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dimanche, 12 octobre 2008

Tu finiras sur eBay

En écho à une note récente de l’ami Christian Cottet-Emard qui retrouve parfois au hasard de l’internet certains de ses livres depuis longtemps épuisés, j’ai découvert à mon tour sur le site d’eBay un ensemble de livres de la défunte maison A contrario :

 

« Beau lot de 5 livres de l’édition A contrario

Etat neuf

Comprenant :

Souvenirs d’un homme tranquille, de Marc Kober

L’édifiante histoire de Green.com, de Béatrice Hammer

Le nom, de Jean-Jacques Nuel

La double mémoire de David Hoog, de Roland Fuentès

Le sang des écrivains, d’Alain Pozzuoli.

Prix de départ 2 euros."

 

De quoi rendre modeste !

« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière… » (la Bible)

« …et que tes livres finiront sur eBay. » (fragment apocryphe).

 

livresacontrario.JPG

mardi, 07 octobre 2008

L'année des corbeaux, sur Feedbooks

1376-original.pngQuatrième texte à être mis en ligne sur la plateforme Feedbooks, sous forme d’un e-book gratuit, L’année des corbeaux est paru il y a quelques années en revue (L’instant du monde, revue disparue fondée par Raymond Alcovère) et sur Pleutil. Cette brève nouvelle constitue également le premier chapitre d’un roman jamais vraiment terminé, La plaine des Chères, 1968, chronique de mes années d’adolescence dans une plaine saccagée par le progrès (autoroute, remembrement, stations d’essence, extraction de gravier dans la rivière, etc.)

Je poursuis donc l’expérience avec Feedbooks, dont j’ai tiré un premier bilan assez positif dans mon billet du 24 septembre, au rythme sage d’un texte publié par mois. Hadrien Gardeur, cofondateur de Feedbooks, m’écrit assez régulièrement pour me tenir au courant de l’évolution de cet outil de publication et de diffusion, l’un de ses objectifs étant de permettre dans quelques mois aux auteurs de vendre aussi des textes numériques : « Un espace de vente en ligne ne viendra en aucun cas remplacer un espace gratuit, je vois les deux comme complémentaires. On peut ainsi implémenter un système de recommandation qui indiquera qu’un auteur dont on a lu les nouvelles gratuites vient de publier un roman cette fois-ci payant.

Pour tout ce qui est payant je pense qu’il faut systématiquement offrir un extrait gratuit aussi, pour que le lecteur puisse se faire  une idée. (..) L’acte de vente ne vient qu’après qu’on ait pu se constituer une communauté de lecteurs. »

Il est donc possible que je mette en ligne l’an prochain des textes plus vastes, inédits ou édités devenus introuvables (romans, recueils de nouvelles…) en téléchargement payant. Feedbooks devrait connaître dans un proche avenir un double développement aux conséquences assez contradictoires pour l’auteur : une forte augmentation des téléchargements et l’apparition d’un nouveau lectorat adepte des nouveaux supports numériques (readers, iPod…) mais, dans le même temps, un afflux d’auteurs de niveau très inégal, ce qui risque de noyer tous les textes dans une masse énorme et indistincte. A suivre, donc.

 

*

 

Mes 4 textes publiés sur Feedbooks :

(sur la page de présentation de l’e-book, dans « Select your download », choisir PDF pour la lecture sur ordinateur.)

 

La donne

La nouvelle

Le petit appartement au sixième étage dans la prairie

L’année des corbeaux

 

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 835-original.png                           1147-original.png                            1376-original.png

dimanche, 05 octobre 2008

18e Salon de la Revue

SalonRevue2008.jpgles 10, 11 et 12 octobre 2008
à l'Espace d'animation des Blancs-Manteaux
48, rue Vieille-du-Temple, Paris IVe

Le Salon en bref :

plus de 700 revues de toutes disciplines (littérature, poésie, art, sciences humaines et sociales, psychanalyse, débats et idées)

200 revues étrangères (Belgique, Québec, Suisse, Espagne, Italie, Israël…)

15 nouveaux exposants, de l'École Française d’Extrême-orient aux Presses universitaires du Septentrion ; Le Visage vert, La Nouvelle revue théologique, les Périphériques vous parlent, Frictions, Sakamo, Utile, Geste, Papiers nickelés, Liselotte, Quatre, Fora, La Corne de Brume, Revue Giono…

10 nouvelles revues : Ananda, Criticat, Contraste, Journal de Quinzinzinzili, Résonance générale, Ricochets-poésie, La Roulette russe, TINA, Utile, Et donc à la fin…

