et n’existerait plus. L’autobiographie est bien, derrière l’anecdote de l’existence (souvent très commune, banale), l’affirmation et le développement du nom propre. Ce nom d’ailleurs ne nous est pas propre, il est celui d’une famille, d’une lignée (gros d’une histoire sédimentée, il redevient nom commun, celui d’une communauté), il a été essaimé au cours des siècles et des migrations en une multitude de foyers, dispersé et répandu. Mille fois mort, mille fois repris et continué, perpétué. L’alliance du nom et du prénom nous caractérise déjà mieux, réduisant le champ des porteurs du patronyme. Encore cela ne nous préserve pas des homonymes exacts ; rien n’empêche un Rousseau actuel d’appeler son fils Jean-Jacques.
Derrière l’ironie du propos, l’absurde de la situation, l’aspect autobiographique est très présent. Non seulement par le portrait de cet aspirant écrivain maniaque et plein de rites, dans un décor lyonnais qui est le mien, par des évocations de scènes de ma vie passée (la scène finale dans le cimetière est très réaliste), mais aussi par la relation de l’échec littéraire. Un échec aux dimensions extérieure (le héros du livre ne reçoit que des lettres de refus des éditeurs, des circulaires anonymes de surcroît) et intérieure : il n’a pas vraiment d’inspiration et passe plus de temps à rêver de sa gloire forcément future qu’à travailler sur son œuvre, il est plus obsédé par la réussite de sa carrière que par la réussite de son œuvre ; or, peut-on faire carrière sans le support et le moyen d’une œuvre ?
J’ai absolument conscience que ces idées ne peuvent être que celles d’un homme (au sens de masculin) et que cette œuvre n’aurait pu être écrite par une femme, car la continuité, la permanence du nom sont le privilège de l’homme, en une société fondée sur l’usage du patronyme. A partir de son nom de famille (ou selon l’expression consacrée, de jeune fille !), une femme aurait écrit une toute autre histoire, non que ce thème revête pour elle moins d’importance, mais elle le vit très différemment, pouvant changer au gré des alliances et des divorces plusieurs fois de nom dans sa vie. Je conçois également que l’usage du patronyme puisse être considéré comme le signe de la domination masculine à travers les siècles et qu’il soit aujourd’hui remis en cause. Pour autant, la récente loi sur le nom de famille, qui permet désormais aux couples de choisir librement le nom de la femme ou de l’homme pour la transmission aux enfants, méconnaît la dimension symbolique du nom dans la filiation, car si la femme porte l’enfant dans son corps établissant ainsi la plus absolue et irréfutable des origines, l’homme n’a d’autre ressource que de reconnaître l’enfant par le don du nom ; à cet égard, la nouvelle loi est moins le signe d’une égalité conquise des droits entre l’homme et la femme qu’un signe du processus continu d’affaiblissement de la place et du rôle du père dans la société – mais ceci mériterait d’autres développements et nous éloigne de notre sujet.
Bien évidemment, plongé dans le processus de création, aucune de ces idées ne m’a effleuré (et fort heureusement ne m’a freiné) ; on écrit dans une certaine opacité, dans une démarche non intellectuelle, à partir d’un certain point aveugle naît un texte dont la cohérence n’apparaît qu’après coup, celui-ci refroidi et distancé. Jusqu’à la dernière ligne, j’ai tenté de mener à terme une histoire absurde.
16:07 Publié dans Journal du Nom, chronique d'une parution | Lien permanent | Commentaires (9)
samedi, 25 février 2006
Sarrazine n° 8 bis
Pour ce numéro SENS, la belle revue littéraire Sarrazine a décidé de revenir au plomb, retour aux sources du livre pour le toucher, la vue, l’odorat…
Pourquoi le numéro 8 bis ? Comme l’indiquent les membres du comité de rédaction, la graphie du chiffre 9 ne leur plaisait pas et ils ont tant ergoté sur le sujet qu’ils ont par erreur laissé imprimer un 8 sur la couverture. Ils l’ont donc flanqué d’un bis rouge.
