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jeudi, 12 décembre 2013

L'Almanach du saumon poétique

Une belle initiative des dynamiques éditions du Petit Véhicule : la création de l’Almanach du saumon poétique, littéraire et fraternel. Il vient de sortir et pourra vous accompagner tout au long de l’année 2014. Coordonné par Stéphane Beau et Luc Vidal, illustré par Nicolas Désiré Frisque, ce bel objet relié à la chinoise conjugue la fantaisie, la poésie, l’humour, le sérieux et le léger. Un auteur ouvre chaque mois par un texte original, puis se succèdent de nombreux textes littéraires le plus souvent tirés des archives des éditions du Petit Véhicule et de feue la revue Le Grognard.

ALMANACH COUV2.jpgDans leur introduction, Beau et Vidal rappellent qu’historiquement, l’almanach est un annuaire, un calendrier illustré. Traditionellement, c’étaient les colporteurs qui diffusaient cette publication annuelle qui nous instruisait sur les phases de la lune, les solstices et les équinoxes, les horaires des marées, les recettes de cuisine, etc. Bref, un livre pratique, vivant, quotidien et populaire. Son principe remonte à la Grèce antique (Les Travaux et les Jours, d’Hésiode) ; quelques-uns ont marqué l’histoire : l’Almanach Vermot, l’Almanach du Père Peinard, l’Almanach ouvrier et paysan de L’Humanité… (J’ajouterai pour ma part : les almanachs du Père Ubu, écrits par Alfred Jarry.) Mais l’exemple qui a motivé les deux auteurs est l’Almanach surréaliste du demi-siècle publié en 1950 par les éditions du Sagittaire. Y figuraient (excusez du peu !), sous la direction d’André Breton, Benjamin Péret, Antonin Artaud, Octavio Paz, Julien Gracq…

L’Almanach du saumon ne peut se prévaloir de si prestigieuses signatures mais nous donne à découvrir nombre de textes excellents que l’on pourra picorer au gré des jours et des saisons.

Vous trouverez en pièce jointe descriptif, sommaire et bon de commande.

 

Almanach du saumon poétique littéraire et fraternel 2014, éditions du Petit Véhicule, 15 €.

mercredi, 11 décembre 2013

Editeurs : bons à tirer ?

chiendents 38 couv.jpgLa revue littéraire Chiendents consacre son numéro 38 à un dossier sur l’édition, au titre un brin provocateur, Éditeurs : bons à tirer ? Et c’est vrai que l’on parle toujours de la grande misère des auteurs, des libraires, mais jamais de celle des éditeurs, et spécialement des petits éditeurs.

Entre autres articles, on notera une lettre ouverte aux hommes et femmes de bonne volonté, de Luc Vidal, éditeur au Petit Véhicule, qui livre lucidement son expérience. Jean-Luc Nativelle nous parle de la galère d’une signature dans l’espace culturel d’un grand magasin, un grand moment de solitude sauvé par la gentillesse et l’intérêt d’une vendeuse. Gérard Cherbonnier, responsable des éditions du Petit Pavé, s’entretient avec Stéphane Beau : “Faudra-t-il éditer sous le manteau ?” et dresse un tableau objectif de la situation de l’édition. Roger Wallet retrace son parcours d’écrivain, depuis un premier succès (édition au Dilettante, passage chez Pivot, presse nombreuse) suivi d’un échec commercial, d’une tentative de monter une structure éditoriale et de la publication actuelle chez de plus modestes éditeurs. Dans un article ravageur, Stéphane Beau nous livre un portrait sans concessions de l’ingratitude des auteurs : “Toujours prompts à dénoncer les travers des éditeurs, les auteurs ont une fâcheuse tendance à hisser les libraires au sommet de la pyramide des métiers du livre, comme s’il s’agissait de la catégorie la plus noble. (…) Pour les auteurs, le passage par l’éditeur ne représente qu’une formalité technique, rien de plus qu’une étape obligée qui a en outre le grave défaut de ne pas être toujours de tout repos pour leur ego. Une fois que le contrat est signé, l’heureux auteur ne veut plus rien savoir de ce qui se joue dans les bureaux de son éditeur, ni dans l’atelier de l’imprimeur. Tout cela, c’est le travail de l’éditeur : l’auteur, créateur, pur esprit, est au dessus de ces réalités triviales. Par contre, s’il y a une chose que les auteurs adorent, c’est apercevoir leurs bouquins dans les devantures des libraires. Là ils se sentent grands, beaux, forts, puissants, comme si leur talent était décuplé par cette mise en visibilité de leur travail. La vitrine des libraires est comme un miroir où, Narcisses modernes, ils peuvent contempler le reflet de leur propre grandeur.” Et de conclure : “L’éditeur donne vie au livre ; il lui permet d’être. Le libraire caresse l’auteur dans le sens de son ego ; il lui permet de paraître.”