30 animations, tables rondes et débats, dialogues et lectures.

mercredi, 01 octobre 2008

Roger-Arnould Rivière (1930 – 1959)

Né à Tarare (Rhône) le 21 mars 1930, Roger-Arnould Rivière suivit des études supérieures de lettres modernes, puis d’anglais à la faculté de Lyon. En 1955, il obtint le CAPES d’anglais, ce qui lui permit d’enseigner cette langue au collège de Tarare puis au lycée Ampère, à Lyon. Le 16 septembre 1959, il mit fin à ses jours en son domicile, 91 montée de l’Observance, dans le 9e arrondissement.
Rivière ne publia de son vivant qu’un seul recueil, Masques pour une ordalie (Millas-Martin, 1953). Ses Poésies complètes ont été rassemblées en 1963 par l’éditeur Guy Chambelland.
Le poète lyonnais Raymond Busquet lui a consacré une étude dans l’anthologie Poètes maudits d’aujourd’hui (Seghers).



Crâne de plomb lascif
lit-cage de mes années
sous tes linges croupis
ta mariole de vie
s’insurge ventre dru

J’ai soif de coucheries
sur les remblais de sel
où des scorpions odieux
se pourlèchent les moelles

Passions à l’étuvée
laits de gonfles fortuites
tes orgues et tes guis
crèvent sur l’ongle blanc

de cimes à peine taillées
replètes à mi-poursuite
entre l’épure et le large.

In Masques pour une ordalie

*

Orties cuisant pèlerinage
persistance verte d’ennui
vagues amères d’un orage
aux sourcils froncés d’un talus.

Ingrate lèvre d’un présage
fugitif ou lent circuit
veiné d’électrique mirage
l’amertume se sent nue.

Acre la lèvre où s’humecte
dans les mailles de l’ortie
le baiser de la suspecte.

Ame vol de sœur infirme
dentelée d’or ou d’abîme
sous une traîne de suie.

In Entre cri et silence

*

Tout épris qu’il fût des mailles
sac de soies et de sévices
mon amour a saveur d’âme
sous sa coque de silice

mais au geste oblong du crabe
ta méfiance se mesure
dans l’avide carapace
tombent les graviers d’usure

Ton boudoir à l’avenant
n’offre que paroi convexe
quand je n’ai plus deniers sonnants
pour la sébile de ton sexe.

In Poème de la cassure

mercredi, 24 septembre 2008

Feedbooks, nouveau bilan d'une publication numérique

J’ai mis en ligne cet été sur la plateforme Feedbooks deux textes précédemment publiés en revues, La donne et La nouvelle, sous forme de petits ebooks téléchargeables gratuitement. Début septembre, j’ai ajouté un nouveau texte d’humour, Le petit appartement au sixième étage dans la prairie.

Ces dernières semaines, l’outil de publication de Feedbooks s’est grandement amélioré, et les réticences dont je faisais part lors de mon premier bilan sont aujourd’hui tombées pour la plupart. Le site offre désormais un véritable outil de publication, comme on en trouve sur les blogs, avec les fonctions de base (gras, italique, souligné, alignement à droite, centré…), mais aussi d’autres plus évoluées (caractères spéciaux, espace insécable, gomme de formatage…) On devrait avoir bientôt la possibilité d’envoyer des couvertures personnalisées, puis d’inclure des images directement dans le texte.

Concernant la diffusion, j’ai pu relever plus de 300 téléchargements en quelques semaines sur ces trois textes, ce qui est plutôt appréciable. Certains auteurs de langue française présents sur Feedbooks depuis plus d’un an ( Thomas Desmond, Irène Delse) comptent près de 1000 téléchargements par texte. Un résultat très enviable, d’autant plus que les statistiques sont fiables et les chiffres « nets » : la procédure de téléchargement reste un acte volontaire, une « commande de texte » (même si elle est gratuite en l’occurrence), alors que les statistiques des blogs ou des sites reflètent souvent les passages hasardeux des internautes sur les pages web.