Au sommaire :
François Richard, Emmanuelle Favier, Mireille Havet, Blaise Pascal, Lucien Suel, le cycle du papyrus Harris 500, Alain Laraby, le Cantique des Cantiques…
Une superbe livraison qui fera l’objet d’une chronique dans un prochain numéro de La presse Littéraire.
134 pages, 12 €. AICLA, 3 rue de la République, 78100 Saint-Germain-en-Laye
Diffusion en librairies : Les Belles Lettres
16:23 Publié dans Revues littéraires | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 16 février 2006
Perec, l'origine des textes
(cet article est paru dans La presse Littéraire n° 1)
L’un des plus grands écrivains français du 20e siècle ? Georges Perec, hélas ! serait-on tenté de dire, tant on ne peut se lasser d’admirer ses extraordinaires dons d’écriture (on aurait du mal à relever dans toute son œuvre une phrase faible, comme on peut en lire pourtant chez bien des génies, dont Flaubert), et se désoler en même temps que cette œuvre se soit enfermée dans la description du monde ramené à ses surfaces et ses collections d’objets, sans que jamais un souffle ne la traverse.
Ecrit après La vie mode d’emploi, et peu de temps avant sa mort, publié seulement dans le bulletin Hachette Informations n° 18 (1980) puis dans le Magazine littéraire n° 193 (mars 1983), Le Voyage d’Hiver surprend par son inspiration le connaisseur de Perec. C’est à la fois un éblouissant exercice de style et une nouvelle fantastique très réussie. L’argument est magnifique : un jeune professeur de lettres, Vincent Degraël, en visite chez des amis au Havre à la veille de la seconde guerre mondiale, découvre dans une bibliothèque l’œuvre d’un auteur inconnu, Le Voyage d’Hiver, de Hugo Vernier. Le lisant, il est surpris de la familiarité de certaines phrases rencontrées, jusqu’à ce qu’il comprenne que ce livre est composé largement d’emprunts à de nombreux auteurs du 19e siècle : Lautréamont, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Charles Cros, Germain Nouveau, Tristan Corbière, Banville, Verhaeren…, essentiellement des poètes, mais aussi certains prosateurs : Léon Bloy, Ernest Hello. Degraël croit d’abord avoir affaire à un plagiaire, avant de vérifier la date de parution du livre : 1864. Ce serait donc une « anthologie prémonitoire », puisque tous ces grands auteurs du 19e, qui ont publié les œuvres citées après cette date, auraient en fait puisé leur inspiration dans Vernier. Croyant avoir découvert l’un des plus grands secrets littéraires de tous les temps, dont la révélation fera scandale et sensation, Degraël se promet d’effectuer de plus amples recherches mais est mobilisé dès le lendemain. Il ne reviendra qu’en 1945 en France, mais alors tous les exemplaires restants du Voyage d’Hiver auront disparu, la bibliothèque de ses amis bombardée, l’exemplaire du dépôt légal de la Bibliothèque Nationale évanoui après un envoi au relieur, les actes d’état civil de Vernier détruits aussi dans des bombardements - et le professeur sera dans l’impossibilité, malgré les recherches de toute une vie, de prouver sa thèse. On retrouve après sa mort un cahier relié intitulé Le Voyage d’Hiver, les 8 premières pages retracent l’histoire de ces recherches, les 392 autres sont blanches.
Le goût de la contrainte, qui fut dans toute l’œuvre de Perec sa géniale originalité, sa force et sa limite, se retrouve dans l’exploitation des initiales VH qui créent les noms propres ou d’œuvres : le Voyage d’Hiver, Vincent Degraël, Hugo Vernier, Hervé frères, et jusqu’aux villes : Le Havre, Verrières, Vimy, Verviers, Honfleur, Valenciennes.