Un dossier passionnant, sans langue de bois, à lire par tous ceux qui veulent découvrir les coulisses de la petite édition.


Chiendents n° 38, éditions du Petit Véhicule, 4 €. Le blog des éditions.

samedi, 23 novembre 2013

Andoche Praudel, la photographie comme art des trophées


praudel2.jpg

Les noms des champs de bataille sont inscrits dans nos mémoires. Mais que sont-ils devenus ? Andoche Praudel a entrepris de les photographier. Il choisit un champ de bataille et sa date, prend la photo sur le lieu même et si possible, à date anniversaire. Il en réalise des images panoramiques, qu’il tire sur un papier Japon aux fibres poreuses. Dans un beau livre au format à l’italienne, nous sont restitués ainsi, par ordre d’apparition chronologique sur la scène de l’Histoire, des lieux de lutte et de carnage aujourd’hui comme reposés bien que leurs entrailles aient été nourries de sang : Carthage, Gergovie, Poitiers, Roncevaux, Teranomari, Azincourt, Valmy, Austerlitz, Waterloo… parmi une série de 26 vues.

On devine que Praudel photographe attend le moment favorable, une levée partielle du brouillard, la survenue d’un rai de lumière, d’un banc de nuages, l’élément changeant qui va donner un sens, un mouvement au décor cadré, lui donner une réelle dimension. Le traitement de la lumière, comme échappée ou comme révélateur, est particulièrement admirable dans deux vues : Gergovie et Glencoe, en Ecosse.

Baldine Saint Girons accomplit un double travail sur cette série de photographies : elle les fait précéder d’une étude, puis elle accompagne chaque cliché d’un double commentaire, l’un en amont (historique), l’autre en aval de la photographie (artistique). Dans une brillante démonstration, elle nous montre que « la photographie se caractérise non seulement comme l’art de conserver des traces, mais comme l’art de fabriquer des trophées, c’est-à-dire d’exhiber des objets paradoxaux qui, tout en étant arborés par les vainqueurs, parlaient en faveur des vaincus »

Non seulement les images sont belles en elles-mêmes, se suffiraient à elles-mêmes, mais leur intensité se trouve comme renforcée par la référence historique qui introduit une dimension du passé et une dimension dramatique, naissant du contraste entre le calme actuel du lieu et ce que nous imaginons de violent et de mortel. « Praudel n’est ni un reporter de guerre, ni un historien, ni un muséologue. Son seul objectif est de conduire, voire de forcer les choses et les lieux à exprimer leur âme, à livrer un témoignage proprement esthétique, trop souvent négligé comme tel », nous expose Baldine Saint Girons. « La photographie réussit à rendre l’histoire vivante : elle nous force à réfléchir sur l’événement et sur les nouveaux partages qu’il instaure. »

 

Les champs de bataille d’Andoche Praudel, de Baldine Saint Girons, éditions Manucius

 

Le site d’Andoche Praudel

 

dimanche, 10 novembre 2013

L'autre Salon 2013

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L'Autre Salon se tiendra à Grigny (Rhône) les 16 et 17 novembre 2013. Je serai présent les deux jours sur le stand des éditions Le Pont du Change. Outre la tenue du stand, je signerai mes derniers recueils publiés cette année :

- Courts métrages (Le Pont du Change) ;

- Lettres de cachet (Asphodèle) ;

- Modèles réduits (Microbe).

Tous renseignements sur L'Autre Salon.


vendredi, 25 octobre 2013

Feuilles d'automne

le_spantole.pngle spantole,paysages écrits,jean-jacques nuelQuelques-uns de mes textes courts viennent de paraître dans Le Spantole n° 372. Sous une belle couverture rouge, cette revue belge dirigée par Thierry Haumont en est à sa 58e année !

Souhaitons la même longévité à Claude Cailleau qui anime depuis six ans Les Cahiers de la rue Ventura et qui m'accueille dans le numéro 22.

D'autres textes figurent au sommaire de la revue en ligne trimestrielle Paysages écrits n° 19, animée par Sanda Voïca et Samuel Dudouit.

samedi, 12 octobre 2013

Mon nouveau site internet

Conçu avec la plateforme E-monsite, il remplace l'ancien site qui datait de 2002.