Mais pour parvenir à un minimum d’audience, l’auteur doit participer à la diffusion. Comme l’indique Hadrien Gardeur, cofondateur de Feedbooks, dans un commentaire à ma précédente note : « Globalement, que ce soit quand on diffuse sa vidéo sur Youtube, ses photos sur Flickr ou ses chansons sur Myspace, le principe reste le même. Celui de la communication « many to many » : il appartient à l’auteur de pousser en avant la diffusion de son œuvre et il ne faut pas compter sur la plateforme de diffusion en elle-même pour avoir du succès. Bien sûr, si on apparaît en première page d’un de ces sites, on est porté par leur fréquentation, mais il faut une impulsion initiale que seul l’auteur peut donner à son œuvre. »

Bien des lecteurs refusent encore le format numérique, revendiquant leur fidélité au papier, mais les supports physique et virtuel ne sont pas en concurrence, les deux vont coexister et correspondent à des usages ou à des moments de lecture différents. L’arrivée de nouveaux formats comme l’ePub, qu’on peut lire entre autres sur l’iPhone, via le logiciel Stanza, va générer de nouvelles pratiques de lecture. S’il est préférable (en tout cas, pour ceux de ma génération) de lire un bon livre « à l’ancienne » dans son intérieur douillet, il peut s’avérer plus pratique, debout dans un RER bondé, de lire sur un lecteur électronique ou sur l’écran de son téléphone portable, comme j’ai pu le constater à Tokyo. Dans un bon article du Monde, signé Karyn Poupée, on apprend que 25 millions de Japonais ont ainsi lu le roman Koizora (« Ciel d’amour ») avant même sa mise en place en librairie. Koizora est en fait un des premiers best-sellers de l’ère numérique, un « keitai shosetsu », un roman sur portable, téléchargé et lu sur un téléphone portable. Loin d'atteindre de tels scores, la plateforme Feedbooks peut cependant afficher 28 000 livres distribués chaque jour et un million de fichiers au format ePub téléchargés.

 

*

 

(Clliquer sur les couvertures pour accéder à la page de téléchargement. Pour la lecture sur ordinateur, choisir le format PDF.)

 

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lundi, 22 septembre 2008

Bukowski, de John Dullaghan

bukowski.jpgJe viens de passer des heures, des heures et des heures à voir et revoir le double DVD consacré à Charles Bukowski, et sorti en 2004. Un trésor pour les inconditionnels de l’auteur du Postier et de Pulp, dont je fais partie.

Le film très riche, réalisé par John Dullaghan, est un portrait remarquable, retraçant toute la vie de Bukowski, de la naissance à la mort, avec l’évocation de son enfance malheureuse, ses rencontres, ses difficultés, ses petits métiers, ses lectures, ses femmes, ses publications.

On y découvre l’incroyable marché passé par l’éditeur John Martin, qui voyait en lui un nouveau Whitman : il lui propose une pension mensuelle de 100 dollars (calculée d’après les maigres dépenses habituelles de l’auteur : cigarettes, bières, nourriture, loyer, pension alimentaire…) et à vie, à condition que Bukowski cesse toute activité salariée pour se consacrer entièrement à son œuvre. Martin précise que ce pari éditorial représentait le quart de ses revenus personnels et qu’il n’avait rien dit à sa femme ! La carrière de l’écrivain, qui n’avait jusque-là publié que de la poésie, s’est aussitôt emballée avec la publication de ses romans (Le postier, Factotum…). Rassemblant des entretiens avec Bukowski, avec sa femme, sa fille, ses amies, ses collègues de la Poste, ce documentaire est également ponctué des hommages de Sean Penn, Bono et Harry Dean Stanton.

Les suppléments sont tous intéressants : des poèmes lus par Tom Waits et Bono, les dernières images de l’auteur, deux ans avant sa mort, lisant ses textes de sa voix si émouvante, des témoignages de l’éditeur Martin, d’Amber O’Neil et de Linda Lee Bukowski, sa dernière épouse, un retour sur East Hollywood avec le réalisateur Taylor Hackford, et cette fameuse émission Apostrophe en 1978, de sinistre mémoire, où l’on revoit un Bukowski exaspéré et ivre (d’où viennent les deux bouteilles de vin qu’il boit tout au long de l’émission ? Linda Lee prétend que la télévision lui a tendu un piège en lui fournissant le vin, Pivot dit que l’auteur les a apportées), entouré d’un Pivot sans égards et d’invités prétentieux et insupportables. Personne sur le plateau en tout cas ne semblait avoir conscience de côtoyer un génie de la littérature.

 

Bukowski, de John Dullaghan, Wilside video, 1 h 32 + bonus, 2004.

vendredi, 19 septembre 2008

A propos du Codex Atlanticus 17

codex_17_vignette.gifPhilippe Gindre me signale de bonnes critiques à propos du dernier numéro du Codex Atlanticus, auquel j'ai collaboré.

sur ActuSF:

http://www.actusf.com/spip/article-6323.html

sur Phénixweb :

http://www.phenixweb.net/Codex-Atlanticus-no17