Beau et parfait objet littéraire, cette très courte nouvelle se limite et s’arrête à l’énoncé d’un mystère ; elle n’ajoute rien, n’exploite rien. On imagine ce qui aurait pu être tiré de semblable argument. Mais Perec n’a rien d’un auteur fantastique, et ne veut pas se laisser entraîner. Et pourtant, quel est cet être qui disparaît aussi mystérieusement qu’il est apparu, sans laisser aucune trace, ni de son œuvre ni de son existence terrestre ? Quel est ce livre révélé à un seul, comme une grâce ? Quelle est cette parole, antérieure et originelle, à laquelle viennent puiser les futurs génies ? Perec ne traite-t-il pas négligemment, ou sans s’en apercevoir, ou sans vouloir le reconnaître, d’un au-delà, d’un en deçà de la parole ? Perec aurait fui cette interprétation d’ordre poétique ou religieux, mais qui est pourtant la seule qui tienne : car comment pourrait-on soutenir que Rimbaud, Mallarmé, Bloy, etc. aient pu concevoir et développer leur œuvre à partir d’une seule phrase relevée dans un ouvrage ? L’hypothèse, si elle est séduisante, est absurde.
A l’opposé de toute littérature fantastique, l’œuvre générale de Perec se borne à la réalité qu’elle tente d’épuiser par des relevés de géomètre, des énumérations, des classifications, des descriptions plates et techniques comme des notices pharmaceutiques, auprès desquelles les descriptions de Balzac apparaissent comme des modèles de lyrisme. Un peu de « l’art poétique » de Perec peut être déduit de ces formules extraites de « Espèces d’espaces » : « Se forcer à écrire ce qui n’a pas d’intérêt, ce qui est le plus évident, le plus commun, le plus terne. » ; « Ne pas dire, ne pas écrire « etc. ». Se forcer à épuiser le sujet, même si ça a l’air grotesque, ou futile, ou stupide. »
Ainsi, La Vie mode d’emploi, prouesse d’écriture et de composition, est une entreprise fascinante, impressionnante, mais pour peu qu’on la compare à un autre énorme texte écrit lui aussi en plus de sept ans, Ulysse, de Joyce, on voit à quel point le roman de Perec, somme de choses croisées, n’a aucune consistance face à un texte universel qui en une seule journée à Dublin, nous restitue l’ensemble de la vie humaine, cette vie (malgré son titre trompeur !) si absente du roman pluriel de Perec, plein de personnages auxquels on ne s’intéresse pas, plein d’histoires auxquelles on n’adhère pas, sans doute par la faute d’un recours trop systématique au pastiche.
Le Voyage d’Hiver ne nous entraînera donc pas au-delà d’une magnifique idée. Rien n’est révélé, tout est posé. Le monde vécu et décrit par Perec est souvent désespérant, car il n’a pas de sens, on l’occupe par un projet arbitraire (tous les projets donc se valent), que l’on suivra avec un soin minutieux, maniaque, exhaustif dans le minuscule. Rien ne le précise mieux que cette citation de La Vie mode d’emploi : « face à l’inextricable incohérence du monde, il s’agira alors d’accomplir jusqu’au bout un programme, restreint sans doute, mais entier, intact, irréductible.
Bartlebooth, en d’autres termes, décida un jour que sa vie tout entière serait organisée autour d’un projet unique dont la nécessité arbitraire n’aurait d’autre fin qu’elle-même. »
Georges Perec, Le Voyage d’Hiver, Le Seuil, la librairie du XXe siècle, 5 €.
20:45 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (3)
vendredi, 10 février 2006
Les blogs dispensés de déclaration à la CNIL
L’utilisation de plus en plus répandue sur internet des blogs a conduit la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) à préciser les règles qui leur sont applicables en matière de protection des données à caractère personnel, dans une recommandation du 22 novembre 2005. Elle a en même temps décidé de dispenser les sites personnels de déclaration.