Il est accessible par le même nom de domaine :

wwww.jeanjacquesnuel.com

mardi, 08 octobre 2013

Trois courts métrages

TROIS COURTS MÉTRAGES

 (extraits de Courts métrages, Le Pont du Change, 2013)

 

LE DROIT D’AÎNESSE

Ma sœur aînée, je le sais, est née un an après moi et se prétend mon aînée. Je ne l’ai jamais contredite pour ne pas la contrarier, car elle peut se montrer, dans ses accès de colère, d’une violence extrême. Et ma position de frère cadet, bien qu’elle repose sur un mensonge, m’arrange au fond : je n’ai jamais aimé les responsabilités, et laisse volontiers à ma sœur, depuis la mort brutale de nos parents, le rôle de chef de famille. Elle a de puissantes relations dans la haute administration, je sais qu’elle s’en est servi pour parvenir à une falsification du registre d’état civil. Mon acte de naissance a été trafiqué : on m’a rajeuni de deux ans pour me faire naître fictivement après elle. J’en veux secrètement à ma sœur. Elle aurait pu tout aussi bien ne pas toucher à mon année de naissance et reculer la sienne de deux ans, le résultat aurait été similaire. Mais sa coquetterie et sa peur de vieillir s’opposaient à cette solution, et elle a préféré attenter à mes jours.

 *

L’AMANT DE THÉRÈSE

2012 fut l’année Rousseau en région Rhône-Alpes, à l’occasion du tricentenaire de la naissance du grand écrivain. J’avais été recruté, en contrat à durée déterminée de trois mois, par le comité organisateur des festivités. Ma mission exclusive était de rechercher – pour compléter une biographie détaillée – le premier amant de Thérèse Levasseur, un individu de sexe masculin qui, contrairement à Jean-Jacques, n’avait pas laissé de nom dans la littérature et la philosophie. On ne disposait d’aucun élément sur le passé amoureux de Thérèse, à l’exception de ce bref passage au Livre VII des Confessions : « Elle me fit, en pleurant, l’aveu d’une faute unique au sortir de l’enfance, fruit de son ignorance et de l’adresse d’un séducteur. » ; elle n’était donc pas vierge lors de sa rencontre avec Rousseau. Cette notation mise à part, aucune piste, aucun témoignage, aucune archive nous menant à ce prétendu séducteur. Je désespérais de trouver quelque chose. « Cherchez toujours ! » disait-on pour me rassurer. « Cela vous occupera jusqu’à la fin de votre contrat. »

 *

JARDIN D’ENFANTS

Après avoir quitté l’Éducation nationale, pour incompatibilité d’humeur avec les enfants, je cherchais un boulot pépère. Je crus l’avoir trouvé lorsqu’on me proposa ce poste de gardien au musée des beaux-arts. Rester assis sur un tabouret, porter un uniforme, observer le public (en concentrant mon attention sur les plus jolies femmes), attendre l’heure de la fermeture – ces multiples activités semblaient entrer dans mes compétences. On m’affecta à la surveillance d’une grande salle occupée par une seule œuvre d’art monumentale, installée dans le cadre de la biennale d’art contemporain. Sur le sol étaient répandus des jouets en plastique de couleurs vives, des bacs de sable, des ballons, des toboggans, des balançoires, disposés selon le caprice de l’artiste ; le titre de la composition figurait sur une plaque de plexiglas fixée au mur : JARDIN D’ENFANTS / KINDERGARTEN. « Vous êtes responsable de cette œuvre majeure ! », m’avertit le directeur du musée. Je ne voyais rien de majeur dans cet assemblage hasardeux d’un artiste prétentieux, tenant d’un art conceptuel commode qui le dispensait de faire ses preuves avec un crayon et un pinceau, mais j’étais prêt à accomplir avec conscience le travail pour lequel on me payait. Très vite, il m’apparut que j’en avais sous-estimé les difficultés. Les enfants et les groupes scolaires, nombreux à visiter le musée, étaient irrésistiblement attirés par les jeux et les jouets sur lesquels ils se précipitaient, et je devais me battre toute la journée pour les empêcher de s’en emparer. J’avais horreur de cette œuvre, comme j’ai toujours eu horreur des enfants, et j’étais chargé de protéger l’une contre les assauts des autres. Moi qui avais quitté l’enseignement pour ne plus avoir à faire la discipline, j’étais réduit au rôle de garde-chiourme ! À l’origine, la composition artistique ne devait rester exposée que le temps de la biennale, soit quatre mois, mais le musée envisageait maintenant d’en faire l’acquisition, et je craignais d’avoir à la surveiller jusqu’au jour encore lointain de ma retraite.

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Descriptif et bon de commande de "Courts métrages"