L’article entier sur cette page du site de la CNIL :
07:30 Publié dans Annexes et dépendances | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 08 février 2006
Souvenir de Jacques Simonomis
J'ai bien connu Jacques Simonomis, poète et directeur de revue, que j'avais rencontré plusieurs fois au Marché de la Poésie et avec qui j'ai échangé de nombreux courriers et services de presse. L'annonce de sa mort, voici près d'un an, m'avait beaucoup attristé.
Le hasard m'a conduit récemment à cet article qui lui est consacré sur l'encyclopédie libre Wikipédia :
"Simonomis, pseudonyme de Jacques Simon, est un poète français né à Paris le 28 mai 1940. Auteur de plus de 30 ouvrages de poésie, il collabora à de nombreuses revues, y publiant des centaines d'articles, critiques littéraires, études, entretiens avec des poètes. Animateur de Soleil des loups de 1985 à 1991, il fonda ensuite sa propre revue Le cri d'os qui fut publiée pendant 10 ans de 1993 à 2003.
Décédé à Paris, le 15 février 2005, il est inhumé au cimetière du Père Lachaise."
J'ai retrouvé dans mes archives cette interview que j'avais réalisée dans le magazine Ecrire & Editer à l'occasion d'un article sur sa revue Le Cris d'os. Que cette re-publication en ligne soit une façon de lui rendre hommage, bien tardivement.
- « Le Cri d’Os » est un beau titre, poétique et énigmatique. Pourquoi l’avoir choisi ?
Jacques Simonomis : - Il est extrait d’une de mes plaquettes, parue aux éditions Traces en 1983, « Comme un cri d’os, Tristan Corbière... », lui-même sorti de la première phrase de la petite étude : « Il ne nous semble pas inutile de tenter, après tant d’autres, l’approche de ce poète qui perce de son cri d’os le linceul de son siècle. »
La poésie de Corbière (mon poète préféré) m’a toujours fait l’effet du bruit - du grincement - d’un os que l’on frotterait - en marchant - sur un mur de pierre, en meulière, par exemple. D’autre part, un os qui crie (ce n’est pas commun) donne à penser. C’est le support du visible où crèche la substantifique moelle.
- Tu viens de passer d’une périodicité trimestrielle à une semestrielle. Est-ce par paresse ?
- La paresse ne figure pas dans le dictionnaire de ma vie. A la suite de problèmes de gestion, mon micro-éditeur (La Lucarne Ovale) est devenu, d’un commun accord, mon imprimeur en 1998, avec des semestriels de 200 pages.
- Comment diffuses-tu ta revue ?
- Par abonnements et ventes directes.
L’aspect a-t-il de l’importance ? Un périodique poétique peut-il se dispenser d’une réflexion sur la forme ?
- L’aspect est important. Mon imprimeur travaille bien. Le « produit » est bien perçu. Mais chacun fait ce qu’il veut ou peut.
- Les chroniques et articles tiennent une large place dans ta revue. Pourrais-tu la concevoir comme un pur cahier de création ?
- Non. Chroniques et articles sont des exercices de solidarité entre poètes, malgré l’exacerbant nombrilisme de trop d’entre eux - rarement les meilleurs. Je n’aime pas les revues uniquement anthologiques. Un entassement de poèmes, c’est facile. Ce n’est pas ma conception de la revue.
- Réponds-tu aux envois de textes ? Quels conseils donnerais-tu aux auteurs qui veulent te contacter ?
- Je réponds aux envois de textes accompagnés d’une enveloppe timbrée. Il est conseillé de lire un n° du Cri d’Os avant tout envoi. Les auteurs peuvent commander un n° ou s’abonner un an pour voir si la revue correspond à leurs aspirations. Bien entendu, nous sollicitons et publions des auteurs de talent totalement « extérieurs » à la revue.
18:55 Publié dans Annexes et dépendances | Lien permanent | Commentaires (0)


